L’industrie pharmaceutique minimise sa pression sur les patients

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Richard Bergström, le directeur de la Fédération européenne des associations de l'industrie pharmaceutique (EFPIA), a réagi à l’article du Guardian relatif à la pression que le secteur exerce sur les groupes de patients.

Le journal britannique The Guardian a consulté un courriel dans lequel deux grandes associations professionnelles, Pharmaceutical Research and Manufacturers of America (PhRMA) et la Fédération européenne des associations de l'industrie pharmaceutique (EFPIA), tentent de mobiliser les groupes de patients. Ces deux associations souhaitent que les patients soutiennent le point de vue des entreprises sur les essais cliniques.

 

Les groupes de patients devraient défendre le secteur en soulevant leurs craintes : si tous les résultats d'essais cliniques sont publiés, ils pourraient être mal interprétés par les médias, par exemple, et mettre la santé en péril.

 

Les régulateurs européens envisagent de réviser la directive sur les essais cliniques. Cette mise à jour pourrait contraindre les entreprises pharmaceutiques à publier tous leurs rapports d'étude clinique.

 

Richard Bergström, le directeur général d'EFPIA, a envoyé ce courriel aux dirigeants de grandes entreprises pharmaceutiques. Il a réagi à l'article du Guardian sur son blog :

 

« Franchement, la réaction m'a surpris. L'EFPIA discutera bien sûr avec les patients du partage des données relatives à des essais cliniques et de la transparence. Nous partagerons bien sûr nos points de vue et présenterons notre perspective à ces parties prenantes essentielles. Vous savez quoi ? La plupart ne sont même pas d'accord avec nous. »

 

Il a ajouté qu'un bon nombre de groupes de patients participaient à la campagne AllTrials. L'objectif est de rendre les données publiques et les essais cliniques plus transparents.

 

« Selon moi, une industrie pharmaceutique capable d'influencer la santé publique est composée de deux éléments : la science et les patients. J'en ai déjà parlé : La science guide notre industrie et nos patients motivent son existence. »

 

« Lorsqu'il s'agit d'améliorer la santé publique et la vie des patients, l'innovation médicale et scientifique est l'un de nos outils les plus importants. Elle doit être protégée en conséquence. »

 

De nouveaux engagements tardifs

 

L'EFPIA et PhRMA ont également publié un communiqué de presse. Elles s'engagent à « améliorer la santé publique en approuvant des principes communs pour le partage responsable de données relatives à des essais cliniques ».

 

Monique Goyens, la directrice générale du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), a réagi à ce communiqué. Il a été publié deux jours après l'article du Guardian, ce qui revient selon elle à s'attaquer à un problème après que l'accident a eu lieu.

 

« Le débat sur la transparence des données a déjà avancé et il est impossible de revenir en arrière, à la confidentialité. L'industrie n'a plus son mot à dire. Ses déclarations ne couvrent pas les tentatives contraires à l'éthique des grandes entreprises pharmaceutiques qui veulent mobiliser les groupes de patients dans le seul but de protéger leurs intérêts commerciaux. »

 

Selon la secrétaire générale, l'industrie pharmaceutique craint que les informations relatives à des essais cliniques soient mal interprétées et mettent la santé en péril. Les risques pour la santé proviennent toutefois de la confidentialité et la non-divulgation d’informations.

 

« Plusieurs scandales liés à des médicaments auraient pu être évités et de nombreuses vies sauvées si des chercheurs indépendants avaient examiné les données relatives à des essais cliniques », a conclu la secrétaire générale du BEUC.

Prochaines étapes: 
  • 8 oct. : date indicative de la première lecture en séance plénière

 

Liens externes: 

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