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28/09/2016

Le Parlement renforce la lutte contre les épidémies animales

Agriculture & Alimentation

Le Parlement renforce la lutte contre les épidémies animales

Un nouveau projet de loi adopté par la commission agriculture du Parlement européen vise à mettre un terme à l’épidémie des maladies animales grâce à un encadrement du recours aux antibiotiques.

Pour la première fois, un nouveau projet de loi sur la santé animale fera le lien entre le bien-être animal et la santé publique à l’échelle européenne.

« Ce lien direct et l’accent mis sur une utilisation responsable des antibiotiques vont nous aider à lutter contre la résistance aux antimicrobiens », a déclaré l’eurodéputé libéral et rapporteur de la loi, Jasenko Selimovic (ALDE).

Le texte, qui doit être officiellement approuvé par le Parlement lors de la session plénière de mars, se concentre sur la prévention et le contrôle des maladies animales transmissibles.

Plusieurs facteurs, dont le changement climatique, ont conduit à une hausse de maladies nouvelles ou réémergentes qui ont eu de graves conséquences sur les animaux.

>> Lire : Les maladies animales se multiplient sous l’effet du changement climatique

Pour 2016, l’UE a promis près de 161 millions d’euros pour soutenir des programmes d’éradication, de contrôle et de surveillance ayant pour objectif d’éliminer les maladies animales et les zoonoses (maladies transmissibles) ainsi que de renforcer la protection de la santé animale et humaine.

Dans une récente enquête de l’Eurobaromètre, plus de quatre répondants sur cinq pensent qu’il serait « justifié » de réduire les subventions versés aux agriculteurs qui ne respectent pas le bien-être des animaux.

Mettre l’accent sur la prévention

La nouvelle loi propose aussi des mesures pour empêcher ou endiguer l’épidémie de maladies animales telles que la grippe aviaire ou la peste porcine africaine.

>> Lire : Les maladies d’origine animale se multiplient dans l’UE

Elle stipule que les agriculteurs européens et autres propriétaires ou commerçants d’animaux « seront obligés d’appliquer les bonnes pratiques d’élevage et de faire un usage prudent et responsable de médicaments vétérinaires », sous la supervision de l’exécutif.

« La Commission devrait garder un œil sur l’utilisation réelle des agents antimicrobiens dans les États membres et publier régulièrement des données de comparaison et suffisamment détaillées à ces fins », peut-on lire dans le texte.

Une approche globale

Afin de garantir l’efficacité de la prévention des maladies, les eurodéputés ont aussi décidé d’impliquer le Parlement et le Conseil dans la mise en place et la mise à jour d’une liste de maladies potentiellement dangereuses, avec l’aide d’experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Par ailleurs, plusieurs parties prenantes, telles que des organisations d’agriculteurs, des associations vétérinaires et des mouvements pour le bien-être des animaux, vont élaborer et mettre à jour des plans de secours.

« Toutes les mesures de contrôle des maladies devront prendre en compte le bien-être des animaux et éloigner les espèces cibles, y compris les animaux errants, de toute souffrance, douleur ou stress évitables », peut-on lire dans le projet de loi.

Bases de données nationales pour les animaux de compagnie

Afin de limiter la propagation des maladies, les animaux de compagnie sont aussi concernés par le nouveau projet de loi européen.

Pour éviter que les animaux errants ne transmettent de maladies, les eurodéputés ont intégré des règles exigeant l’enregistrement de tous les élevages professionnels et les vendeurs. La Commission aura aussi le droit de demander aux États membres d’établir une base de données nationales des chiens et autres animaux domestiques, si nécessaire ».

Les vétérinaires, selon la loi, devraient être légalement tenus de « sensibiliser [les citoyens] à l’interaction entre la santé animale et la santé humaine et de mieux informer les propriétaires sur la question de la résistance aux traitements, y compris la résistance aux antimicrobiens ».

L’industrie de la santé animale satisfaite

IFAH-Europe, qui représente les fabricants de médicaments vétérinaires, de vaccins et d’autres produits pour la santé animale en Europe, a accueilli favorablement la nouvelle loi en déclarant qu’il s’agissait d’une reconnaissance claire du rôle important que joue la santé animale en Europe

« La prévention et le contrôle des maladies via une utilisation responsable des médicaments vétérinaires, dont les vaccins, permettent non seulement d’améliorer le bien-être animal mais aussi l’agriculture durable et la santé animale et publique », a affirmé la secrétaire générale de l’IFAH, Roxane Feller.

Selon elle, puisque les maladies n’ont pas de frontières, il est essentiel que tout soit mis en place pour protéger les animaux et les citoyens en Europe.

« Les entreprises de santé animale en Europe investissent dans des moyens innovants pour prévenir et contrôler les maladies animales. Elles espèrent toutes que le travail en cours sur les règles en matière d’aliments médicamenteux et de médicaments vétérinaires soutiendra le règlement sur les maladies animales transmissibles en simplifiant le système règlementaire pour libérer les ressources et faire place à l’innovation », a-t-elle conclu.

Prochaines étapes

  • 7-10 mars : Session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Les eurodéputés y adopteront très probablement la nouvelle loi sur la santé animale.

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