Le responsable britannique, en charge des affaires, a exhorté Bruxelles à agir rapidement, lors d’une réunion au Parlement européen jeudi 30 septembre. Dans le cas inverse, la réputation de l’UE s’en trouverait affectée selon lui.

« A une époque où les gouvernements nationaux sont confrontés à de profondes coupes budgétaires, l’opinion ne comprendrait pourquoi la Commission et le Parlement veulent protéger le budget de l’UE », a-t-il affirmé.

Economiste très respecté, Vince Cable est devenu le premier ministre du gouvernement de David Cameron à s’exprimer devant les eurodéputés, depuis l’entrée en fonction de la coalition Conservateurs-Libéral-Démocrates à Londres. Il a exposé en des termes durs le défi auquel l’économie britannique était confrontée. Il a insisté sur le large déficit du pays en décrivant le dégonflement de la bulle immobilière et le « secteur bancaire en surpoids ». Il a également vanté le libre-échange comme la piste d’un retour à la croissance et à la prospérité.

L’ouverture des marchés est au cœur du projet européen, a expliqué Vince Cable, ajoutant que la crise avait accéléré le glissement du pouvoir économique mondial vers des pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie et l’Indonésie.

Ces changements peuvent paraître « perturbants et inquiétants », a-t-il expliqué, mais le nationalisme et le protectionnisme seraient contre-productifs. Vince Cable a appelé à donner un nouvel élan au cycle de Doha dans les négociations commerciales mondiales.

« L’UE devra s’engager et faire des concessions si nous voulons progresser », a-t-il expliqué, ajoutant que le prix final de l’accroissement du commerce en vaudrait la peine. Le ministre britannique s’est réjoui du Single Market Act, qui sera présenté par Michel Barnier le 6 octobre. Vince Cable a expliqué qu’il espérait qu’une section, consacrée à aider les petites entreprises, y figure.

Le cadre des aides d’Etat temporaires, qui a permis de soutenir les entreprises aux pires heures de la crise, doit, selon lui, être terminé. « C’est totalement fou d’avoir des gouvernements à court d’argent qui signent des chèques à des entreprises rentables », a déploré M. Cable.

Il s’en est également pris à la directive sur le temps de travail dans l’UE qui entend forcer les personnes à travailler moins d’heures qu’ils ne le souhaitent, en remarquant que certains Etats membres regrettent déjà « le jour où ils ont mis en place des programmes de retraite anticipée ».

Vince Cable a enfin expliqué que le nouveau gouvernement britannique n’avait pas d’autre choix que la réduction des dépenses publiques et s’engageait aujourd’hui à mener, avec ses partenaires, la réforme économique européenne qu’un monde changé exige.