La Commission rappelle aux Tchèques que le yaourt grec est grec

Vytenis Andriukaitis

L’utilisation du terme « yaourt grec » pour les produits fabriqués en dehors de Grèce dupe les consommateurs et créé une concurrence déloyale selon l’exécutif européen.

Les noms de « yaourt grec » et « yaourt à la grecque » sont contraires à la règlementation européenne sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, qui notifie que les consommateurs ne doivent pas être dupés, a fait valoir Athènes.

Le ministre grec de l’Alimentation et du Développement agricole, Evangelos Apostolou, a récemment envoyé une lettre au commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, ainsi qu’au commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, pour faire part de son désaccord avec un projet de décret tchèque énonçant des exigences en matière de produits laitiers, de glaces, de graisses et d’huiles comestibles.

Concurrence déloyale

En juillet, un porte-parole de la Commission européenne avait déclaré à EURACTIV que le nom du produit « yaourt grec » n’était pas protégé par une appellation d’origine contrôlée. Il avait toutefois rappelé que « l’étiquetage des aliments ne devait pas tromper les consommateurs sur les caractéristiques du produit, dont son identité et son origine », et qu’il s’agissait là d’une obligation fondamentale des règles de l’UE sur l’information alimentaire.

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La réponse de Vytenis Andriukaitis semble confirmer cet argument. Faisant référence à ce même règlement, le commissaire a souligné que l’information sur les denrées alimentaires ne devait pas être mensongère sur les caractéristiques du produit et en particulier sur son identité, son pays d’origine ou sa provenance.

Selon lui, « l’utilisation du terme yaourt grec pour des produits fabriqués en dehors de la Grèce induit le consommateur en erreur et créé une concurrence déloyale sur le marché européen ».

Le commissaire est allé encore plus loin en disant que ces « yaourts grecs » ne venant pas de Grèce, mais indiquant sur l’étiquette le véritable lieu de fabrication n’étaient pas non plus suffisants pour éviter ou compenser le caractère trompeur d’une telle appellation.

Yaourt à la grecque

L’exécutif a toutefois nuancé ses propos pour les yaourts « à la grecque ». Concernant les yaourts portant la désignation « à la grecque », « de style grec » ou « recette grecque », le commissaire considère qu’ils sont acceptables s’ils indiquent qu’ils sont « crémeux et épais grâce à des méthodes de production spéciales ».

Il a néanmoins souligné que le risque que le consommateur soit induit en erreur devrait être évalué au « cas par cas » en prenant en compte les caractéristiques des produits, leur présentation, et d’autres informations supplémentaires fournies sur les étiquettes.

Le ministre grec Evangelos Apostolou a récemment déclaré à EURACTIV qu’il ne s’agissait pas d’une coïncidence si de nombreux fabricants de contrefaçons utilisaient « des images pour lier leur produit à la Grèce ».

Satisfaction à Athènes

Le ministre grec s’est dit satisfait de la réponse de la Commission et est revenu sur la manière qu’avait Prague de traitait le problème, qu’il a qualifiée d’« inacceptable ».

« Nos arguments ont été acceptés par les deux commissaires », a-t-il rappelé. « À partir de maintenant, nous nous attacherons à protéger les yaourts grecs et nous sommes prêts à saisir les tribunaux compétents si cela est nécessaire. »