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L’ensemble de la presse européenne a couvert l’élection de Nicolas Sarkozy au lendemain du 6 mai. Qu’ils soient de droite ou de gauche, les journaux européens soulignent tous les attentes suscitées par le changement de Président de la République en France.
Contexte
A l’issue d’une campagne présidentielle particulièrement longue, le candidat de la droite Nicolas Sarkozy l’a emporté sur sa rivale socialiste, Ségolène Royal, avec 53% des voix. La légitimité du sixième Président de la Ve République est renforcée par un taux de participation de 85%.
La presse européenne s’est passionnée pour la campagne et les grands quotidiens sont tous revenus sur la victoire de Nicolas Sarkozy au lendemain du 6 mai. EurActiv France vous propose un tour d’horizon de leurs réactions et analyses.
Positions
La presse britannique a suivi de très près la campagne électorale française et a salué dans son ensemble l’arrivée au pouvoir du candidat de l’UMP. Elle espère que cette élection sonnera l’heure de la réforme du modèle social français, qui, selon elle, n’est plus tenable. « Il s’agit du changement politique le plus important depuis une génération », considère le quotidien de centre-droit The Times, qui s’interroge néanmoins : « Maintenant que Nicolas Sarkozy est président, cela fera-t-il une grosse différence ? ». Il conseille aux Français de suivre une adaptation « gauloise du thatchérisme ».
Au cours de la campagne, Nicolas Sarkozy est parvenu à séduire les Anglais même ceux de gauche, à l’image de Denis McShane, ancien ministre des Affaires européennes de Tony Blair, qui déclarait à quelques semaines du premier tour dans The Observer: « Le temps est peut-être venu d’assister à la naissance d’un nouveau couple: celui qui unira un Premier ministre de centre gauche, Gordon Brown, et le leader naissant de la droite européenne, Nicolas Sarkozy ». Il ajoutait que « sur beaucoup de points de politique étrangère et européenne, ce tandem – ou ce tricycle, si Mme Merkel le veut – offre à l’Europe l’occasion de définir une nouvelle politique étrangère cohérente et efficace après des années de rancœur ».
Outre-Rhin, les réactions sont plus mitigées. Si le quotidien allemand Handelsblatt considère que cette élection marque le retour « d’un homme fort (…) à l’Elysée », et ce « après douze ans sous Jacques Chirac, le plus faible des présidents de la cinquième République », le Tagesspiegel souligne que cette réputation « d’homme fort » de Nicolas Sarkozy, ainsi que « sa proximité avec les milieux économiques, son réseau de relations très étendu, avec les dépendances réciproques que cela implique, demeurent inquiétants pour beaucoup de Français ».
La presse allemande revient également sur les propositions de relance de l’Europe de Nicolas Sarkozy, ainsi que sur ses positions dans les domaines de l’environnement, du social, etc. et souligne qu’Angela Merkel souhaite « poursuivre la coopération étroite et intensive entre l’Allemagne et la France ».
A Bruxelles, Le Soir salue la victoire de Nicolas Sarkozy, qui signe, selon le quotidien belge, « la fin d’un trop long cycle de pouvoir. (…) Le passage d’une vieille France gaulliste dans un univers désormais mondialisé. La modernité, en somme. » Revenant sur ses déclarations à propos de mai 68, il souligne toutefois que « cet homme promet un avenir qui ressemble à une mélodie nostalgique. Sa France sera celle de l’autorité, de l’effort et du mérite. Des valeurs retrouvées [selon Nicolas Sarkozy]. Quitte à revenir en arrière. Loin en arrière. »
La Libre Belgique se place elle déjà dans la perspective des législatives, qui doivent concrétiser, selon le quotidien belge, cette première victoire de Nicolas Sarkozy, « faute de quoi ses intentions resteront lettre morte ».
Aux Pays-Bas, le Premier ministre Jan Peter Balkenende, chrétien démocrate à la tête d’une coalition de centre droit, se réjouit du choix des Français en faveur du « changement et de la modernisation ». Dans la presse, le quotidien de gauche De Volkskrant estime lui que « Sarkozy devient le président d’une France polarisée » et souligne que la gauche enregistre sa « troisième défaite consécutive», ce qui devrait entraîner « une auto-analyse approfondie et douloureuse ».
