Hier (20 avril), le responsable du budget de l’Union européenne a défendu des projets visant à accroître les dépenses de l’Union de 4,9 % l’année prochaine, affirmant que cette proposition permettrait un équilibre entre les mesures d'austérité et la nécessité de stimuler la croissance.

Le commissaire au budget, Janusz Lewandowski, a affirmé s’attendre à de dures négociations sur son projet d’augmenter les dépenses de 132,7 milliards d’euros, un objectif qui devra être conjointement approuvé par les Etats membres et le Parlement européen.

L’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, la Finlande et les Pays-Bas sont fortement opposés à toute augmentation du budget au-delà de l’inflation, une vision qui a engendré des divisions au sein de l’UE et créé un fossé entre les pays du nord plus riches et ceux du sud et de l’est.

« Certains se demandent comment une augmentation du budget de l’UE se justifierait à l’heure où les Etats membres sont confrontés à de sévères mesures d’austérité au niveau national. C’est une question légitime », a reconnu le commissaire polonais.

« La principale raison de l’augmentation résulte de la nécessité de payer les frais engendrés par les projets mis en place dans toute l’Europe », a-t-il déclaré, faisant référence aux subventions européennes en faveur des infrastructures des régions pauvres, aux fonds alloués à la recherche et aux projets d’innovation.

La proposition a immédiatement suscité l’opposition de certains des 27 gouvernements européens, dont la Grande-Bretagne, qui contribue largement au budget et s’est imposée des réductions strictes de ses dépenses, affirmant que cette augmentation était inacceptable.

« Nous voulons disposer de la meilleure option pour le contribuable britannique et une augmentation de 4,9 % du budget de l’UE n’est pas envisageable », a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique à Bruxelles.

« Nous travaillerons en étroite collaboration avec les autres Etats membres pour aboutir à l’accord le plus avantageux ».

L’année dernière, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France ont exigé un gel du budget de l’UE au moins jusqu’en 2020 afin de s'assurer que les dépenses de l’Union soient représentatives des réductions des budgets à l’échelle nationale.

Mais ils se heurtent à l’opposition de la Pologne et d’autres pays bénéficiaires de fonds issus du budget dès lors que le prochain budget à long terme est évoqué, celui-ci s’étalant au moins de 2014 à 2020.

Opinion publique défavorable

Une augmentation des dépenses au-delà de l’inflation en 2012 pourrait également susciter l’opposition de la population dans certaines régions d’Europe, alimentant ainsi le ressentiment dû aux centaines de milliards d’euros payés par les contribuables pour renflouer des pays de la zone euro tels que la Grèce et l’Irlande.

Avec les partis eurosceptiques qui cherchent à renforcer le sentiment anti-européen en leur faveur, comme l’ont fait les Vrais Finlandais lors des élections parlementaires du 17 avril, de nombreux gouvernements voient cette proposition comme une menace électorale.

« Comment expliquer à nos citoyens qui se serrent la ceinture que le budget européen continue d’augmenter ? », a demandé le ministre des finances néerlandais, Jan Kees de Jager.

« Dans les mois à venir, je travaillerai d’arrache-pied pour que le budget européen soit inférieur à celui proposé par la Commission aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Plus de deux tiers des dépenses du budget de l’UE vont à l’agriculture et aux projets structurels tels que la construction de routes.

La Commission a proposé une réduction l'année prochaine des montants dédiés aux programmes qui ne sont pas assez efficaces et un gel de ses propres dépenses administratives basé sur l’année 2011 afin de tenter de minimiser l’augmentation du budget, a affirmé M. Lewandowski.

Selon lui, l’augmentation demeure toutefois inévitable, puisque les promesses de financement augmentent à l’heure où l’UE entre dans l’avant-dernière année de la période de dépenses actuelle. Une augmentation inférieure à 4,9 % résulterait donc en la rupture d' accords existants.

L’année dernière, la Commission a proposé une augmentation de 5,9 % des dépenses de l’UE pour 2011, mais celle-ci avait été plafonnée à 2,9 % suite à une longue lutte avec les gouvernements européens menée par la Grande-Bretagne avec le soutien d’autres pays.

Les discussions concernant les dépenses pour 2012 sont perçues comme un prélude à de plus dures négociations sur le budget à long terme de l’UE qui commencera en 2014. Ces négociations débuteront lorsque la Commission présentera des propositions plus tard dans l’année.

 (EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)