Aucune décision importante n'est sortie de la réunion sur le climat organisée à Tianjin du 4 au 9 octobre 2010. La Chine, pays hôte, a vivement réagi, samedi 9 octobre, aux accusations de dérobade portées contre elle par les Etats-Unis.

Les querelles opposant les deux principaux pollueurs du globe ont marqué les discussions et gêné ces pourparlers d'une semaine sous l'égide de la Convention cadre des Nations unies pour le climat (CNUCC). Les négociateurs ont réalisé quelques progrès en matière de financement sans dissiper la crainte de voir le processus déboucher sur une impasse.

Les entretiens de Tianjin préparaient le terrain à la conférence sur le changement climatique prévue du 29 novembre au 10 décembre à Cancun (Mexique). Le but est d'aboutir à un accord sur la suite à donner au protocole de Kyoto sur le changement climatique, qui s'achève en 2012. Le sommet de décembre 2009 à Copenhague s'est traduit par des promesses non contraignantes et, depuis, les réunions n'ont plus guère porté sur des objectifs précis à cet égard.

A l'issue de la semaine de discussions dans le nord de la Chine, le négociateur chinois Su Wei a rejeté des propos tenus par Todd Stern, principal représentant de Washington pour les questions climatiques.

Les pays riches ne peuvent adopter des objectifs fixes pour les émissions de gaz à effet de serre (GES) si la Chine et d'autres grands pays émergents ne souscrivent à des objectifs qu'à titre facultatif, a déclaré M. Stern dans un discours prononcé dans une université américaine. 

Selon Su Wei Todd Stern chercherait à masquer le fait que les Etats-Unis n'ont procédé à aucune réduction importante de leurs émissions de dioxyde de carbone et d'autres GES contribuant au réchauffement climatique. "Ne pouvant se prévaloir d'aucune mesure ou initiative, ils critiquent la Chine qui, elle, prend activement des mesures et des initiatives", a-t-il dit au sujet des Etats-Unis.

Les pourparlers de Tianjin ont permis de renforcer un accord sur les financements destinés aux pays pauvres affectés par le réchauffement climatique, les transferts de technologies "vertes" et d'autres mesures visant à favoriser le déroulement de la conférence de Cancun.

"Mettre le pied sur l'accélérateur"

A Tianjin, responsables et militants ont déploré des séances de travail où les participants se sont attardés sur des points de procédure. Les réunions sur le renforcement de la protection des forêts pluviales ont traîné sans donner de résultats. "Nous avançons dans la bonne direction, mais il faut assurément mettre le pied sur l'accélérateur", a commenté Julie-Anne Richards, coordonnatrice du Réseau Action Climat-International qui suivait les discussions.

Les quelques progrès enregistrés devraient faciliter certaines décisions à Cancun, a estimé Wendel Trio, directeur de Greenpeace International pour la politique climatique. Il a toutefois noté que les querelles ont dominé la réunion de Tianjin.

Au cours de la semaine, la Chine a invité les pays riches à faire plus d'efforts en matière de réduction des émissions de GES pour parvenir à un nouveau traité.

Pékin est le premier émetteur de tels gaz et les émissions du pays semblent devoir continuer à croître en raison de son développement économique. Su Wei a cependant fait valoir que les émissions par habitant étaient beaucoup plus élevées dans les pays riches et que ceux-ci devaient laisser les puissances émergentes se développer.

D'après les Nations unies, les objectifs actuels en matière de réduction des émissions de GES n'empêcheront pas une hausse de la température mondiale supérieure à 2° Celsius. Celle-ci est considérée par le Groupe d'expert international sur l'évolution du climat comme le seuil au-delà duquel se produiront d'importants désordres climatiques - sécheresses extrêmes, inondations ou hausse du niveau des mers.