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05/12/2016

La bactérie Xylella fastidiosa reconnue coupable de la mort d’oliviers italiens

Agriculture & Alimentation

La bactérie Xylella fastidiosa reconnue coupable de la mort d’oliviers italiens

C'est officiel, la souche de la bactérie xylella fastidiosa est à l'origine de la mort des oliviers dans les Pouilles.

@JPVialatte

La souche de la bactérie xylella fastidiosa est bien responsable de la mort des oliviers dans la région des Pouilles. Un article d’EurActiv Espagne.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments, dont le siège se trouve à Parme, a confirmé le 29 mars que la bactérie xylella fastidiosa était responsable de la maladie qui détruit les oliviers dans le sud de l’Italie. L’étude est le fruit de deux ans d’enquêtes réalisées dans les Pouilles par des scientifiques du Conseil italien de la recherche.

 « Les résultats confirment que la souche CoDiRo de la bactérie xylella fastidiosa provoque le dépérissement terminal des oliviers. C’est une étape importante de nos travaux car ce n’est qu’en comblant nos lacunes sur la gamme d’hôtes et sur l’épidémiologie de cette souche des Pouilles que nous pourrons évaluer avec précision le risque de propagation du foyer épidémique depuis les Pouilles », a affirmé Giuseppe Stancanelli, responsable de l’unité santé animale et végétale à l’EFSA.

>> Lire : L’Italie lutte contre l’abattage des oliviers malades

Des cultures méditerranéennes telles que l’olivier, la vigne, les agrumes, les amandes, les pêches, les cerises et les prunes ont été analysées dans le cadre de l’étude, de même que des espèces forestières telles que les chênes verts, et des espèces ornementales comme le laurier-rose.

Les échantillons de ces cultures ont été exposés à la bactérie, soit via des insectes infectés, soit par inoculation artificielle.

Les plants d’olivier ayant été inoculés artificiellement présentaient les mêmes symptômes – tels que le dessèchement – que sur le terrain. Néanmoins, toutes les variétés n’ont pas réagi de la même manière : certaines d’entre elles ont présenté une concentration bactérienne inférieure.

Giuseppe Stancanelli a donc souligné la nécessité de continuer les recherches pour comprendre les réactions des oliviers méditerranéens et identifier les variétés tolérantes et résistantes que les agriculteurs pourraient cultiver dans les zones touchées par la xylella fastidiosa.

Les expériences sur le terrain ont également montré que le cercope infectieux (Philaenus spumarius) pouvait transmettre la bactérie à l’olivier, au laurier-rose et au polygale à feuilles de myrte. L’infection a été détectée dès les six mois suivant une exposition aux insectes, alors que les plantes ne présentaient pas encore de symptômes.

Par ailleurs, les plants d’agrumes, de vigne et de chêne vert testés se sont révélés résistants à la bactérie puisqu’ils n’ont pas été systématiquement infectés ou n’ont pas systématiquement développé de symptômes suspects. Tous les plants inoculés seront toutefois maintenus en observation pendant au moins une saison de plus et les expériences seront prolongées jusqu’à un maximum de 10 ans.

La bactérie en question a été découverte pour la première fois en 2013 dans les Pouilles, où elle a détruit des milliers d’oliviers. En 2015, elle est apparue dans les cultures en Corse et sur la côte d’Azur française, ce qui a encouragé les autorités européennes à intensifier les contrôles.

La xylella fastidiosa s’attaque principalement aux oliviers, qui présentent rapidement des symptômes de dépérissement. Les feuilles sont brulées, les branches desséchées et les cas les plus graves conduisent à la mort de l’arbre.

Pas de contamination des oliviers andalous

Le laboratoire de santé végétale de la Mojonera (Almería, Espagne) a confirmé l’absence de la bactérie xylella fastidiosa en Andalousie après avoir réalisé plus de 600 analyses sur des échantillons d’oliviers depuis 2015.

Ces recherches sur des échantillons d’oliviers, d’amandiers, d’agrumes et de plantes ornementales dans les provinces d’Almería, de Grenade, de Málaga et de Jaén, ont été effectuées dans le cadre d’un plan de contrôle de cette maladie qui est apparue en 2013 dans le sud de l’Italie, a affirmé le gouvernement andalou dans un communiqué.

L’Union européenne considère que ce pathogène est un organisme nuisible à mettre en quarantaine.