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25/09/2016

Bruxelles cherche à rassurer des touristes échaudés par l’état d’urgence

Affaires publiques

Bruxelles cherche à rassurer des touristes échaudés par l’état d’urgence

Le téléphone #CallBrussels du Mont des Arts, Bruxelles.

[call.brussels]

Bruxelles a lancé une campagne, CallBrussels pour rassurer les touristes, qui désertent la capitale belge depuis l’état d’alerte décrété en novembre.

« Depuis le tristement célèbre ‘Brussels lockdown’, le recul du nombre de touristes étrangers dans la Région de Bruxelles-Capitale est perceptible », explique l’agence de tourisme de la ville, visit.brussels.be, à l’origine de la campagne.

« Ces dernières semaines, les médias internationaux ont dépeint Bruxelles comme une véritable zone de guerre », souligne le communiqué de presse de l’agence, ce qui a « a bien sûr des conséquences dramatiques pour le secteur du tourisme ».

La campagne #CallBrussels tentera de redorer l’image de la ville en plaçant des cabines téléphoniques à trois endroits emblématiques de la ville: le Mont des Arts, la place Flagey et la place communale de Molenbeek.

Les touristes pourront choisir d’appeler un de ces téléphones, auquel répondront les passants, bien placés pour les rassurer sur la situation. On peut suivre les interactions en ligne sur call.brussels.be et une série de vidéos seront publiées dans les médias de certains pays-clés et les réseaux sociaux.

« Nous ne voulons pas donner l’image d’une ville où les militaires patrouillent dans les rues », a assuré Patrick Bontinck, PDG de l’agence, au lancement officiel de la campagne le 7 janvier.

« Nous voulons laisser aux habitants de Bruxelles la chance de s’exprimer » afin qu’ils puissent témoigner des vraies conditions de vie à Bruxelles, ajoute Rudi Vervoort, président de la région administrative de Bruxelles-Capitale.

Après les attentats du 13 novembre à Paris, perpétrés au nom de Daech, l’enquête a révélé que Molenbeek, une des 19 communes de la ville, avait été le camp de base des terroristes.

>> Lire : L’Europe dispose-t-elle du cadre adéquat pour faire face au défi terroriste ?

L’image de la ville s’est encore détériorée lors de l’état d’urgence (voir Contexte ci-dessous), avec plusieurs maladresses de communication de la part des autorités.

« Dans le monde d’aujourd’hui, l’image et la communication sont tout », a continué Rudi Vervoort. Le président de la région a souligné l’écart considérable entre l’image épouvantable donnée dans les médias étrangers et la réalité dans la ville même. Il a toutefois souligné que la campagne n’était pas une tentative de déni des menaces, qui existent encore.

Laurette Onkelinx, ancienne vice-première ministre, députée parlementaire et présidente de visit.brussels.be, a fait preuve de moins de subtilité et a platement accusé les autorités fédérales d’avoir été trop loin en imposant l’état d’alerte, une opinion partagée par beaucoup de Bruxellois.

Répondant à une question d’EurActiv sur la menace sécuritaire actuelle, elle a martelé que « l’état d’alerte n’était pas nécessaire » et que la situation était retournée à la normale. De nouvelles mesures ont été mises en place dans les trains internationaux, a-t-elle souligné, et notamment dans le Thalys qui relie la capitale belge à Paris, où un homme armé a été arrêté de justesse il y a quelques mois par des passagers alors qu’il tentait de commettre un attentat.

>>Lire: Hollande remet la Légion d’honneur aux « héros » du Thalys

Le téléphone de la place communale de Molenbeek.Le téléphone de la place communale de Molenbeek.

La mauvaise communication entre les services de police, exacerbée par les tensions entre communautés linguistiques, a néanmoins été mise en évidence par les événements de novembre.

Le niveau de sécurité actuel est encore à trois sur une échelle de quatre, mais seul le gouvernement fédéral peut prendre la décision d’abaisser ce niveau, explique Rudi Vervoort.

« Je pense qu’il doit y avoir une discussion honnête sur l’évaluation des niveaux [d’alerte], afin d’assurer une meilleure transparence et d’améliorer leur lisibilité par les citoyens », a-t-il ajouté.

Malgré ces efforts de communication, la Belgique pourrait ne pas être au bout de ses peines pour redorer son blason. La police a en effet annoncé avoir lancé une enquête après des rumeurs selon lesquelles une orgie entre policiers et militaires aurait eu lieu lors de la collaboration des services pendant l’état d’alerte.

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