Cinq ans après son adoption, la Commission s'apprête à revoir ce règlement controversé qui oblige les fabricants de produits chimique à prouver que leurs produits ne sont pas dangereux pour les consommateurs.

Autres Liens
Entreprise europe
30 questions/réponses sur ReachInstitut National de l’Environnement Industriel et des Risques
Portail du Service nationale d'assistance réglementaire Reach (helpdesk)
Documents officiels
Commission européenne
Reglement Reach
La négociation du règlement REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques), finalement adopté en 2006, a donné lieu à l'un des plus grands bras de fer entre lobbies de l'histoire de l'UE.
Cinq ans plus tard, la Commission européenne s'apprête à revoir cette législation controversée, qui visait à protéger les consommateurs et l'environnement des effets nocifs des produits chimiques toxiques.
"Un début important"
« Je pense que c'est un début, et un début très important », a déclaré Jamie Page, de la Cancer Prevention and Education Society, une association à but non lucratif qui soutient les objectifs de REACH.
A l'origine, cette législation a pour ambition de passer en revue les quelque 100 000 substances chimiques présentes sur le marché actuellement et d'évaluer les menaces potentielles qu'elles représentent pour la santé humaine ou l'environnement.
Depuis lors, seuls quelques produits chimiques ont été examinés, dont 47 substances extrêmement préoccupantes (SVHC), suspectées de causer des cancers ou de perturber le système reproductif humain.
Mais il existe beaucoup d'autres substances, a affirmé Jamie Page, qui réclame une accélération du processus d'évaluation. «Il y a beaucoup de substances sur le marché –entre 80 000 et 100 000 – donc même si on en a examiné quelques unes, il en reste beaucoup d'autres».
ChemSec, un groupe de pression environnemental, a récemment accusé l'UE de tarder à agir contre les produits chimiques qui perturbent le système endocrinien, tels que les phtalates, et a demandé aux législateurs d'accélérer leur action. ChemSec exige que 378 substances soient incluses dans la liste des « substances extrêmement préoccupantes ».
« Il existe beaucoup de produits controversés », a renchéri Jamie Page, citant notamment le bisphénol A, un composé récemment interdit dans la fabrication des biberons en plastique, mais que certains scientifiques pensent également nocif sous d'autres formes, telles que les revêtements intérieurs des boîtes de conserve.
Certains produits chimiques dangereux ont été retirés du marché, mais « on se demande si ces [substances] peuvent être correctement évaluées », a-t-il poursuivi, mettant l'accent sur le fait que l'interdiction totale du bisphénol A était encore discutée au niveau européen.
« Nous aimerions plus de transparence sur les méthodes utilisées pour justifier le fait que ces substances sont toujours sur le marché ».
Question de confidentialité
Au sein de l'industrie chimique, les efforts se sont concentrés sur la mise en conformité à la réglementation complexe de l'UE, tout en protégeant les intérêts commerciaux légitimes. Les entreprises qui souhaitent vendre des produits chimiques doivent les enregistrer auprès de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), en fournissant des détails sur leur toxicité, que l'agence publie ensuite sur son site.
L'un des points de discorde consiste à déterminer si l'ECHA devrait révéler au public toutes les données relatives à la toxicité des substances, ou si certains éléments devraient demeurer confidentiels afin de protéger les brevets des entreprises.
Le Cefic, qui représente les entreprises chimiques européennes, s'est récemment plaint que la publication du nom des entreprises sur des listes de toxicité pouvait fournir à leurs concurrents étrangers des informations sur leurs stratégies d'innovation.
Les militants anti-produits toxiques ont rétorqué que de telles informations étaient essentielles pour forcer les entreprises à rendre compte de la sécurité de leurs produits.
La révision du règlement REACH, prévue pour 2012, évaluera s'il est nécessaire d'apporter des changements à cette règle.
Conséquences imprévues
Certains ont quant à eux critiqué cette législation, affirmant qu'elle visait les mauvaises substances. Le règlement REACH avait au départ pour but de protéger les consommateurs d'une exposition à des produits chimiques dangereux, mais la bureaucratie générée a finalement donné lieu à l'inclusion dans ce groupe des métaux tels que le cobalt, très rarement en contact avec les consommateurs.
David Weight, du Cobalt Development Institute, une organisation représentant les principaux producteurs de ce métal, a déclaré que REACH avait des « ambitions très positives », mais en a critiqué les conséquences imprévues.
« Nous avons des craintes quant à son exécution », a poursuivi David Weight, affirmant qu'il n'y avait « pas d'exposition du consommateur » au cobalt et que ce n'était donc « pas vraiment le type de substance qui devrait être sous le feu des projecteurs ».
« C'est à ce sujet que nous devrions avoir plus de discussions », a-t-il ajouté, faisant référence aux possibilités qu'offrirait une révision pour affiner la législation.
« Au bout du compte, les changements en faveur de la santé et de l'environnement seront imperceptibles », a argumenté David Weight, faisant référence à une restriction possible sur le cobalt. Dans le même temps, le fardeau bureaucratique imposé par le REACH pourrait bien « avoir nui à l'économie », a-t-il ajouté en expliquant que la réglementation avait instauré de nouvelles barrières commerciales pour le cobalt.
