EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

24/01/2017

François Hollande vole au secours des éleveurs français

Agriculture & Alimentation

François Hollande vole au secours des éleveurs français

Entre 22 et 25.000 exploitations d'élevage en France sont au bord du dépôt de bilan

[Paul van de Velde/Flickr]

François Hollande a lancé « un appel à la grande distribution » pour améliorer la rémunération des éleveurs. Beaucoup sont dans une situation difficile en raison des cours actuels de la viande de porc et de boeuf, inférieurs aux coûts de production.

« Les agriculteurs ne peuvent pas vivre que des aides, il doit y avoir des prix pour les rémunérer », a expliqué M. Hollande lors d’un déplacement à Villefort (Lozère) peu avant de se rendre sur une étape du Tour de France. « Je lance encore un appel à cette grande distribution pour qu’elle offre aux consommateurs la qualité et aux agriculteurs un prix ».

Accord respecté ?

« Les grandes surfaces se sont engagées à augmenter sensiblement les prix pour qu’il y ait un soutien apporté aux producteurs. Nous veillerons à ce que cet accord soit respecté » et « à ce que l’approvisionnement français soit partout privilégié », a-t-il assuré.

« Si on veut que l’agriculture continue à vivre, et pas simplement à survivre, il faut lui apporter un soutien », a estimé le président, « le soutien, c’est ce qu’on peut faire sur le plan fiscal en allégeant les contraintes. »

>>Lire : 21 ministres de l’Agriculture réclament de l’argent frais face à l’embargo russe

Interrogé sur la difficulté pour les consommateurs à payer la viande plus cher, le chef de l’Etat a dit comprendre « le consommateur, qui fait au plus juste et qui prend un produit, même s’il vient de loin, dès lors qu’il est moins cher ».

« Il faut donner de l’information sur la qualité du produit, sur la sécurité. Ça a un prix », a-t-il cependant justifié. « C’est pour ça que le label France identifie le produit. C’est aussi la responsabilité des collectivités dans les cantines, cet été dans les centres de vacances. Il faut des achats de produits français », a-t-il martelé.

Difficultés des fermes françaises

De nombreuses fermes françaises sont en grande difficulté : autour de 20.000 selon le ministère de l’Agriculture, qui prépare des aides d’urgence pour les éleveurs. Les filières de la viande bovine et de porc sont particulièrement touchées, ainsi que celle du lait.

>>Lire : François Hollande réoriente la PAC vers l’élevage

Pour répondre à ces crises, « depuis le 20 février dans chaque département, nous avons mis en place des cellules d’urgence », a affirmé le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll vendredi, et déjà « 23 millions d’euros » ont été débloqués pour financer « les allégements de charge, les reports et les effacements de cotisation MSA » – la mutualité sociale agricole.

Des mesures qui ne sont pas à la hauteur des enjeux, estiment cependant les professionnels, qui réclament des actions plus profondes sur le désendettement et la compétitivité de leur filière.

>>Lire : L’aide alimentaire européenne appelée à la rescousse pour soutenir l’élevage en France

De son côté, la grande distribution a réagi en affirmant avoir respecté ses engagements sur le prix de la viande. Mais cet argent ne va « pas dans la poche des éleveurs », a déploré lundi le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, Jacques Creyssel.

« Je crois que l’élevage est dans une crise forte (…) et on partage cette détresse », a déclaré M. Creyssel sur Itélé, commentant les images d’éleveurs en colère qui ont bloqué lundi matin les accès au périphérique de Caen pour protester contre la faiblesse des prix de leurs productions.

« Nous avons accepté d’augmenter les prix d’achat de manière importante (…). La seule chose, c’est que visiblement cet argent ne va pas dans la poche des éleveurs », a-t-il ajouté.

Selon lui, la grande distribution réalise « une marge négative de 1,5% sur la viande fraiche » et « 99% de la viande » vendue en supermarchés et hypermarchés est d’origine française. « Si c’était le cas dans les cantines et dans la restauration, ça marcherait mieux », a-t-il estimé.