Les Français de plus en plus inquiets de la présence des pesticides dans leur alimentation

Les consommateurs français sont de plus en plus concernés par les répercussions environnementales et sur la santé engendrées par l’agriculture industrielle, selon un sondage Ifop commandé par WWF.

Les consommateurs français ont un souci grandissant concernant les enjeux écologiques et de santé liés à leur alimentation, révèle un sondage Ifop commandé par le WWF.

L’enquête, menée sur un échantillon représentatif de 1002 personnes âgées de plus de 18 ans, révèle que 93% des personnes interrogées considèrent leur santé impactée par la présence de pesticides dans les aliments consommés.

« Il y a donc en France […] une majorité de Français qui appelle à une transition agricole et alimentaire » se félicite Pascal Canfin, président de WWF France qui a commandé le sondage.

« Emmanuel Macron dit avoir le courage de réformer […]Dans le cas contraire, nous risquons fort d’assister au divorce entre le président de la République et les aspirations des Français sur le sujet [de l’alimentation] » prévient Pascal Canfin.

La société civile détaille ses propositions pour les états généraux de l’alimentation

Pas d’OGM, financer la bio, refuser les accords internationaux délétères… Cinquante ONG ont détaillé leurs propositions pour les États généraux de l’alimentation (EGA). Un article de notre partenaire le JDLE.

Désir d’être mieux informé

Les récentes polémiques suscitées par le probable rôle cancérogène du glyphosate, l’herbicide présent dans le Round Up, semblent avoir marqué le public.  En effet, 9 personnes sur 10 interrogées par Ipsos font part de leur souhait d’être mieux informées, via l’étiquetage, sur la présence de pesticides dans les aliments.

Le désir d’être mieux informé s’étend aussi à la question de la rémunération des agriculteurs.  90% des sondés souhaiteraient la mise en place d’une « transparence complète sur les prix ». L’étiquetage plébiscité indiquerait la part du prix de vente payée au producteur et au grossiste par la grande distribution.

Le sort réservé aux agriculteurs est une préoccupation grandissante dans l’opinion. L’enquête révèle que 7 sondés sur 10 se disent prêts à payer plus cher leurs aliments afin de mieux rémunérer les producteurs. En 2010, moins de 6 personnes sur 10 se disaient prêtes à une telle concession.

Le « bio » ancré dans les habitudes

Les produits certifiés « bio » sont ainsi plébiscités par les sondés : 62% des personnes interrogées affirment acheter des produits « bio » souvent ou au moins de temps en temps.

Une part qui pourrait augmenter à l’avenir, alors que 72% des sondés affirment être prêts à augmenter la part de produits « bio » dans leur alimentation, à la condition que le budget global de leurs dépenses alimentaires n’augmente pas de ce fait.

En 2014, un sondage BVA estimait qu’un français sur quatre seulement achetait des produits biologiques au moins une fois par semaine. Même si les deux études ne se recoupent pas totalement, le sondage commandé par WWF semble ainsi confirmer le souci grandissant, chez le consommateur, de mieux consommer dans une perspective écologique.

 

L'agriculture bio progresse vaille que vaille

En plein essor en France où le nombre d’agriculteurs bio a bondi de 9 % cette année, le bio n’aura plus droit aux aides au maintien dès 2018. Un choix qui risque de fragiliser la filière française, comme cela a été le cas au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

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