Les deux partis sont les deux grands gagnants du scrutin.
L’UMP A LA VICTOIRE MODESTE
21h15 au siège régional du parti, Michel Barnier et Rachida Dati, sont attendus par les journalistes, les colistiers et une vingtaine de « Jeunes Pop », venus acclamer leurs têtes de liste qui se font désirer. Ambiance mesurée, l’UMP affiche l’assurance de la victoire, avec les 30% dont les dernières estimations créditent la liste en Ile-de-France.
A l’apparition des deux ministres qui iront à Bruxelles, applaudissements polis. L’ambiance n’est pas survoltée et les jeunes présents, dont c’est souvent la première campagne, affichent un sourire sans trop d’enthousiasme.
« C’est chouette, mais… » hésite l’un d’eux. Un manque de conviction lié au fait « de ne pas avoir d’opposition », continue-t-il. « Mais c’est le PS qui l’a voulu », analyse-t-il, résigné. Si les jeunes sont aussi présents rue Saint-Antoine, c’est parce qu’ils représentent « la vitrine de l’UMP ». Avec eux, les « progressistes » (anciens du PS) et les jeunes Nouveau centre, incarnent l’ouverture du parti présidentiel au QG de campagne le temps d’une conférence de presse.
« Le culot politique a marqué les gens »
Michel Barnier, calme et paternaliste, salue le travail d’une équipe « d’ouverture » qui a travaillé « avec passion et enthousiasme » depuis le 24 janvier, et « qui a rassemblé alors qu’elle ne se ressemblait pas. » Mais au-delà du résultat, lié à « une crédibilité et à un travail sérieux », Barnier revendique « un projet qui nous engage à rendre des comptes dans les huit régions ».
Rachida Dati, le sourire un rien fatigué, enchaîne en mentionnant « le bonheur de travailler avec Michel, un des meilleurs Européens. » Toujours polie, l’assemblée se détend lorque la Garde des Sceaux qualifie de "naufrage" les résultats de « ceux qui n’avaient pas de projet ». Mais le plus important, souligne-t-elle, c’est une victoire sans précédent depuis 30 ans d’un parti au pouvoir lors des élections européennes.
Finalement, à l’UMP, on fait des variations sur le thème de la sanction. « Les Français ont sanctionné ceux qui n’ont pas parlé d’Europe, les ambitieux et les divisés », analyse Jean-Marie Cavada, numéro trois sur la liste francilienne, en référence au PS. Une preuve que « le culot politique a marqué les gens ».
EUROPE ECOLOGIE CELEBRE UN SCORE «HISTORIQUE»
Espoir et enthousiasme chez Europe écologie, qui a recueilli 27% des suffrages en Ile-de-France, où le parti de Daniel Cohn-Bendit se place en deuxième position devant le PS et le MoDem.
« C’est magnifique », lance un militant d’Europe écologie, à l’entrée de la Bellevilloise, une salle du vingtième arrondissement de Paris. D’un mot, il a résumé l’opinion générale des militants d’Europe écologie. Dès 20h, la salle est comble, l’ambiance est euphorique. D’heure en heure les estimations augmentent, tout comme le niveau sonore. Quant la rumeur circule qu’«Europe écologie passe devant le PS en Ile-de-France », les cris de joie retentissent. De tous cotés on se congratule, et on trinque pour une victoire « historique ».
L’enthousiasme atteint des sommets lorsque « Dany » apparaît sur le plateau de France 3. Les 400 personnes présentes applaudissent à tout rompre. Et quand le chiffre officiel d’Ile-de-France s’affiche sur l’écran, 21 %, la passion est à son comble. En revanche, quand François Bayrou prend la parole, ce sont les sifflets qui retentissent.
« Force structurante de gauche »
José Bové monte à la tribune et ravive les applaudissements lorsqu’il souligne qu’Europe écologie n’a pas « joué perso » dans cette campagne. Quatrième de la liste francilienne, Karima Delli est portée jusqu’au micro par les militants. « Je remercie tous les copains, crie-t-elle pour dominer les clameurs, parce qu’ils en ont marre de ce système à bout de souffle et qu’ils portent un projet de société ensemble. »
« Cette victoire nous permet d’être une force structurante de la gauche », estime un militant, pour qui ce résultat montre que l’écologie politique a su trouver sa place sur le terrain électoral. Europe écologie projette déjà de mettre sur pied au Parlement européen une commission d’enquête sur l’impact des paradis fiscaux sous la présidence d’Eva Joly, qui « y croit ». Quant à la composition de la Commission européenne, « j’en connais qui peuvent trembler », s’amuse un militant, qui cite la commissaire à la Concurrence Nelly Kroes, et le président de la Commission, José Manuel Barroso.



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