La Présidence suédoise doit s'accommoder du bouleversement de calendrier. "On ne prendra pas la décision sur José Manuel Barroso au mois de juillet, mais nous espérons que cette décision sera prise plus tard", a indiqué le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 juillet 2009.
Une prise de position qui intervient à la suite des déclarations du nouveau président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, le 1er juillet. Il a en effet précisé que son groupe s’opposerait à la tenue d’un vote sur la reconduction de M. Barroso lors de la session plénière d’ouverture du Parlement européen le 15 juillet (EurActiv.com 25/06/09).
L’ancien premier ministre belge, élu mardi 30 juin dirigeant de l’ADLE, a affirmé que son groupe n’accepterait aucun calendrier imposé au Parlement. Un coup dur pour le groupe de centre droit PPE et la présidence suédoise qui poussaient pour une décision rapide concernant le nouveau président de la Commission.
Un peu plus tôt, le groupe de Verts avait annoncé qu’il s’opposerait à un vote sur la nomination de M. Barroso en juillet, rejoignant en cela l’appel des socialistes du 18 juin.
Sauf contrordre, il semble donc qu’il n’y aura pas de majorité pour inscrire le vote à l’agenda du Parlement pour la première session qui se déroule du 14 au 16 juillet. Les dirigeants des groupes politiques de l’assemblée doivent se réunir le 9 juillet pour discuter de cette question.
Les Socialistes crient victoire
Le dirigeant du groupe socialiste, Martin Schulz, a salué l’annonce de M. Verhofstadt, se félicitant d’avoir bloqué la reconduction accélérée du président de la Commission, José Manuel Barroso.
« Les ministres de l’UE, l’aile droite du Parlement et M. Barroso lui-même ont fait une grave erreur d’appréciation quand ils ont cru que le vote pourrait être expédié ce mois-ci », a déclaré M. Schultz dans un communiqué. « Cette victoire montre clairement qu’ils ne peuvent pas prendre des décisions seuls dans ce Parlement. Ils ont besoin de notre soutien et de celui d’autres forces proeuropéennes », a ajouté M. Schultz.
Daniel Cohn-Bendit, le dirigeant du groupe des Verts, a abondé dans ce sens. « Les Verts rappellent à la présidence suédoise qu’il n’y a pas de majorité au Parlement européen en faveur d’un vote rapide pour donner à M. Barroso un second mandat de président de la Commission », a-t-il déclaré. « Passer outre pour que cette question soit sur la table en juillet constituerait un mauvais départ pour la présidence suédoise. Il ne doit pas y avoir de vote sur le président de la Commission avant que Lisbonne ne soit ratifié. »
Rencontre des dirigeants des groupes politiques
Après la rencontre des dirigeants des groupes politiques le 9 juillet, chaque vote pèsera en fonction du nombre d’eurodéputés dans chaque formation. Le PPE peut compter sur 264 votes, ainsi que sur le soutien du groupe anti-fédéraliste nouvellement formé (EurActiv 23/06/09), qui réunit 56 membres. Mais ce total de 320 eurodéputés n’atteint pas la majorité simple de 368 eurodéputés nécessaires pour soutenir M. Barroso.
Un nombre record de 52 eurodéputés sur un nombre total de 83 de l’ADLE a pris la parole durant leur réunion interne qui s’est tenu quelques heures auparavant, a déclaré M. Verhofstadt, ajoutant que cela ne préjugeait pas de la possibilité de parvenir à une position unanime.
"Le résultat des courses, a dit M. Verhofstadt, c’est que cela était une position de principe et n’était pas lié à l’habituel marchandage sur les hauts postes qui inclut normalement la présidence du Parlement européen, ou la présidence de commissions importantes."
Le prédécesseur de M. Verhofstadt, Graham Watson, est le candidat officiel de l’ADLE pour la présidence du Parlement européen (EurActiv 08/01/09), mais il apparaît très peu probable qu’il soit élu au regard des circonstances actuelles.



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