Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes a dénoncé "l'hypocrisie" de la Commission sur les Roms et estimé que le "gardien des traités" de l'UE était le peuple français.

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En visite à Bruxelles, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, s’en est violemment pris à la Commission et au Parlement européen, lundi 13 septembre.
Interrogé sur la polémique au sujet des Roms, M. Lellouche a dénoncé l’«hypocrisie» de la Commission: «Il ne se passait rien. Il aura fallu la crise du mois de juillet pour qu'enfin l'Europe se saisisse du problème. A la Commission, on ne peut pas dire que l'on croulait sous les initiatives».
Une argumentation réfutée par le porte-parole de la commissaire Viviane Reding, interrogé par EurActiv.fr. «La Commission a fait beaucoup pour les Roms, et nous continuons à jouer notre rôle, qui est de rappeler aux Etats membres que leur compétence dans cette matière est de fournir des actions concrètes pour intégrer les Roms». Parmi les fonds européens, 17,5 milliards d’euros sont actuellement dédiés à cette question. «Nous avons organisé un sommet sur les Roms début avril», ajoute-t-on à la Commission. A l'époque, moins de cinq ministres avaient répondu à l'appel.
Le secrétaire d’Etat français s’en est également pris au rôle de l’institution de José Manuel Barroso. Selon l'article 17 du traité sur l'Union européenne, la Commission «veille à l'application des traités». «Le gardien des traités, c’est le peuple français», a pourtant lancé Pierre Lellouche.
Verhofstadt « devrait s’occuper de la Belgique »
« Ces déclarations illustrent la forme de populisme nationaliste qui est cultivée actuellement par le pouvoir», analyse un politologue français, sous couvert d’anonymat. «Nicolas Sarkozy avait utilisé l’Europe comme un atout, lors de la présidence française de l’Union européenne. Maintenant, il opère le mouvement inverse», poursuit la même source.
Enfin, le Parlement européen en a également pris pour son grade, à commencer par le président du groupe libéral, Guy Verhofstadt. Conseillant à l’ex-Premier ministre belge de «se calmer», il a ironisé: «Il n’a pas raison sur les Roms et il devrait s’occuper de la Belgique.»
Dans un communiqué, le parti de M. Verhofstadt, l’ADLE, dénonce «la morgue avec laquelle les autorités françaises ont cru bon de répondre à la résolution parlementaire » sur les Roms, adoptée à Strasbourg, jeudi 9 septembre. Néanmoins, l’ancien premier ministre belge ne souhaite pas réagir directement aux propos de M. Lellouche, a fait savoir son entourage à EurActiv.fr.



21 réactions
H Schneider (non vérifié), le 14/09/2010
Il est difficile de trouver des mots justes pour commenter de tels propos, tellement déplacés pour un "secrétaire d'Etat aux affaires européennes" . En appelant au "peuple français" il laisse transparaître un tel mépris pour les réprésentants élus du peuple qui ont très majoritairement dénoncé la politique française à l'égard des Roms.
Faut-il lui rappeller la contradiction complète avec les mots du président de la République qui affirmait l'année dernière lors des élections européennes combien il était attaché à l'importance de cette représentation....
Jean Jean (non vérifié), le 14/09/2010
17,5 milliards d'euros dédiés à cette question... pour quel résultat ??? des millions de roms qui fuient, ou ça ? vers la méchante France bien sur, et qui doit encore verser des millions pour l'accueil, la scolarisation, les aides etc etc les méchants français. Doit on s'étonner qu'il y ait de plus en plus d'eurosceptiques, même dans le pays de J. Monnet ? que la plupart des citoyens ne veulent pas un élargissement de l'Europe ? que l'élection des députés européens n'interessent strictement personne ? et que les Etats aient si peur de soumettre à référendum ces questions ? sachant très bien que les citoyens européens ne veulent pas de la Roumanie, ni de la Bulgarie, ni de la Turquie ni de leurs problèmes que l'Europe va devoir régler alors que nous sommes incapables de résorber nos dettes publiques et que nos propres systèmes de santé sont en danger.
