La France, l'Allemagne et la Russie ont affiché, mardi 19 octobre, leurs convergences sur les principaux dossiers internationaux du moment, dont les questions de sécurité en Europe. 

Le président Dmitri Medvedev a fait un double geste à l'adresse de l'Otan à l'issue de ce sommet tripartitite dans la station balnéaire normande de Deauville. Il a annoncé sa participation au prochain sommet de l'Alliance atlantique, les 19 et 20 novembre à Lisbonne, et ouvert la porte à une implication de la Russie dans bouclier antimissile proposé par les Etats-Unis en Europe.

Suppression des visas pour les Russes

De leur côté, la France et l'Allemagne, sans préjuger des négociations en cours au niveau européen, se sont prononcées pour une suppression par étape des visas entre l'UE et la Russie. "Angela Merkel comme moi nous savons que la question des visas est importante pour nos amis russes", a souligné Nicolas Sarkozy. Il sera possible d'arriver "dans des délais les plus raisonnables possibles" à la suppression des visas, a estimé le président français, selon lequel un pays comme la France pourra aller plus vite, dans un cadre bilatéral.

"J'ai compris que la Russie ne souhaite pas qu'on repousse cela aux Calendes grecques", a renchéri Angel Merkel. Elle a rappelé que l'Allemagne avait déjà introduit des allègements pour les visas de courte durée et envisageait maintenant de discuter avec Moscou de visas pluriannuels.

Le président russe a admis qu'il n'était pas possible de supprimer "tout de suite" le régime des visas et souhaité une réunion sur ce dossier avec la Commission européenne. Les trois pays aimeraient que des progrès soient accomplis dans ce domaine lors du sommet UE-Russie de décembre à Bruxelles. "A l'horizon de 10 ou 15 ans, la vision que nous devons avoir c'est un espace économique commun UE-Russie, avec des libertés d'installation, avec la suppression des visas et avec des concepts de sécurité en commun", a résumé Nicolas Sarkozy.

Selon le président français, Dmitri Medvedev a quant à lui promis des efforts sur le dossier de l'énergie, pour lequel la Russie, grande pourvoyeuse de gaz naturel, est un partenaire clef mais difficile de l'Union européenne.

Dissuasion nucléaire

Nicolas Sarkozy a aussi réaffirmé que la France n'entendait pas renoncer à la dissuasion nucléaire, dont la défense antimissile ne peut être à ses yeux qu'un complément. "La France est pour le désarmement nucléaire", a expliqué M. Sarkozy. Mais "il ne me semblerait pas tout à fait opportun pour l'Otan (…) d'être la seule alliance à renoncer absolument au nucléaire alors même que je n'ai pas cru comprendre que c'était la position d'un certain nombre de grands pays dans le monde."

Les trois pays exhortent également l'Iran à se conformer aux demandes du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Agence internationale de l'énergie atomique concernant son programme nucléaire, soupçonné de cacher des projets militaires. 
Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev ont aussi appelé Israël à "faire des efforts" pour permettre la reprise des négociations de paix au Proche-Orient et demandent aux Palestiniens de rester engagés dans ces discussions.

Enfin, l'Allemagne et la Russie ont promis de soutenir les efforts de la France pour lancer le chantier d'une réforme du système monétaire international pendant la présidence française du G20, à partir du 12 novembre.