La Commission convoque une réunion sur les œufs contaminés

des enquêtes ont été lancées aux Pays-Bas et en Belgique, [Aumsama/Shutterstock]

La Commission européenne organisera une rencontre entre les pays de l’UE touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil, qui touche à présent dix pays européens, dès que l’ensemble des faits seront établis, le commissaire à la santé, Vytenis Andriukaitis.

« J’ai proposé de tenir une réunion de haut niveau rassemblant les ministres concernés ainsi que les représentants des agences de sécurité alimentaires dans tous les États membres impliqués, dès que l’ensemble des faits sera à notre disposition », a indiqué le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, dans un message écrit, précisant en avoir déjà discuté avec les ministres allemand, belge et néerlandais.

Douze pays sont déjà affectés par cette contamination de millions d’œufs dans l’Union européenne.

La Belgique et les Pays-Bas, où la contamination s’est produite, sont mobilisés pour en trouver les responsables. Les enquêtes menées dans ces deux pays se sont accélérées, menant à l’arrestation de deux dirigeants d’une entreprise néerlandaise qui a vraisemblablement appliqué le produit dans des poulaillers, lors d’un traitement contre le pou rouge.

« Nous devons examiner en détail ce qui s’est passé. Nous avons besoin d’une analyse complète de ce cas. Nous avons besoin que nos experts identifient où les problèmes ont pu surgir afin de pouvoir nous asseoir et discuter de solutions et de la marche à poursuivre », a expliqué le commissaire, qui espère que cette réunion aura lieu d’ici fin septembre.

Tensions et accusations

Des tensions sont apparues entre États membres. Le ministre belge de l’Agriculture a accusé les Pays-Bas de ne pas avoir prévenu ses voisins après avoir été alerté, dès novembre 2016, d’une possible utilisation frauduleuse de fipronil dans la désinfection de poulaillers, alors que l’insecticide est strictement interdit pour les animaux destinés à la consommation.

La Haye a réfuté toute accusation de négligence, assurant qu’il n’y avait « aucune indication d’un risque aigu pour la sécurité alimentaire » au moment de cette dénonciation anonyme.

La France et l’Allemagne se sont également montrées critiques de la gestion de l’affaire par leurs voisins.

La Belgique accuse les Pays-Bas de silence sur le fipronil

Belgium accused the Netherlands on Wednesday (9 August) of failing to inform it that eggs were tainted with insecticide despite knowing about the problem since last November, as Europe’s latest food safety scandal deepened.

« Nous avons un bon système, et indéniablement les standards alimentaires les plus élevés dans le monde. Nous devons travailler ensemble pour tirer les leçons nécessaires et avancer plutôt que perdre de l’énergie à désigner des coupables », a estimé Vytenis Andriukaitis.

« Les accusations et les reproches ne nous mèneront nulle part et je veux que cela cesse », a-t-il martelé. « Nous devons agir en commun pour tirer les leçons [de cette crise] et aller de l’avant au lieu de gaspiller notre énergie en accusations. »

Le commissaire a précisé avoir demandé, outre les mesures prises dans l’urgence par les États membres pour retirer les lots contaminés, que ceux-ci restent « vigilants » pour s’assurer que des produits interdits ne soient pas utilisés dans le traitement du pou rouge au sein des élevages de poules pondeuses.

Origine de la contamination

La Belgique est officiellement alertée début juin par un exploitant. En suivant la piste du traitement contre le pou rouge, l’agence sanitaire belge établit un lien avec les Pays-Bas au travers d’une firme locale, qui a reconditionné un produit supposé naturel pour désinfecter les poulaillers.

Selon les médias belges et néerlandais, cette entreprise, ChickFriend, a acheté son désinfectant à une autre entreprise dans le nord de la Belgique, Poultry-Vision. Le 20 juillet, la Belgique alerte l’UE, suivie par les Pays-Bas et l’Allemagne.

Le 1er août, La Haye annonce qu’une substance toxique, le fipronil, a été détectée dans des centaines de milliers d’œufs et que des dizaines d’élevages de volaille sont bloqués.

Les autorités belges affirment que les Pays-Bas ont été alertés de la présence de fipronil dans des œufs dès novembre 2016.

Berlin demande des explications à Bruxelles sur les œufs contaminés

Le ministre allemand de l’Agriculture souhaite s’entretenir avec son homologue belge au sujet de la contamination d’œufs par des insecticides, suite à des accusations selon lesquelles les autorités belges, alertées il y a un mois, auraient tardé à prévenir leurs voisins.

Pays touchés

L’Allemagne estime qu’au moins trois millions d’œufs contaminés lui ont été livrés des Pays-Bas. La Belgique a procédé à des retraits préventifs et discrets dès le mois de juillet.

La présence d’œufs contaminés est également attestée en Suède, en Suisse, en France, au Royaume-Uni et au Luxembourg.

Le 10 août, la Roumanie a découvert une tonne de jaunes d’œufs liquides contaminés au fipronil, importés d’Allemagne, et l’Autriche a rappelé des lots suspects venant des Pays-Bas et destinés aux restaurants, même si la présence de fipronil n’y a pas encore été révélée.

Le soir même, l’Autorité alimentaire et vétérinaire danoise a annoncé que vingt tonnes d’œufs contaminés au fipronil, provenant de Belgique, avaient été vendus au Danemark, tandis que les autorités slovaques ont déclaré avoir découvert des œufs contaminés importés des Pays-Bas et ayant transité par l’Allemagne

Des milliards d’œufs ont été retirés des rayons et détruits. Des inquiétudes existent sur les produits transformés contenant des œufs, comme la mayonnaise.

Les autorités sanitaires nationales imposent aux producteurs de faire détruire les œufs contaminés par une entreprise spécialisée et ont bloqué toutes les ventes des fournisseurs potentiellement touchés.

En Belgique, outre les œufs, les animaux et le fumier sont « bloqués » dans les exploitations encore sous surveillance.

Des millions d'œufs contaminés retirés de la vente en Allemagne et aux Pays-Bas

Des millions d’œufs retirés des rayons dans les supermarchés néerlandais et allemands suite à une possible contamination aux insecticides. Le syndicat néerlandais des éleveurs de volailles compte déjà « plusieurs millions d’euros de pertes ».

Enquêtes en cours

Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes en Belgique et aux Pays-Bas pour retracer les circuits de commercialisation des lots contaminés.

Le 10 août, plusieurs perquisitions ont été menées lors d’une opération concertée dans les deux pays, aboutissant à l’arrestation aux Pays-Bas de deux dirigeants d’une des entreprises incriminées, ChickFriend, selon les médias néerlandais.

Les premières perquisitions ont été menées en Belgique en juillet, chez la société identifiée comme Poultry-Vision par les médias belges, dont un dirigeant a été entendu et où plus de 6 000 litres de produits interdits ont été saisis.

Une enquête a également été ouverte en Basse-Saxe.

Œufs contaminés: le ministre allemand dénonce une affaire « criminelle »

Les Pays-Bas procèdent à des tests sur la viande de poulets provenant d’élevages touchés par l’affaire des œufs contaminés pour déterminer une éventuelle présence de fipronil, molécule toxique à l’origine d’un scandale sanitaire européen que le ministre allemand à l’Agriculture a qualifié de « criminel ».