Austérité : les systèmes de santé en péril

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Les budgets de la santé constituent une grande part des dépenses publiques dans l'UE et le secteur des soins de santé est considéré comme l'un des grands succès de l'Europe. Pour les Européens, il s'agit de l'un des éléments qui fait du vieux continent un endroit à part sur la planète en termes de qualité de vie. Toutefois, le vieillissement de la population et les chocs de la crise financière ont placé le contraste important entre les idéaux de l'Europe et la réalité sur le devant de la scène.

Onglets horizontaux

Vue d'ensemble

 

La crise financière qui a débuté en 2007-2008 s'est transformée en une crise sociale et économique longue et douloureuse. Dans les pays européens les plus durement touchés, comme la Grèce, l'attention s'est concentrée sur l'instabilité de l'économie, mais le secteur de la santé a été méchamment frappé par les retombées de la crise.

 

La pauvreté, l'insécurité alimentaire, les difficultés liées au logement, l'augmentation de la consommation d'alcool et la hausse du chômage ont des retombées sur la santé physique et mentale, ainsi que sur le taux de suicide.

 

Cette situation a eu un double impact sur les systèmes de santé, dans la mesure où la croissance de la demande pour les services de santé coïncide malheureusement avec des réductions des budgets alloués à la santé publique.

 

La stratégie Europe 2020 devrait également en pâtir, étant donné qu'elle prévoit d'atteindre un taux d'emploi de 75 % pour les personnes âgées de 20 à 64 ans et de réduire de 20 millions le nombre d'Européens qui vivent dans la pauvreté.

 

Le Forum économique mondial et la Harvard School of Public Health estiment que les maladies non transmissibles entraîneront 47 mille milliards d'euros de pertes entre 2005 et 2030, ce qui constitue un réel défi pour l'avenir de la stratégie Europe 2020.

 

Ce problème pourrait également avoir d'autres conséquences. Pour certains, la crise offre des opportunités. Les militants contre l'obésité, par exemple, ont exploité le fait que les gouvernements aient besoin de recettes pour les encourager à taxer davantage les aliments trop gras ou trop sucrés.

 

Il est évident que disposer d'une Europe en bonne santé ne suffira pas pour sortir de la crise, mais un secteur et des services de santé performants sont essentiels.

 

Le secteur des soins de santé représente 10 % du PIB de l'UE et les services de santé et les secteurs qui y sont associés font partie des plus grands employeurs d'Europe. L'industrie pharmaceutique, notamment, est l'un des employeurs et des exportateurs qui se portent le mieux en Europe. L'industrie est sous une pression croissante, dans la mesure où les gouvernements cherchent à faire baisser le prix des médicaments et que certains ne payent plus leurs factures.

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