Les fabricants de pesticides présentent leurs programmes de protection des abeilles

  

Le « Bee Summits » de Monsanto et le « Bee care centre » de Bayer AG illustrent la manière dont les fabricants de pesticides rivalisent pour montrer aux dirigeants politiques européens et américains qu’ils sont de bonne volonté et qu’ils prennent les mesures nécessaires afin de protéger les populations d’abeilles. Selon les entreprises, leurs pesticides ne posent pas problème, alors que les détracteurs déclarent que la science prouve le contraire.

 

L'Union européenne a annoncé au début du mois qu'elle interdirait les pesticides néonicotinoïdes, utilisés pour les pelouses, les jardins privés, le maïs et d’autres cultures. L'interdiction durera deux ans.

 

Des contraintes similaires aux États-Unis pourraient faire perdre aux fabricants des millions de dollars en ventes.

 

Monsanto organise en conséquence un « Bee Summit ». Bayer AG innove avec un « Bee Care Centre ». Sygenta AG finance des bourses dans la recherche sur la disparition accélérée des abeilles mellifères aux États-Unis.

 

La disparation d'abeilles s'est accélérée ces dernières années, à un niveau que le gouvernement américain qualifie d'insoutenable. Les abeilles mellifères pollinisent les plantations qui produisent environ 25 % des aliments consommés par les Américains, dont les pommes, les amandes, les pastèques et les haricots, selon des rapports gouvernementaux.

 

Selon des scientifiques, des groupes de consommateurs, des apiculteurs et d'autres, l'utilisation grandissante de pesticides vendus par des entreprises agrochimiques afin de stimuler les rendements de cultures vivrières comme le maïs est responsable du taux dévastateur de la mort d'abeilles. Bayer, Monsanto, Syngenta et d'autres entreprises agrochimiques indiquent que d'autres facteurs tels que les mites tuent les abeilles.

 

« C'est une bataille difficile aux enjeux élevés », a déclaré Peter Jenkins, un avocat du Centre de sécurité des aliments. Il a poursuivi en mars l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) au nom d'un groupe d'apiculteurs, de consommateurs et de défenseurs de l'environnement en raison d'un manque de réglementation solide sur les pesticides en question.

 

« Ils ont peut-être beaucoup d'argent. Mais [...] nous allons gagner », a-t-il indiqué.

 

Cette vague de protestations inquiète les responsables de Bayer et de Syngenta, qui fabriquent les pesticides, tout comme Monsanto, DuPont et d'autres entreprises qui les utilisent dans l'enrobage des semences qu'elles vendent.

 

« Tout le monde est concerné », a déclaré le directeur de la technologie de Monsanto, Robert Fraley, lors d'un entretien.

 

Monsanto envisage d'organiser un sommet en juin afin de rassembler des experts nationaux en vue d'analyser la question et de discuter de solutions éventuelles. Bayer innove avec une installation d'étude de la santé des abeilles en Caroline du Nord

 

« Nous craignons [...] que la science ne soit parfois éclipsée par les politiques », a déclaré Dave Fischer, un écotoxicologue de Bayer CropScience qui rencontre des apiculteurs et étudie les morts d'abeilles. Il a indiqué que les détracteurs « cherchaient un coupable ».

 

Les entreprises désignent les mites comme l'un des nombreux facteurs qui nuisent aux abeilles.

 

Des recherches supplémentaires sont prévues

 

Selon des scientifiques de l'environnement, des preuves désignent de plus en plus l'enrobage des semences de maïs composé de pesticides comme le problème, et non les mites. Ces dernières années, les fournisseurs américains de semences de maïs ont vendu plus de semences prétraitées avec des insecticides néonicotinoïdes de sorte que lorsque la plante croît, elle repousse les insectes nuisibles.

 

Une étude publiée l'année dernière par des scientifiques de l'université de Purdue dans l'Indiana a prouvé que la plantation de maïs enrobé produit de la poussière qui contient des niveaux très élevés de néonicotinoïdes, qui peuvent se propager au-delà des champs où les semences ont été plantées. Les chercheurs ont découvert le poison dans le sol et dans le pollen transporté par les abeilles. Les abeilles mortes utilisées dans l'étude présentaient des traces de néonicotinoïdes.

 

Christian Krupke, coauteur de l'étude et scientifique à l'université de Purdue, a déclaré que la question devait être étudiée plus en profondeur.

 

Syngenta et Bayer ont indiqué qu'elles étaient justement en train de le faire. Les deux entreprises ont indiqué ce mois-ci qu'elles participaient au financement de bourses de recherche accordées à l'université d'État de l'Iowa et de l'Ohio ainsi qu'à un groupe d'agriculteurs canadiens afin d'étudier les incidences du traitement insecticide des semences sur la mort d'abeilles.

 

« Cette recherche apportera des informations de grande valeur », a déclaré dans un communiqué Jay Overmeyer, un expert en écotoxicologie chez Syngenta. 

Prochaines étapes: 
  • 1er juillet : la Commission envisage l'approbation d'une nouvelle réglementation sur l'utilisation des trois pesticides néonicotinoïdes

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