Andrew Miller, un député du parti travailliste, président du comité des sciences et technologies au parlement britannique, est du même avis. Il a affirmé que les législateurs devraient adopter des approches différentes pour les substances qui ne sont pas dangereuses et celles qui sont «néfastes pour la santé humaine ».
En juin, le comité a publié un rapport affirmant que REACH avait établi des « droits de douane de fait sur les importations » sur certaines matières premières stratégiques, en exigeant des importateurs qu'ils soumettent des dossiers d'enregistrement pour toutes sortes de substances.
« Bien formuler ses demandes »
Des critiques justifiées, estime un haut représentant européen traitant du REACH. Selon lui, la valeur de la législation réside dans le fait que seules les substances dangereuses sont passées au crible, et non pas celles ne posant aucun problème sanitaire ou environnemental.
Il a cependant prévenu que la portée de la révision serait limitée. S'exprimant sous couvert de l'anonymat, il a mis en garde contre une révision complète de la législation, expliquant que cela pourrait rouvrir « la boîte de Pandore ».
« Formulons bien nos demandes », a-t-il déclaré lors d'un atelier avec les différentes parties prenantes, organisé par EurActiv à Londres, en juin dernier.
La révision de la Commission se fondera sur un rapport établissant les enseignements tirés de la mise en application du REACH, « avec une attention particulière portée aux coûts et au fardeau administratif, ainsi qu'aux autre impacts sur l'innovation ». Elle inclura une révision des exigences d'enregistrement concernant les substances à faible tonnage.
D'autres aspects de la révision comprendront :
- Une révision du montant et de la répartition des financements mis à disposition par la Commission pour le développement et l'évaluation de méthodes de tests alternatifs (art. 117.4).
- L'amendement ou non de la portée du texte, afin d'éviter des chevauchements avec d'autres législations européennes (art. 138.6).
- Révision de l'Agence européenne des produits chimiques (art. 75.2).



Réactions
Gwen (non vérifié), le 29/08/2011
Les effets de REACH sont en effet imperceptibles. On imagine bien le travail des lobbies dont la Commission se méfie tellement qu'elle nomme trop souvent des experts liés directement ou indirectement aux industries fabriquant les produits dangereux dans ses groupes de travail : on l'a vu pour les OGM, les traitements systémiques dans l'agriculture....
Pour que REACH soit un programme efficace, il faut s'assurer qu'il n'est possible de confier les recherches qu'à des experts INDEPENDANTS ! Cela suffira certainement à faire nettement progresser les résultats !
Remi (non vérifié), le 30/08/2011
"la valeur de la législation réside dans le fait que seules les substances dangereuses sont passées au crible"
Ce n'est pas à l'ordre du jour malheureusement tant des substances ont du faire l'objet d'enregistrement et de dossiers coûteux et inutiles: chaux, carbonate de calcium, noir de carbone, sulfate de potassium, sucre inverti, ...
Quel perte de temps et d'argent!
bataille gilbert (non vérifié), le 31/08/2011
tres interessant,
ce sera dur ...a mettre en place
pourtant absolument necessaire
l'avenir de la planete en depend
manque certainement de connaissance
pour faire connaitre REACH
expliqué l'utilité et la necessité de ce réglement
malgré les obstacles a la commercialiation
faire le bilan en vies sauvées grace a l'abandon de substances extremements preoccuppantes
bon courage a la Commission
bataille gilbert (non vérifié), le 31/08/2011
me donner votre avis svp
sur mon logiciel REACH
merci
......................................................................
commission Européenne a mis en vigueur le 2 février 2009. Un nouveau règlement sur les substances dangereuses appelé le Règlement CLP
Ce nouveau règlement est obligatoire depuis le 01 Décembre 2010.
Il est issu du SGH,( Système Général Harmonisé )et sera mondial (ONU Il est destiné a mettre à la portée de chaque individu dans le Monde, la connaissance nécessaire pour sa sécurité envers les Matières Dangereuses.
Ce règlement est traduit par le logiciel INFOBAT en 23 langues parlées dans les 27 Pays de l’Europe et comporte
9000 substances adaptées au règlement CLP
premier logiciel européen en location / vente sur le CLP / REACH / SGH
Il est adapté au règlement REACH avec formulaire d’envoi direct à ECHA ,chaque substance sera accompagnée de sa fiche de Sécurité ( FDS ) les CMR ( produits Cancérigènes , Mutagènes et anti- Reproductifs sont enregistrés
Services intéressés : environnement, industries, sécurité, transports terrestre, aérien, ferroviaire et routier. Santé ,SDI , pompiers , Sécurité Civile , Préfectures , Mairies ..etc
SITE WEB : http://www.infobat-webmaster.com/
pour entrer dans le site , suivre les indications rubrique contact
Anonyme (non vérifié), le 02/09/2011
heu... "le cobalt n'est pas en contact avec le consommateur", des vernis pour plancher en contiennent !
Réagissez