Eric de Mandlefler (non vérifié), le 15/09/2010
Il s'agit de 17,5 MILLIONS d'euros et non de milliards.
Quant au fond, il est vrai que l'Union européenne ne traite que marginalement la question des Roms... mais c'est parce que les chefs d'Etat et de gouvernement, dont Sarkozy, n'ont pas souhaité qu'il en soit autrement lorsqu'ils ont révisé les traités!
Loup Besmond de Senneville, le 15/09/2010
Bonjour,
Il s’agit bien de 17,5 milliards d’euros.
Vous trouverez les chiffres en cliquant ici: http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/10/383&format=HTML&aged=0&language=FR&g…
Françoise (non vérifié), le 15/09/2010
Les propos de Mme Redding ne font qu'envenimer un peu plus la question des populations itinérantes Roumaines et Bulgares...Le parlement dans son ensemble n'est pas sans savoir que la France est le pays qui accueille le plus de populations immigrées ainsi que les populations de pays en guerre...L'UE n'est pas sans savoir que la France a une spécificité particulière à savoir la révolution Française qui hante encore beaucoup de ses concitoyens...De forts bastions trotkistes, internationaliste, une gauche qui n'a pas su se réformer, tout cela est un pêle-mêle explosif, sans compter une immigration telle, que la France n'a jamais eu la capacité de bien l'intégrer depuis 40 ans.. Je demande donc à la Commission Européenne un peu d'indulgence vis à vis du Président qui a à faire face à de personnes violentes et virulentes, voire totalitaires, dans leur propos sans jamais proposer d'idées.
Paul L'Expatrié (non vérifié), le 15/09/2010
Les déclaration de M. Lellouche, que l'on pourrait surnommer Avigdor Le Terrible, "en hommage" au respect qu'il partage avec son homonyme à l'égard d'autres peuples minoritaires discriminés, révèlent un mépris...souverain pour les règles "communes puisqu'adoptées en commun" par tous les Etats membres". De droit, puisque c'est son rôle depuis le Traité de Rome, la Commission est "la gardienne des Traités": même les Britanniques les plus eurosceptiques n'ont jamais remis en cause cette règle commune. Autre règle commune,la Charte européenne des Droits Fondamentaux interdit toute discrimination à l'encontre d'un minorité ou communauté --que celle-ci soit ethnique, culturelle ou religieuse: là aussi, là encore, la Commission et le Parlement européen sont dans leur rôle lorsqu'ils font ce "rappel à l'ordre et à la règle"...Eh oui! la France éprouve autant de difficulté avec "ses" quelques 15000 Roms que la Roumanie ou la Bulgarie avec, chacun, plusieurs centaines de milliers de Roms...! A qui fera-t-on croire cela,alors que la différence de PIB/habitant entre la France et ces deux pays montre en outre la différence de moyens et de richesse.? Mais l'objectif est tout autre: dans les sondages, le Chef de "l'Etat Français", comme l'on disait à une autre époque, gagne 20 points dans l'électorat du FN... Voilà, pour compenser certains des commentaires dont le contenu rappelle aussi cette même époque: la "France seule" disait l'idéologue Ch. Maurras, c'est maintenant "La France toute seule"
Patrick (non vérifié), le 16/09/2010
Si la capacité d'intégration était liée à la valeur du PIB/hab ça se saurait, remarque on peut voir que les Pays qui ont le PIB/hab le plus élevé sont également ceux qui luttent le plus contre l'immigration et qui sont le plus eurosceptique (Luxembourg, Suisse etc...), je ne parle pas des immigrés très très riches qui eux sont très bien accueillis dans ces pays. D'autre part entendre la commissaire faire une analogie avec l'internement des roms dans les camps de concentration démontre à quel point cette personne est "raisonnable". Elle peut exprimer ses regrets dans la presse, sa crédibilité est atteinte. Dernière chose, ces roms sont roumains, si des français sans revenus, sans travail, sans domicile, construisaient des bidonvilles par centaines au Luxembourg et commettaient 75% des crimes et délits, seraient-ils expulsés selon vous ?
