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30/09/2016

La France vole au secours du Parlement européen sur l’étiquetage de la viande

Agriculture & Alimentation

La France vole au secours du Parlement européen sur l’étiquetage de la viande

Le président François Hollande au Salon de l'Agriculture

Les eurodéputés ont adopté une résolution appelant l’exécutif européen à rendre obligatoire l’étiquetage de toutes les viandes utilisées dans des plats préparés, et plus seulement du bœuf. Une demande fermement soutenue par Paris. 

Le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes et autres plats préparés qui a ébranlé l’Europe en 2013 pourrait faire bouger les lignes de la législation européenne en matière de traçabilité de la viande.

Le 11 février, le Parlement européen a demandé à la Commission d’élaborer une législation imposant la mention d’origine pour la viande utilisée dans les aliments transformés, ce qui représente entre 30 et 50 % de la viande produite dans les pays européens.

>>Lire: Le Parlement européen revient sur le scandale de la viande des lasagnes

Dans cette résolution non-contraignante, les parlementaires demandent à l’exécutif européen « de faire suivre rapidement son rapport de propositions législatives visant à rendre obligatoire l’indication de l’origine de la viande dans les aliments transformés ».

Tout type de viande 

Pour l’heure, seule la viande de bœuf vendue au détail doit impérativement faire l’objet d’un étiquetage. Une obligation appliquée depuis 2002 dans le sillage de la crise de la vache folle et qui prévoit l’indication du lieu de naissance, du lieu d’élevage et du lieu d’abattage,  afin de faciliter la traçabilité de la viande.

« La Commission européenne,  n’a fait que la moitié du chemin en ne s’intéressant qu’à l’étiquetage de l’origine des viandes fraîches de bœuf sans aller jusqu’à celles des viandes pour les produits transformés comme lasagnes,  pizzas, nuggets de poulets, etc,… » regrettent José Bové et Michel Rivasi, députés européens du groupe des Verts

Autre argument des eurodéputés, l’application de l’étiquetage d’origine obligatoire doit être étendue en avril 2015 à l’ensemble des viandes (volaille, porc, mouton, etc). Une échéance qui pourrait faciliter une mise en œuvre de l’obligation pour les aliments transformés.

La France en renfort

L’appel des parlementaires européen devrait trouver un allié de poids du côté du gouvernement français afin de pousser la Commission à proposer rapidement de nouvelles mesures législatives.    

« L’indication de l’origine de la viande doit être appréhendée comme un dispositif de valorisation des produits européens et non comme un élément visant à déstabiliser le marché intérieur. » a indiqué le ministère de l’agriculture français à l’issu du vote du Parlement.

>>Lire: L’UE se veut rassurante sur la crise de la viande chevaline

Selon Stéphane Le Foll, la mesure d’étiquetage et réclamée à la fois par les consommateurs, mais aussi par les  professionnels de la viande. Le ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement s’est par ailleurs engagé à « mobiliser ses partenaires pour exiger de la Commission une telle initiative législative au plus vite ».

Accélération

Le coup de pouce français pourrait ainsi accélérer la proposition de mesures législatives, d’autant que la nécessité de rétablir la confiance des consommateurs fait assez largement consensus par les institutions européennes.

Dans sa résolution le Parlement européen rappelle que les consommateurs européens sont  90 % à estimer qu’il est important que l’étiquette mentionne l’origine de la viande dans les plats préparés.

« Nous avons le devoir de réconcilier les consommateurs avec le contenu de leur assiette » a reconnu l’eurodéputée française Angélique Delahaye, membre du  groupe PPE,  qui a exprimé de sérieuses réserves sur les conséquences financières de la mesure.

Désaccords sur le cout de la mesure

Le coût de cet étiquetage supplémentaire demeure le point de blocage principal entre la Commission et au sein du Parlement européen.

>>Lire: L’étiquetage de la viande divise le Parlement européen

Selon l’exécutif européen, la hausse des prix engendrée par le dispositif pourrait atteindre 15 à 50%, et risquerait d’être répercutée sur le consommateur final. Cette estimation, réalisée par la Commission en  décembre 2013, est cependant en contradiction totale avec  les projections réalisées par l’association de consommateurs française UFC-Que choisir » qui tablait sur une hausse 0,67%.

Le lobbying outrancier de cette dernière, avec l’argument du coût, ne tient pas une seconde : pour un hachis parmentier surgelé, le coût passerait de 3,14 euros à 3,16 euros. Une paille ! Il est donc urgent d’agir dans l’intérêt des consommateurs » ont déclaré les eurodéputés socialistes français  Gilles Pargneaux et Éric Andrieu.

Réactions

«  Cet effort commun de vérité et de transparence doit, par ailleurs, permettre de sécuriser nos filières européennes » Stéphane le Foll, ministre de l’Agriculture. 

« Ce sujet a été caricaturé par les industries agro-alimentaires qui ont mis la pression sur les eurodéputés », a estimé l'eurodéputée UMP Angélique Delahaye. 

« La Commission européenne,  devant les scandales de la viande de cheval et l'émoi des consommateurs qui ont redit qu'ils avaient le droit de savoir ce qu'ils mangent et ne veulent pas être trompés, n'a fait que la moitié du chemin en ne s'intéressant qu'à l'étiquetage de l'origine des viandes fraîches de bœuf sans aller jusqu'à celles des viandes pour les produits transformés comme lasagnes,  pizzas, nuggets de poulets, etc, » ont expliqué José Bové et Michel Rivasi, députés européens du groupe Verts. 

« Après le scandale de la viande de cheval, il nous appartient de restaurer la confiance du consommateur. Nous demandons à la Commission de déposer une proposition législative pour un étiquetage obligatoire du pays d’origine, afin d’améliorer la transparence et d’apporter une information complète aux consommateurs » a déclaré le Président de la commission de l’Environnement Giovanni La Via (PPE, IT).

 « Ce n’est pas parce que le scandale a quitté la Une de l’actualité qu’il ne faut plus prendre en considération les 90% des citoyens qui veulent savoir ce qu’ils mangent et avoir toutes les informations pour choisir leur alimentation en toute connaissance de cause. Notre responsabilité, c’est de permettre leur information, et de contrôler les pratiques de l’industrie agro-alimentaire. Le lobbying outrancier de cette dernière, avec l’argument du coût, ne tient pas une seconde : pour un hachis parmentier surgelé, le coût passerait de 3,14 euros à 3,16 euros. Une paille ! Il est donc urgent d’agir dans l’intérêt des consommateurs » pour les eurodéputés PS Gilles Pargneaux et Eric Andrieu

Contexte

Le 17 décembre 2013, la Commission européenne a soumis un rapport au Parlement et au Conseil sur les conséquences probables d'une loi obligeant les producteurs à indiquer le pays d'origine ou de provenance de la viande utilisée dans les plats préparés.

Les eurodéputés estiment qu'entre 30 et 50 % de la viande produite dans les pays européens est transformée pour la production de viande hachée et de préparations à base de viande.

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