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30/06/2016

Après les olives, Rome veut protéger ses tomates

Agriculture & Alimentation

Après les olives, Rome veut protéger ses tomates

La concurrence marocaine fait peur aux tomates italiennes

[Rpavich/Flickr]

Entre concurrence étrangère et crise du lait, Rome tente de protéger ses producteurs. Un article d’EurActiv Italie.

Les accords commerciaux entre l’UE et les pays tiers sont à nouveau pointés du doigt par l’Italie, qui craint leurs effets sur les agriculteurs européens. Lors du Conseil sur l’agriculture et la pêche, le 15 février, les gouvernements des pays méditerranéens, et surtout l’Italie et l’Espagne, ont demandé que l’UE renforce la protection des producteurs de tomates européens, menacés par la concurrence marocaine, selon Maurizio Martina, ministre italien de l’Agriculture.

« Nous avons demandé l’activation de la clause de sauvegarde » prévue par les traités bilatéraux avec les pays d’Afrique du Nord, a indiqué Maurizio Martina. L’Italie a également demandé une augmentation du prix de retrait en fonction du type de produit, qui ferait « tampon pour donner un minimum d’équilibre à une situation déséquilibrée », notamment « à cause de variations climatiques qui compliquent la situation ».

Au Conseil sur l’agriculture et la pêche, le ministre s’est opposé à la proposition d’augmentation du volume d’huile d’olive que la Tunisie peut exporter vers l’Europe sans taxe. La Commission a en effet proposé de lever certains droits d’importation sur l’huile d’olive tunisienne, afin d’aider son économie à se relever, ce qui n’a pas manqué de provoquer l’indignation de Rome, qui estime que les producteurs italiens rencontrent déjà assez de difficultés comme ça.

« Nous avons demandé la mensualisation des quotas et la différenciation des quotas traditionnels et des quotas supplémentaires », continue Maurizio Martina, qui souligne que « si on ne réglemente pas la différence entre les deux, on ouvre la porte à une augmentation structurelle ».

>> Lire : Les Italiens s’inquiètent des facilités d’importations pour l’huile d’olive tunisienne

Hogan tente de faire face à la crise du secteur laitier

Les ministres de l’UE ont par ailleurs abordé le sujet de la crise du secteur laitier avec Phil Hogan, le commissaire à l’agriculture. « Je ne suis pas satisfait de la situation, qui nécessite une réaction, non seulement au niveau des États membres, mais également au niveau européen », a assuré le commissaire, qui a demandé aux ministres de lui remettre des propositions de mesures d’ici le 25 février.

Maurizio Martina estime également qu’il faut en faire plus pour le secteur laitier, et pour l’élevage en général. Dans le cadre du paquet extraordinaire débloqué en septembre par la Commission, les éleveurs italiens devraient toucher 25 millions d’euros. Les procédures de versement des aides aux éleveurs sont pourtant encore en suspens, regrette le ministre, alors qu’il s’agit d’une intervention utile et délimitée dans le temps, et non d’«un changement structurel nécessitant une réorganisation du marché laitier européen ».