Paul L'Expatrié (non vérifié), le 16/09/2010
Le rôle de tout membre de la Commission est totalement déconnecté de son origine nationale: c'est une exigence d'impartialité au service des règles et valeurs communes ainsi que des intérêts communs des 27 Etats membres. Cette exigence prend la forme d'un engagement solennel (de caractère juridique et politique) devant le Parlement européen.Par exemple, M.Barnier ,lorsqu'il élabore les propositions de règles communes sur la régulation des banques ou des mouvements de capitaux, il agit en Membre de la Commission et en aucun cas comme ancien Ministre français:il est inquiétant que le Président français ignore ces règles de base de l'Union européenne.
Sur le PIB/habitant: tous les pays d'Europe, y compris les plus riches comme le Luxembourg (peuplé de davantage de migrants que de citoyens d'origine!) ou la Suisse (qui n'est pas membres de l'UE), emploient une importante main-d'oeuvre immigrée, pour faire les travaux pénibles ou pour occuper des fonctions où manquent la main-d'oeuvre nationale (médecins au Royaume-Uni, informticiens en Allemagne,etc). Quant à la Suède, elle intègre elle aussi très bien ses immigrés: qu'est-ce qui cloche en France?
L'euroscepticisme, qui se nourrit de nostalgie du passé et ne prend pas en compte le fait qu'aucun pays européen n'est à l'échelle des acteurs (Chine, Inde, Brésil,etc) et des défis actuels, vise à empêcher l'Europe de faire collectivement,avec la "masse critique" requise ce que ses Etats membres n'ont plus la capacité de faire individuellement.! Mais je reconnais qu'on a le droit de préférer la tempête au beau temps..!
Pour conclure, les propos de la vice-présidente Reding ont été déformés (via la propagande cette Pravda du régime qu'est devenu Le Figaro) car celle-ci a seulement dit qu'on n'avait "jamais discriminé OFFICIELLEMENT une minorité en Europe occidentale depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale". Point. Elle a donc eu raison de regretter que ses propos n'aient"pas été compris" (elle a eu la courtoisie de ne pas dire "déformés"). Il faut s'informer à la source, cher Monsieur, et non lire La Pravda/Figaro ...!
Patrick (non vérifié), le 17/09/2010
Vous esquivez le sujet en vous réfugiant dans les plis de la réglementation. Vous évoquez la Suede, le parti d'extrême droite suèdois est crédité de 8% d'opinion favorable, ce parti néo nazi va bientôt entrer au parlement. Quant a la Suisse, l'UDC de Blocher fait 29% et vote contre les minarets, vous appelez ça "intégrer très bien ses immigrés" ? L'euroscepticisme c'est tout simplement de la lucidité face à l'incapacité de l'UE à répondre aux exigences de notre époque, notamment en matières d'immigration et de sécurité... mais après l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'UE, faisons entrer la Turquie, sans referendum, ça nous promet de beaux jours comme vous dites. Quant à Mme Reding, elle fait son beurre sur une circulaire maladroite car sur le terrain, les roumains roms sont traités commes des roumains qui sont dans l'illégalité, POINT, et ça, Cher Môônsieur, ce n'est pas une question de source.
Paul L'Expatrié (non vérifié), le 20/09/2010
merci de vos interventions successives qui rappellent et démontrent , s'il en était besoin, que racisme et euroscepticisme vont ensemble... Le fait que l'extrême-droite se développe en Suède, comme elle l'a fait en Suisse, n'a rien à voir avec les immigrés --bien intégrés dans les deux cas. L'extrême-droite surfe toujours sur les peurs: celles-ci résultent de plus en plus des bouleversements liés à la crise économiques et du risque de déclassement social que que cette situation peut entraîner pour une partie de la classe moyenne. Prendre la mondialisation comme bouc émissaire serait aussi efficace que critiquer le mauvais: en matière de bouc émissaire, mieux vaut les bonnes vieilles recettes --"l'étranger" voilà le coupable, pêle-mêle l'Europe, les Roms, le Parlement européen ou la Commission. Désigner une communauté de façon discriminatoire, c'est une..."maladresse".?.! La réputation de qualité de la haute administration française permet d'écarter d'emblée cette hypothèse. C'est sur cette base que la vice-présidente de la Commission,Mme Reding, rappelle à la France qu'elle a adopté des principes communs et pris des engagements collectifs [( ces principes et règles communes ne sont pas des"plis de la règlementation" (?.!.) ] avec 27 autres Etats :c'était le devoir de la Commission et le droit de Mme Reding d'agir ainsi. Les Roms sont des citoyens européens "comme les autre": je comprends que cette "révélation" rende certains (encore plus) eurosceptique.
