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06/12/2016

Berlin veut se débarrasser des dates de péremption

Agriculture & Alimentation

Berlin veut se débarrasser des dates de péremption

Christian Schmidt entend chambouler les dates limites de consommation.

[Roey Ahram/Flickr]

Le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture allemand veut remplacer les dates de péremption par des alternatives plus scientifiques. Un article d’EurActiv Allemagne.

Des tonnes de nourriture toujours comestible finissent à la poubelle. Selon une étude commanditée par le ministère allemand de l’Alimentation et de l’Agriculture, les citoyens allemands ont jeté en moyenne 82 kg de nourriture, l’équivalent de 235 euros, par personne en 2012. Les fruits et légumes représentent près de la moitié de la nourriture jetée, suivie de près par les pâtes et le pain.

Le ministre, Christian Schmidt (CSU), espère réduire ce gaspillage colossal le plus rapidement possible. Pour diviser par deux le gaspillage alimentaire d’ici 2030, il veut notamment se débarrasser des dates de péremption sur les emballages.

Le ministre soutient que les produits sont souvent encore comestibles bien après leur date de péremption. « Nous jetons des tonnes de nourriture parce que les producteurs ont établi des marges de sûreté trop largse », assure-t-il.

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Nombre de consommateurs allemands ne savent pas que depuis 30 ans la date qui apparait sur les emballages n’est pas la vraie date de péremption. La date n’indique en effet pas la dernière limite de consommation sûre, mais la fin de la période durant laquelle le goût, l’odeur, la couleur et la consistance du produit ne sont pas altérés, si celui-ci n’est pas ouvert et est stocké de manière appropriée. C’est pourquoi les emballages d’aliments comme le sel et le sucre, qui restent comestibles très longtemps, précisent uniquement la date de production. Pour les produits périssables, le ministre souhaite donc instaurer une date de péremption qui tienne compte les vraies variables.

L’association des commerçants de nourriture allemands (BVLH) s’oppose pourtant à cette idée, assurant que les informations actuelles, comme les conseils de conservation, sont un outil important qui permet aux consommateurs de prendre des décisions informées.

>> Lire : Le nouveau paquet sur l’économie circulaire fait l’impasse sur le gaspillage alimentaire

Emballages intelligents

La réforme des dates de péremption n’est cependant que la première étape du plan prévu par le ministre pour réduire le gaspillage. Il voudrait aussi que des puces électroniques soient intégrées aux produits comme le yaourt, afin d’indiquer au consommateur son stade de vieillissement via une échelle de couleurs. Le ministère a investi 10 millions d’euros dans la recherche à ce sujet, dans l’espoir de voir des résultats concret d’ici trois ans. En principe, la puce pourrait analyser le contenu de l’emballage et passer graduellement du vert au rouge.

Berlin ne peut pas imposer un changement aussi radical sans alliés. Christian Schmidt est toutefois optimiste et pense que son ministère sera en mesure de faire une proposition au niveau européen d’ici quelques mois. L’Allemagne et les Pays-Bas ont déjà lancé une initiative européenne pour la modification des dates de péremption à court terme et la mise en place d’emballage « intelligents » à long terme.

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Les deux pays voudraient aller plus loin que la France et l’Italie, où les supermarchés n’ont déjà plus le droit de jeter de la nourriture, et doivent vendre les aliments bientôt périmés à bas prix, en faire don à des associations caritatives ou en faire du compost ou de la nourriture pour animaux. Andrä Rupprechter, la ministre autrichienne de l’Agriculture, a déclaré qu’elle comptait fixer le même type d’objectifs dans son pays.

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