Les lobbyistes jouent les coalitions pour s’adapter à la nouvelle Commission

Les lobbyistes à Bruxelles changent de modus operandi et favorisent les coalitions d’intérêt. Une adaptation nécessaire face à la structure « groupée » de la nouvelle Commission.

L’enquête TradeMarks, publiée le 19 mai par le cabinet de conseil Apcoworldwide, révèle que l’activité de lobbying reste la priorité numéro 1 des associations professionnelles et des fédérations. Le renforcement des coalitions arrive en seconde position et remplace ainsi la mobilisation des membres qui était mieux classée en 2014.

« Si le fait de parler au nom de toute une industrie prend toujours une place prépondérante, l’objectif de mobilisation des membres est de moins en moins importante. Au lieu de cela, il est devenu indispensable d’identifier des alliés et de former des alliances stratégiques sur des thèmes bien spécifiques », a déclaré Chris Levy, directeur d’APCO Insight pour l’Europe, reconnaissant que la tendance reflète les changements institutionnels.

Lorsqu’il a pris ses fonctions en tant que président de la Commission européenne l’automne dernier, Jean-Claude Juncker a décidé de confier la responsabilité de politiques transversales à six vice-présidents et à une Haute représentante. Chacun possède un groupe de commissaires, qui eux-mêmes détiennent des portefeuilles spécifiques à leur groupe.

Prenant l’exemple de l’économie numérique, Chris Levy a déclaré qu’en pratique les vastes coalitions donnent plus de crédibilité à la position de l’industrie sur des questions spécifiques.

L’« équipe de projet » pour le marché unique numérique est menée par le vice-président Andrus Ansip, l’ancien Premier ministre d’Estonie. Cette équipe est composée de sept commissaires principaux, et implique cinq autres portefeuilles, dont celui du commissaire aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et aux douanes, Pierre Moscovici.

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Même si la nécessité de former des coalitions composées d’acteurs multiples est une nouvelle tendance très importante, la forme plus traditionnelle d’engagement auprès des parties prenantes continue d’être essentielle pour la pratique du lobbying.

« Développer des relations personnelles est toujours un facteur déterminant pour l’efficacité », a insisté Chris Levy.

Par ailleurs, une autre nouvelle évolution est la priorité donnée aux relations avec la presse. En 2014, la communication avec les médias était classée à 5,3 %, cette année, son impact a grimpé à 7,3 %.

Cela peut s’expliquer par le fait que les médias traditionnels ne se contentent plus de relayer l’information sur les médias sociaux.

« Ces dernières années, on a cru que dans ce monde de plus en plus interconnecté et numérique, toutes les organisations devaient être très actives sur les médias sociaux. Or, pour la deuxième année consécutive, nous voyons que les médias sociaux ont un faible impact sur l’efficacité », a ajouté Chris Levy, soulignant le fait qu’une stratégie de communication plus traditionnelle est davantage adaptée au lobbying.