Patrick (non vérifié), le 22/09/2010
Difficile de soutenir la thèse selon laquelle l'ex-droite n'a rien à voir avec l'immigration. Et la France intègre aussi bien ses immigrés que d'autres pays d'Europe, 76 000 pers de plus par an malgré le tx de natalité le plus élevé d'Europe ce qui démontre que les immigrés ne sont pas rejetés en masse comme on l'entend depuis qqes jours. Quant au racisme c'est toujours très facile pour un "intellectuel" ou un "cadre" d'accabler l'ouvrier d'une banlieue qui ne supporte plus les 10 prières pas jour de son voisin et vote dans le désespoir FN.... le racisme se traduit aussi pas des comportements que l'on peut déceler chez bien des intellectuels de gauche qui se veulent bien pensants. Il suffit d'étudier la façon dont se forment les phénomènes de ségrégation spaciale. Le rôle du politique n'est pas le même que celui d'une commissaire, effectivement, l'un est soumis à la sanction du peuple alors que l'autre est désigné dans l'opacité la plus totale. Mme Reding mobilise les médias en faisant des comparaisons douteuses sans prendre en compte la réalité sociale des roms installés dans les pays vers lesquels ils ont fuis. Ils sont condamnés aux bidonvilles dans la plupart des villes et les classes moy de ces pays en crise ne veulent pas faire les importants efforts financiers nécessaires à leur intégration. Alors que fait-on ? rien comme la commission le propose ? car effectivement je vous l'accorde, pour régler les problèmes de conscience que ça pose rien de plus facile que de fermer les yeux et de dire < les gens sont racistes, Sarkosy stigmatise une ethnie, les eurosceptiques sont des gens d'ex droite etc...>. On se sent peut etre mieux mais les roms fuient toujours la Roumanie et la Bulgarie pour vivre dans des bidonvilles, à Rome ou ailleurs, alors que ces pays reçoivent des milliards de l'UE pour les intégrer.
luc nemeth (non vérifié), le 22/09/2010
votre affirmation selon laquelle Viviane Reding aurait fait des "comparaisons douteuses", Patrick, est là seulement pour nous rappeler que c'est en France qu'est née la méthode Coué. Certes la chasse aux Rroms n'est pas "la même chose" que la traque des juifs sous l'Occupation, mais ce n'est pas non plus : le contraire. Et il faut toute la mauvaise foi des gens de votre mouvance pour oser contester que le nommé Sarkozy ait ici stigmatisé une ethnie, et qu'il se soit comme à son habitude livré à du vil racolage lepéniste. Enfin et contrairement à vos dires, Patrick, ce n'est pas spécialement du côté des "intellectuels" (sic) et des "cadres" (resic) mais dans toutes les couches de la population que le triste sbire et sa garde rapprochée ont suscité cette fois le dégoût. Non non croyez-moi, Patrick : c'est pas du beau monde...
Paul L'Expatrié (non vérifié), le 22/09/2010
Vous me faites dire le contraire de ce que j'ai écrit (!): l'extrême-droite a tout "à voir avec l'immigration", puisque c'est son fond de commerce tant elle se nourrit des difficulutés rencontrées dans ce domaine. La France "intègre bien ses immigrés", selon vous? Pourquoi alors a-t-elle un problème massif de "banlieues" qui affecte toutes ses grandes villes et concerne des dizaines de milliers de personnes réparties sur tous le territoire français? Pourquoi a-t-elle laissé se développer, voire encouragé, le phénomène de "ghettoïsation" de ses immigrés en particulier, de ses pauvres en général? et ce, au lieu, de leur permettre de se répartir de façon plus large dans d'autres villes et quartiers? Maintenant que le mal est fait et produit ses effets cumulés, il n'y a plus grand chose à faire en France pour résoudre le problème: je suis d'accord avec vous sur ce point.!
