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27/09/2016

Le secteur agricole en faveur d’un Brexit rapide

Agriculture & Alimentation

Le secteur agricole en faveur d’un Brexit rapide

La Copa-Cogeca, l’association des agriculteurs européens veut lancer le processus de sortie  de la Grande Bretagne le plus rapidement possible.

Les analystes estiment que le Brexit sera un fardeau de plus pour les marchés agricoles européens, déjà en mauvais état.

La politique agricole commune (PAC) prévoit environ 22,4 milliards d’euros de paiements directs aux agriculteurs britanniques pour la période 2014-2020. Sous le pilier ‘développement rural’ du programme, 5,2 milliards supplémentaires étaient disponibles.

Étant donné la complexité intrinsèque du portefeuille de la PAC, les relations agricoles que Londres gardera avec l’UE dépendra entièrement des conditions de sortie du pays.

Les agriculteurs européens veulent un Brexit rapide

La Copa-Cogeca, l’association de représentation des agriculteurs dans l’UE, a qualifié le Brexit de triste jour pour les agriculteurs européens et britanniques.

Pekka Pesonen, secrétaire général de l’organisation, estime qu’il est important d’éviter toute perturbation supplémentaire des marchés agricole de l’UE, étant donné l’importance des liens économiques étroits entre le Royaume-Uni et le reste de l’Europe et la crise agricole actuelle.

« Il est essentiel de protéger la stabilité du marché. Plus de la moitié des exportations britanniques de nourriture et de boissons sont distribués dans le reste de l’UE. Le pays importe également de grandes quantités des autres États membres. Cela offre aux consommateurs européens un vaste choix de produits de qualité », souligne-t-il.

La communauté agricole européenne et du Royaume-Uni ne devraient pas payer le prix de la politique internationale, ajoute-t-il, soulignant que l’impact du Brexit sur le commerce doit à tout prix être minimisé.

« Initialement, la Copa-Cogeca était plutôt d’avis que le processus [de sortie] devrait débuter immédiatement, afin d’éviter davantage  d’instabilité et d’incertitude sur les marchés dans les mois à venir », explique-t-il. « Nous attendons cependant la réaction des institutions et en discuterons davantage en interne. »

La Commission dans l’attente

Le 26 juin, un fonctionnaire européen a expliqué à EurActiv que toutes les questions liées à l’agriculture « seront examinées en temps voulu », sans donner davantage de détails.

Le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, a dit « regretter » l’issue du référendum, mais « respecter » la décision du peuple britannique.

« Je soutiens l’appel du Président Juncker pour des négociations rapides et décisives, en accord avec l’article 50, dans l’intérêt des deux camps. Il est essentiel que nous mettions rapidement en place des mesures apportant stabilité et clarté aux 27 États membres », a-t-il souligné.

Au mois de janvier, le commissaire avant déconseillé aux agriculteurs de soutenir une sortie de l’Europe. Lors d’une conférence à Oxford, il avait rappelé que la PAC était un contrat légalement contraignant entre les agriculteurs et l’UE, qui ne se terminait qu’en 2020 et ne pourrait pas être annulé.

« Hors-UE, les dépenses agricoles seraient soumises au même examen annuel par le trésor britannique que tous les autres départements. Pourrez-vous justifier ces dépenses face aux demandes des médecins, infirmiers et enseignants ? », a-t-il demandé aux agriculteurs britanniques.

Mauvaise nouvelle pour le pays de Galles

Le pays de Galles est un bénéficiaire net de l’UE, ce qui ne l’a pas empêché de voter à 53 % pour le Brexit. Carwyn Jones, Premier ministre gallois, espère que la participation du pays à la PAC et aux fonds structurels européens pourront continuer.

>> Lire : Le Pays de Galles veut que le Brexit ne lui coûte « pas un penny »

« La sortie du Royaume-Uni de l’UE ne doit pas coûter un penny au pays de Galles », a-t-il plaidé. Les agriculteurs gallois sont particulièrement inquiets et demandent un « délai raisonnable » pour la sortie du bloc.

Contrairement aux agriculteurs du reste de l’UE, ils se sont donc réjouis de la décision de David Cameron de ne pas activer l’article 50 du traité de Lisbonne immédiatement.

Glyn Roberts, président du syndicat des agriculteurs gallois, qui soutenait le camp Remain, insiste sur le fait qu’une sortie rapide ne serait dans l’intérêt de personne.

« Il y a un travail monumental à effectuer pour modifier la législation et les arrangements nationaux, notamment en ce qui concerne la législation galloise, sans mentionner notre sortie du budget européen, la négociation de nouveaux accords commerciaux et la résolutions de problèmes comme les contrôles aux frontières », souligne-t-il. Sans « délai raisonnable », il ne sera pas possible de construire un avenir positif pour l’agriculture et l’économie rurale galloise hors de l’UE, répète-t-il.

Il note également que son organisation avait déjà contacté des États tiers, comme la Suisse et la Norvège, pour mieux comprendre leurs modèles agricoles et éventuellement les appliquer au pays de Galles.

Réactions

Commenting on the results of the referendum, European Council of Young Farmers’s (CEJA) President Alan Jagoe noted: “As a pan-European organisation we respect the decision made by UK citizens to leave the Union. CEJA will be following the implications of this decision closely over the coming months and years and will continue to represent the interests of European young farmers to the EU institutions, particularly in the face of such uncertainty.”

The President of the National Farmers' Union Cymru, Stephen James, said it was important there was a minimum of disruption to Welsh agriculture.

“At the forefront of most farmers' minds will be the twin questions of what level of access we will enjoy to the European markets and what level of support farmers in Wales might receive once the withdrawal process is complete,” he noted.

“We must ensure we have the best possible access to Europe's markets and an agricultural policy that guarantees parity of treatment with the rest of Europe. If farm businesses are to plan for the future then they need to know the answers to these questions sooner rather than later,” he added.

Meat Promotion Wales chairman Dai Davies stressed: “Our essential task in the long term is securing the best trading deals for Wales - maintaining our existing export markets in Europe, and continuing our work in developing new trading relationships further afield.”

Farm Europe, a think tank focusing on agricultural issues, noted: “Of course, CAP can definitely face technically and financially, the choice of the UK to leave the European Union. However, it must, above all, draw the necessary political conclusions.”

“It is urgent for the EU to assume daily its true responsibilities, and especially to support, one of the greatest achievement of European integration: the Common Agricultural Policy. This is part of a concrete and strong project on which Europe can and must rely, even though she has given a sense to ignore it lately.”