Le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero, pourtant socialiste, considère Nicolas Sarkozy comme le symbole d’«une droite ouverte et moderne, capable de canaliser les désirs de changement d'un pays appelé à retrouver sa confiance en lui et à continuer à faire partie de la locomotive de l'Europe ». La presse espagnole a salué le taux élevé de participation ainsi que la qualité du débat présidentiel. Dans son éditorial pour El Mundo, Iñaki Gil, ancien correspondant à Paris, déclare : « Nicolas Sarkozy a gagné car il a réuni les trois conditions nécessaires pour s'assurer un tel triomphe: c'est un leader, il a un parti derrière lui et un programme ».
Dans la presse italienne, La Stampa estime que le nouveau président français a "conduit à bon port une longue et cohérente bataille d'idées, menée depuis des années à l'intérieur de son mouvement politique pour éliminer le pesant leadership de Chirac et renouveler la droite française". Le quotidien salue par ailleurs le score de la candidate socialiste: "Ségolène Royal obtient un résultat de toute manière extraordinaire après avoir (...) restitué la vitalité à un parti socialiste fatigué et déprimé jusqu'à il y a deux ans".
En Pologne, le quotidien Rzeczpopolista considère que la victoire de Sarkozy est méritée, ce dernier ayant « depuis le début de la campagne, dominé sa rivale de gauche sur tous les sujets. La majorité des électeurs ont considéré comme fiable son programme d'assainissement de l'Etat. Les Français ne se sont pas laissé tenter par le "wishful thinking" social-économique de Ségolène Royal: ils n'ont pas voulu qu'elle les materne. »
« Il est très probable que Sarkozy mette en oeuvre la politique qu’il a évoquée pendant la campagne. Son profil assez marqué de politicien de droite risque de causer des tensions en France, ce qui entraînera un combat politique sur l’avenir de la France, » estime dans la presse slovaque, Boris Zala, membre du parti de gauche (Smer-SD) au gouvernement : La droite slovaque salue quant à elle cette victoire, à l’instar de Daniel Lipsic, chrétien démocrate et membre du PPE-DE, qui estime que « Sarkozy donnera un nouvel élan à la politique française, mais aussi à l’économie qui en a tant besoin, » ajoutant : « Je pense que [la France] jouera un rôle plus important et plus décisif que les autres pays européens. C’est pourquoi, je me réjouis de la victoire de M. Sarkozy ».
Selon la presse roumaine, la victoire de N. Sarkozy tient au fait que les Français « ont voté rationnel et non émotionnel ». Le quotidien Evenimentul Zilei ne cache pas sa déception à l’issue du 2e tour: « Ségolène Royal aurait considéré [les Français] comme des partenaires de décision, par l'application du principe de la démocratie participative », ajoutant: «Le monde était prêt à embrasser une France séduisante, si la révolution de la première femme présidente avait réussi.». Le quotidien estime toutefois que cette élection aura le mérite de redonner du « souffle » à l’Europe.
Dans un article du 7 mai publié dans Le Figaro, Stéphane Kovacs,envoyé spécial en Hongrie, fait part du « sentiment d’orgueil qu’ont éprouvé hier soir de nombreux Hongrois, estimant que Sarkozy est aussi un petit peu des [leurs] », même s’il n’a jamais vécu dans leur pays.
Enfin, la Turquie se montre très sévère sur le résultat des élections, essentiellement à cause de la position de Nicolas Sarkozy sur l’adhésion du pays à l’UE. Pour le quotidien turc libéral Milliyet, la victoire de Sarkozy est une « preuve de déclin, symbole d’une France craintive et de plus en plus repliée sur elle-même, à qui la Turquie, en pleine croissance, fait peur. » Il ajoute: « Ici, la France est synonyme d’archaïsme. La position du nouveau président français face à l’entrée de la Turquie en Europe alimente le sentiment de rejet et de frustration. »
Revue de presse
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Un renouvellement radical selon la presse européenneCourrier International
La victoire de Nicolas Sarkozy commentée par la presse internationaleL'Express
Angela Merkel félicite Nicolas SarkozyLe Monde
Les réactions internationales à l'élection de Nicolas SarkozyDer Spiegel
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