76000 nouveaux immigrés/an, selon vous? Outre que le chiffre me paraît "surévalué", la sécheresse et les famines qui en découlent expliquent le phénomène. Par ailleurs,beaucoup d'immigrés ont initialement voulu aller au Royaume-Uni, en Suède ou au Danemark, et n'ont considéré la France que comme un pays de ...transit vers ces pays.Pourquoi? parce que s'il n' y a pas de "rejet" comme vous dites, il y a des discriminations permanentes et insidieuses: savez-vous que le PDG de la 1ère compagnie d'assurances britannique,Prudential, est un Français d'origine ivoirienne? après de brillantes études, il a dû partir travailler au UK car on lui refusait le moindre stage en France. Les Roms? mieux vaut être pauvre parmi "les riches" (!) en France que plus pauvres que les pauvres de Roumanie ou de Bulgarie: il y a 15000 Roms en France, 2,5 millions en Roumanie, quelque 700000 en Bulgarie, ce qui montre qu'en France 15000 citoyens européens pauvres constituent un fardeau insupportable....!
Quant au racisme que je dénonce, ce n'est pas celui de l'ouvrier de banlieue aussi mal logé que l'immigré, c'est celui instrumentalisé jour après jour par des responsables gouvernentaux...comme dans les années 30, juste après la crise économique de 1929.! Ce qui est pire que le discours du FN dont on sait que ce type de discours constitue...la seule raison sociale.!
Enfin, parce qu'à la propagande il faut répondre par l'information (et par la formation aussi, parfois): tous les membres de la Commission sont proposés par les gouvernements (démocratiques) des 27 Etats membres, acceptés par le Président de la Commission (lui-même approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 réunis au sein du Conseil européen), l'ensemble de la Commission faisant ensuite l'objet d'un vote d'investiture par le Parlement européen (élu au suffrage universel, faut-il le rappeler)...ce vote étant lui-même précédé d'une série d'auditions individuelles PUBLIQUES devant ce même Parlement (des auditions qui, si elles existaient en France, auraient peut-être permis aux autorités françaises de s'épargner l'affaire Woerth.!). Au total, un processus plus que transparent et tout à fait démocratique. Le rôle de la Commission n'est pas de représenter un peuple , mais d'identifier et de promouvoir l'intérêt commun européen, d'une part, et de faire respecter les règles et principes communs adoptés "en commun", d'autre part. C'est le rôle confié par les Traités et les Etats à la Commission: MM Lelloche, Dupont-Haineux, etc...remettent en cause "l'état de droit " collectif et démocratique européen lorsqu'ils affectent d'ignorer cela. Les années 30 ont commené par des remises en cause similaires, ne l'oublions pas.
Patrick (non vérifié), le 24/09/2010
Paul L'Expatrié (non vérifié), le 27/09/2010
La discussion requiert du calme, d'une part, et d'éviter de recourir à la mauvaise foi faute d'arguments, d'autre part.
A propos du calme tout d'abord, c'est-à-dire des capacités d'intégration comparée. L'Allemagne a accueilli de l'ordre de 2 millions de Turcs, plusieurs centaines de milliers d'Italiens et de Polonais. Sans problèmes particuliers si ce n'est, d'une part, la tendance à la "ghettoïsation" --c'est le terme consacré, indépendamment de la 2èGuerre Mondiale:ça signifie regrouper et mettre à part, comme dans les banlieues françaises-- a été le fait d'une minorité rurale traditionaliste turque venue d'Anatolie, alors qu'en France cette ghettoïsation résulte de choix polititiques à tous niveaux en matière d'urbanisme. Au Royaume-Uni, qui accueille des centaines de milliers de Pakistanais, d'Indiens, de Chinois et de populations venues du Golfe et du Mashrek, cette ghettoïsation (minoritaire également)résulte aussi du marché immobilier, non d'une politique délibérée comme en France. Libre à vous de considérer qu'il s'agit d'un succès français.....! Pour mémoire, la France "accueille" 15000 Roms sur les 2,5 millions de Roms de Roumanie et les 700000 Roms de Bulgarie: à relativiser, donc!
