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Van Rompuy et Ashton à la tête de l'UE

20.11.2009

Le premier ministre belge a été désigné premier président stable de l'UE et la Britannique, actuelle commissaire au Commerce, Catherine Ashton, ministre des Affaires étrangères par les 27 Etats membres de l’Union européenne.

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Un ticket belgo-britannique à la tête de l’UE. C’est ce qui est ressorti du Conseil européen extraordinaire qui s’est déroulé jeudi 19 novembre à Bruxelles.

Les 27 chefs d’Etats et de gouvernement ont approuvé la proposition formulée par la présidence suédoise en exercice de nommer le premier ministre belge, Herman Van Rompuy (CD&V, parti affilié au PPE) président du Conseil européen pour deux ans et demi et la Britannique, actuelle commissaire au Commerce, Catherine Ashton (PSE), Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.

« Nous avons cherché des personnes capables d’instaurer une continuité, capables de nous unir, d’être la voix de l’Europe, son visage et sa présence dans le monde. Je pense que nous y sommes parvenus », a déclaré le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, actuellement à la tête de l'UE, lors de la conférence de presse du Conseil.  

La solution a été trouvée en début d’après-midi après quelques semaines de blocage. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, qui assistait à une réunion avec ses homologues socialistes européens à Bruxelles, a accepté de laisser tomber la candidature de Tony Blair, refusée par le Benelux pour approuver celle de Catherine Ashton. 

Choisir Mme Ashton a permis à la présidence suédoise de résoudre un casse-tête : contenter le Royaume-Uni qui ne voulait pas lâcher la candidature de son ancien premier ministre et placer un socialiste au poste de Haut représentant, tout en respectant la parité. Une fois la proposition socialiste formulée, les Suédois ont donc proposé cette formule aux chefs d’Etat et de gouvernement, qui l’ont approuvée officiellement vers 20h. M. Brown a d'ailleurs salué jeudi soir "le sens du consensus" d'Herman Van Rompuy et son intégrité  "au-dessus de tout soupçon". "M. Blair aurait fait un excellent président mais le Parti populaire européen avait exigé le poste", a-t-il ajouté. 

Personnalités inconnues

Ce sont donc finalement deux personnalités inconnues du grand public qui occuperont les plus hautes fonctions européennes, les Etats membres ayant visiblement préféré un président coordonnateur à un leader politique susceptible de leur faire de l’ombre (lire l’interview de Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Robert Schuman).

Le traité de Lisbonne, qui crée ces nouvelles fonctions de direction de l’UE doit entrer en vigueur le 1er décembre. Mais les négociations sur les noms des futures personnalités, le président et le haut représentant, avaient connu de multiples rebondissements depuis quelques semaines.

L’ancien premier ministre britannique Tony Blair, le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, la lettone Vaira Vike Freiberga étaient les autres candidats en lice ou fréquemment cités par la presse pour le poste de président stable de l’UE.

Le premier ministre belge a finalement semblé faire consensus au début du mois de novembre pour le poste de président stable de l’UE, sa candidature étant notamment soutenue par le couple franco-allemand.

M. Van Rompuy est à la tête de la Belgique depuis 2008. Il a eu 62 ans le 1er novembre. Parmi ses points forts figurent ses qualités de médiateur hors pair et de conciliateur. Une réputation gagnée grâce à son action en Belgique pour tenter d’apaiser les tensions entre néerlandophones et francophones.

Les qualités de M. Van Rompuy sont aussi ses points faibles. Il n’est pas considéré comme un communicant charismatique et manque de stature internationale. Le premier ministre belge a fait une longue carrière politique au sein du parti flamand CD&V. Et, atout de taille pour le poste, il parle le Français.

Les missions du futur président du Conseil européen sont définies par le traité de Lisbonne. Il devra « présider et animer les travaux du Conseil », « assurer la préparation et la continuité des travaux du Conseil » et « œuvrer pour faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen ».

Des conséquences en Belgique

La désignation du Belge risque néanmoins de poser certains problèmes politiques en Belgique. Le prédécesseur de M. Van Rompuy, Yves Leterme, également membre du CD&V, avait échoué à trouver un compromis sur les requêtes flamandes de transférer plus de pouvoirs aux régions (EurActiv.com 15/07/09). En lui succédant, Herman Van Rompuy avait déclaré qu’il allait s’efforcer de résoudre les tensions internes du pays d’ici la mi-2010, afin d’éviter des problèmes potentiels lors de la présidence belge de l’UE au deuxième semestre 2010. Il sera donc parti bien avant et Yves Leterme pourrait redevenir premier ministre.

A la grande satisfaction de Gordon Brown, la Britannique Catherine Ashton a donc quant à elle été désignée au poste de Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. Elle sera vice-présidente de la Commission européenne et occupera son poste pendant les cinq prochaines années.

Une nomination surprise, son nom n'ayant que peu circulé ces dernières semaines. Le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, David Miliband ayant refusé le poste, le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, ou encore l’ancien ministre italien des Affaires étrangères Massimo D'Alema, ou l’ancien ministre des Affaires étrangères allemand  Frank-Walter Steinmeier avaient été pressentis.

Sa fonction fusionne celle du Haut représentant actuel, Javier Solana, et de commissaire aux relations extérieures. Un poste occupé jusqu’à présent par l’Autrichienne Benita Ferrero Waldner. Mme Ashton devrait disposer d’un service diplomatique composé de plus d’un millier de personnes. Mais le périmètre de son action et son statut restent encore en grande partie à définir, le traité ne précisant pas ses points.

Née le 20 mars 1956, elle a été présidente de la chambre des Lords et nommée pair à vie en tant que baronne Ashton of Upholland en 1999. Elle a été secrétaire d'État au ministère de l'Education et a succédé à Peter Mandelson à la Commission européenne en octobre 2008. Elle occupait le portefeuille du commerce. La future Commission européenne devrait être désignée d’ici la fin du mois de novembre. 



CALENDRIER :

  • D’ici fin novembre : Désignation de la Commission
  • 1er décembre : Entrée en vigueur du traité de Lisbonne
  • Janvier 2010 : Audition des futurs commissaires européens
  • 18-21 janvier 2010 : Présentation du programme de la Commission à la session plénière du PE
  • 2010 : Mise en place du service d’action extérieure de l’UE
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