Révision éventuelle des normes antipollution de l’UE à la suite d’une enquête de l’OMS

  

La Commission européenne a promis une révision des normes antipollution de l’UE plus tard dans l’année après qu’une nouvelle recherche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a laissé entendre l’existence de corrélations entre la pollution de l’air et des conditions sanitaires allant de troubles du développement neurologique à des décès causés par des maladies cardiovasculaires et respiratoires.

Un nouveau rapport de l'OMS, « Review of evidence on health aspects of air pollution » (Données relatives aux aspects sanitaires de la pollution atmosphérique en vue de réviser les politiques de l’UE), provoque des remous dans les cercles politiques de l'UE à Bruxelles.

Ce rapport, publié jeudi (31 janvier), révèle que l'exposition à long terme aux particules de poussière fines, PM2,5, peut provoquer de l'athérosclérose, des effets indésirables à la naissance et des maladies respiratoires chez les enfants.

L'organisme de la santé des Nations unies exhorte l'UE à réviser ses lois sur la pollution liée aux particules en vue de les rendre conformes aux normes beaucoup plus strictes de l'OMS. Les limitations européennes en matière de pollution des particules fines provenant des gaz d'échappement des véhicules et des émissions de centrales électriques sont en effet deux fois plus élevées que celles de l'OMS.

Les particules PM 2,5 sont composées de minuscules métaux et de fumées toxiques issues de la fonte des métaux, de gaz d'échappement des véhicules, de centrales électriques et de l'incinération des déchets Leur diamètre minuscule, inférieur à 2,5 micromètres, leur permet de s’infiltrer profondément, ce qui nuit à la santé humaine.

Révision de la législation sur la pollution de l'air prévue en septembre

La Commission européenne a commandé cette étude et devrait publier une nouvelle stratégie sur la pollution de l'air d'ici septembre. Elle a annoncé que 2013 était « l'Année de l'air ».

Janez Potočnik, le commissaire européen en charge de l'environnement, a déclaré que « la politique de l'UE en matière de qualité de l'air doit se fonder sur les données scientifiques les plus récentes ». Il a promis de réexaminer la législation européenne sur la pollution cette année.

« Les liens que [l'OMS] a établis entre la pollution atmosphérique et la santé humaine confirment la nécessité d'intensifier notre politique dans ce domaine : ce sera une contribution essentielle au réexamen de 2013 de la politique de qualité de l'air », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le rapport de l'OMS recommande de modifier la législation de l'UE étant donné que la valeur limite actuellement établie pour les particules PM 2,5 dans la directive sur la qualité de l'air ambiant est deux fois plus élevées que celle recommandée par les lignes directrices relatives à la qualité de l'air de l'OMS en 2005. L'OMS recommande également de nouvelles lignes directrices pour le dioxyde d'azote (NO2), un gaz toxique produit par le processus de combustion lors de la production de chaleur et d'électricité et surtout dans les moteurs des véhicules. Le rapport préconise aussi la mise en place de lignes directrices pour la concentration moyenne d'ozone (O3) à long terme.

Lors d'une conférence parlementaire sur la pollution causée par le secteur aéronautique, Connie Hedegaard, la commissaire en charge de l’action pour le climat, a admis jeudi (31 janvier) qu'« il n'était pas évident en ces temps de défis économiques » de faire pression en faveur d'une nouvelle législation contre la pollution. Elle a toutefois exhorté les organisations de la société civile à inciter les décideurs politiques à adopter des règles plus strictes.

Elle a souligné que la pollution constituait un défi mondial. La semaine dernière, des responsables politiques chinois ont promis des lois relatives à la pollution plus sévères alors qu'un brouillard de fumée entourait la capitale Beijing et que Bruxelles, paralysée par des embouteillages, connaissait une alerte hivernale inhabituelle en raison de la mauvaise qualité de l'air.

Les conclusions de l'OMS ont mis en évidence des niveaux de pollution de l'air déjà connus dans l'UE. En septembre dernier, un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) a révélé que de nombreux citadins respiraient des particules fines en quantités nuisibles pour la santé et que 97 % sont exposés à des niveaux d'ozone qui dépassent les normes internationales.

>> Lire : Les citadins européens respirent de l’air trop pollué

Peu de zones urbaines échappent aux polluants irritants tels que les matières particulaires, l'ozone et l’azote, selon l'AEE. Les transports, l'énergie et l'agriculture sont les principaux coupables.

Conséquences mortelles

La Commission estime que quelque 460 000 Européens meurent prématurément chaque année à cause de la mauvaise qualité de l'air. D'autres organisations de la santé affirment que le nombre est encore plus élevé. L'AEE soutient que le passage aux véhicules électriques et des mesures de lutte contre la pollution pourraient réduire le nombre de décès de 230 000 à l'horizon 2020.

La pollution atmosphérique a également d'autres conséquences considérables sur l'environnement qui entraînent la perte de biodiversité, des dégâts pour les plantes et la corrosion des bâtiments.

Le rapport de l’AEE indique également que, même si certains polluants restent inexorablement présents dans l'atmosphère, des progrès ont été effectués en matière de réduction des émissions. Les niveaux de dioxyde de soufre (SO2), l'un des polluants les plus dangereux pour l'homme et l'environnement, ont chuté de 82 % depuis 1990 grâce au renforcement des obligations en matière de fumées industrielles. Les niveaux de monoxyde de carbone (CO) ont diminué de 62 %, de composés organiques volatils autres que le méthane (COVNM) de 56 %, d'oxyde d'azote (NOx) de 47 % et d'ammoniac (NH3) de 28 %. Malgré les taux élevés actuels, les émissions de particules fines ont baissé de 15 % depuis 2000.

Les seuils de l'OMS et de l'UE pour les hommes, mesurés en microgrammes par mètre cube, sont les suivants :

  • Ozone (O3) : OMS pour une période de 8 heures, 100 ; UE, 120
  • Matières particulaires plus grandes, ou PM 10 (fumée, saleté et poussière formant de grosses particules) : OMS pour une période annuelle, 20 ; UE, 40
  • Matières particulaires fines (PM2,5) (métaux et fumées toxiques issues de la fonte de métaux, des gaz d'échappement, des centrales électriques et de l'incinération des déchets) : OMS pour une période annuelle, 10 ; UE (dès 2015), 25
  • Dioxyde de soufre (SO2) : OMS par jour, 20; UE, 125.
  • Monoxyde de carbone (CO) : OMS et UE pour une période de 8 heures : 10.
Prochaines étapes: 
  • Sept. 2013 : la Commission devrait dévoiler sa stratégie sur l'air propre
Liens externes: 

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