Pour la mauvaise foi ensuite. Il n'y a eu aucune référence au 2è conflit mondial dans mes propos, seulement à l'après-crise de 1929 et à la sortie de cette crise qui a vu le recours à un nombre croissant de "boucs émissaires", dont les Roms (on disait tziganes à l'époque) et les Juifs. Nous sommes actuellement dans une situation d'après-crise économique (celle de 2008) et la tentation de recourir aux boucs émissaires est de nouveau présente. Où voyez-vous une référence à la 2è Guerre Mondiale? Même s' il est vrai que le climat délétère et haineux des années 30 a conduit au dit conflit...!
Autre problème de mauvaise foi. Puisque vous considérez que le mode de désignation des Commissaires, proposés par des gouvernements nationaux (légitimes puisque démocratiquement élus) et approuvés par le Parlement européen (légitime car élu au suffrage universel), n'est pas démocratique, c'est que vous avez d'autres conceptions ou nostalgies de ce qu'est la démocratie dans les pays d'Europe...? Ces conceptions ont été mises à bas en 1945 et en 1989, et la majorité des citoyens européens n'en ont aucune nostalgie...sauf peut-être certains lecteurs du tandem L'Humanité/Le Figaro...qui ne donnent aucune information objective sur les questions européennes.
Enfin, si les grilles de lecture changent avec les époques [le XXIè siècle, façonné par la globalisation économique et la multipolarisation politique, met progressivement hors jeu les Etats européens trop petits individuellement pour affronter les nouveaux défis et faire face aux nouveaux acteurs (Chine, Inde, Brésil)], certains problèmes comme le droit des individus et/ou des populations ne changent pas, eux... Croire que ce droit est "relatif" suivant les époques nous ramène aux conceptions des années 30: n'ayez pas de nostalgie pour ces années-là...
luc (non vérifié), le 28/09/2010
à cela on pourrait ajouter que Patrick fait preuve d'une mauvaise foi quelque peu bouffonne là où il écrit que "Le Président est d'origine étrangère, il est parfaitement intégré". Ce soi-disant hongrois (mais à ce compte, je suis aussi hongrois que lui...) est né en France. Le système de valeurs dans lequel il a grandi est celui de la France la plus rance. Sa soi-disant intégration consiste à péter au nez de tout un pays (lui, et sa clique), sans même faire semblant que c'est le voisin qui a pété. Telle est bien la raison -comme se garde bien de nous le dire Patrick- pour laquelle il représente tout ce que des gens qui sont aussi français que lui n'en finissent pas de détester. On en connaît même plus d'un, qui en 1981 vota pour l'abolition de la peine de mort et ne regretta jamais son vote par la suite, ne peut s'empêcher de penser que le triste sbire, et sa clique, auraient très certainement passé un sale quart d'heure en 1793.
luc, petit-fils de déportés (non vérifié), le 16/09/2010
qu'il s'agisse de ce Lellouche, ou des nommés Arno Klarsfeld et Alain Minc, ici encore se retrouve posée l'éternelle question : un juif a-t-il le droit d'être con ? A priori la réponse est oui -les juifs sont des gens comme les autres, et qui ont les mêmes droits que les autres, etc. Mais on peut également soutenir que : non, un juif n'a pas le droit d'être con, après tout ce qu'on a vu pendant la guerre.
