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29/09/2016

L’UE veut mettre un terme à l’expérimentation animale

Sciences & Législation

L’UE veut mettre un terme à l’expérimentation animale

Rien qu'en Allemagne, 2,8 millions d'animaux ont étés soumis à des tests en 2014.

[Understanding Animal Research/Flickr]

Quand certains produits chimiques sont considérés trop dangereux pour être testés sur des humains, les scientifiques se tournent depuis longtemps vers les animaux. L’UE lance donc le projet ToxRisk, qui permettra de signaler les cas qui ne nécessitent en réalité pas l’utilisation d’animaux. Un article d’EurActiv Allemagne.

L’expérimentation animale est toujours utilisée pour déterminer si une substance est dangereuse ou si elle peut être utilisée par les humains. Cette pratique est naturellement dénoncée par une partie de la population.

S’il existe des règles au niveau européen, comme la réglementation cosmétique, qui limitent l’expérimentation animale, le nombre d’animaux utilisés pour tester des produits est cependant encore élevé. Rien qu’en Allemagne, environ 2,8 millions de souris, poissons, singes, chiens et autres animaux ont été soumis à des tests en 2014, selon des statistiques officielles publiées en novembre 2015.

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Taux de mortalité élevé

Près de la moitié de ces animaux sont soumis à des essais portant sur de nouveaux médicaments et substances chimiques. Les doses utilisées sont en général tellement élevées que les animaux meurent empoisonnés. Les statistiques ne stipulent en outre pas le nombre de souris et de rats tués à la naissance parce que leur patrimoine génétique ne correspond pas aux besoins de l’expérience à mener.

L’UE a donc décidé de changer la manière dont la toxicologie fonctionne, non seulement en Europe, mais partout dans le monde. ToxRisk est un projet européen dont l’objectif à long terme est d’éliminer les animaux de l’équation scientifique.

La Commission soutient ce projet depuis six ans, à hauteur de 30 millions d’euros, dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020. Le projet se penche sur de nouvelles méthodes de test et d’évaluation ultramodernes, comme des procédés de test in vitro sans animaux ou des expériences in silico.

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« En toxicologie, nous nous dirigeons vers des méthodes d’évaluation fondées sur la mécanique. Ce changement de paradigme implique l’utilisation de méthodes in vitro, particulièrement en ce qui concerne les essais liés aux humains, et in silico, qui joueront également un rôle essentiel », explique Annette Bitsch, qui dirige le département d’évaluation des risques chimiques au Fraunhofer ITEM, à Hanovre. Cet institut est l’un des 39 partenaires qui participent au projet ToxRisk.

Grâce aux travaux d’Annette Bitsch et de son équipe, un système d’évaluation des substances présentes dans l’air qui n’utilise pas d’animaux a pu être mis en place. Ce système s’appuie sur des cellules du système respiratoire humain ou animal, qui peuvent être utilisées selon de nombreux modèles différents.

Pas de données précises sur la souffrance animale

Il n’est cependant pas sûr que l’expérimentation animale pourra être éliminée dans les quelques années à venir. La législation allemande sur le sujet prévoit le remplacement de ces pratiques le plus rapidement possible.

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Depuis 2013, tous les projets qui utilisent des animaux en Allemagne doivent faire l’objet d’un « résumé de projet non technique », afin de s’assurer qu’ils respectent la législation européenne. C’est l’institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques (BfR) qui se charge de publier ces résumés sur Internet.

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L’association des médecins contre l’expérimentation animale allemande a critiqué des rapports qu’ils estiment incorrects. Selon eux, les informations relayées jusqu’à présent ne fournissent pas de conclusions pertinentes sur l’ampleur de la souffrance animale ou le nombre d’animaux transgéniques.

Dangerosité des essais cliniques

Le 15 janvier, la presse française a dévoilé que six personnes avaient été hospitalisées après avoir participé à un essai clinique pour un nouveau médicament. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, s’est rendue au laboratoire qui testait le médicament et rendu visite aux patients après ce qu’elle a qualifié d’« accident très grave ».

L’essai clinique a été interrompu et les autres participants ont été convoqués. L’une des personnes hospitalisées le 15 janvier est décédée ce week-end

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