Paul L'Expatrié (non vérifié), le 16/09/2010
La question que vous soulevez n'est nullement mentionné, ni même seulement évoquée dans mon propos initial. Ce qui est en cause est différent, et autrement plus grave: lorsque l'on remet en cause "aujourd'hui" les droits de certaines minorités ne risque-t-on pas de contribuer à la banalisation, voire à la négation , des discriminations et horreurs ,voire les génocides, qu'ont subis d'autres minorités dans le passé: les Arméniens en 1915, la communauté juive dans les années 30 et 40? C'est une interrogation qui s'impose à nous tous, sans exception, a fortiori à ceux issus des minorités martyrisées tout au long de l'Histoire. La co....rie n'a rien à voir là-dedans, l'éthique et le sentiment de responsabilité sont au coeur de la réponse pour quiconque.
luc (non vérifié), le 17/09/2010
Effectivement l'explication par la co...rie est le plus souvent un peu courte, et elle a peu de chances de devoir s'appliquer ici. On est en présence de gens qui ont le sens de leur intérêt et qui ont estimé, pas forcément à tort, qu'ils avaient plus à gagner qu'à perdre avec cette chasse aux Roms : la gauche, de toutes façons, ne vote pas Sarkozy ; et à droite il y a plus à gagner, du côté lepéniste, qu'à perdre, du côté d'une "droite républicaine" qui semble exister surtout sous la plume des politologues, et dont l'expérience a montré que faute de mieux elle finit toujours par se rallier, même si c'est en grognant un peu.
Cela dit je n'ai évoqué la co...rie qu'en liaison avec ce qu'on appelle l'origine et c'est à dessein que j'ai évoqué cet aspect, anormalement délaissé par les commentateurs, car c'est aussi une des données du problème (et qui est très antérieure à l'insipide Lellouche...). Il est des choses qui en France, pour d'évidentes raisons historiques, sont inconcevables si ceux-qui-nous-gouvernent savent devoir s'attendre à la protestation du milieu Crif et apparenté. Or il est clair qu'à la faveur du virage à droite constaté depuis le départ de Mitterrand en 1994, et dont on se demande parfois où il s'arrêtera, Sarkozy-Besson-Hortefeux savaient n'avoir rien à craindre, de ce côté-là.
Paul L'Expatrié (non vérifié), le 20/09/2010
Je partage une bonne partie de votre analyse et de vos inquiétudes... Ce qui se fait à l'encontre des Roms risque d'annoncer d'autres dérives...en France, d'abord, en Italie berlusconienne également. C'est pour cela que je regrette l'attitude de ceux qui, par leur culture et parce qu'ils sont issus de peuples longtemps martyrisés, cautionnent avec une férocité surprenante cette première dérive. C'est pour cela su'il faut se féliciter de la réaction ferme et courageuse de la vice-présidente de la Commission européenne, Mme Reding
luc nemeth (non vérifié), le 21/09/2010
Bien entendu, c'est décevant, et pour ma part j'ai toujours pensé comme vous que ceux qui sont issus d'un peuple qui connut un sort tragique se devraient d'être... deux fois plus vigilants face à l'oppression, sous toutes ses formes. Mais je n'irais pas jusqu'à parler d'inquiétude. Après tout la situation antérieure avait... aussi, quelque chose d'insatisfaisaisant, si on considère que la lutte contre la saloperie est l'affaire de tout citoyen (toutes origines confondues).
Disons tout de même que des "habitudes" avaient été prises, là où il est question de discrimination collective, et que les réactions des notables auxquels j'ai fait allusion avaient fini par constituer une sorte de baromètre de l'indignation : là où ils ne protestaient pas cela signifiait que l'on pouvait circuler et qu'il n'y avait rien (de particulièrement choquant) à voir, sur ce terrain...
Bien entendu de nouvelles habitudes surviendront, vu que la lutte contre la discrimination ne saurait s'arrêter, tant qu'existeront des bipèdes ; mais on est dans une période transitoire dans laquelle ceux-qui-nous-gouvernent profitent outrageusement de ce qu'en certains cas ils savent que ne surviendra pas, une indignation à laquelle une partie de l'opinion est encore habituée et aurait encore (dans le cas des Rroms) pu légitimement s'attendre. Mon point de vue est que cela vaut également pour la "nationalité française", utilisée à des fins de pur racolage.
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