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06/12/2016

L’UE tente un nouvel outil pour résoudre la crise du lait

Agriculture & Alimentation

L’UE tente un nouvel outil pour résoudre la crise du lait

Les ministres européens de l’Agriculture ont adopté le 11 avril des mesures pour sortir le secteur agricole de la crise. Les éleveurs laitiers pourront désormais s’accorder pour réduire leur production de manière temporaire.

Les ministres européens de l’Agriculture ont discuté de la mise en place des mesures proposées par la Commission européenne le 14 mars dernier pour tenter de pallier le désarroi des agriculteurs. Ces mesures incluent notamment la mise en oeuvre de l’article 222 du règlement du marché commun, qui permet au secteur agricole de déroger aux règles de la concurrence et aux producteurs de s’accorder volontairement pour limiter leur production dans l’optique d’endiguer la chute des prix.

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L’acte d’exécution de l’article 222 a été publié au Journal Officiel du 12 avril.

« Il faut voir si l’article 222 va marcher », a lancé le commissaire, qui a par ailleurs invité les ministres à rencontrer les représentants des producteurs pour les encourager à utiliser ce nouvel instrument.

« Comme nous le savons tous, il s’agit d’un outil volontaire et son succès dépend au final des producteurs eux-mêmes. Cette deuxième série de mesures s’ajoute au paquet de solidarité présenté en septembre 2015 pour soutenir les efforts des agriculteurs faisant face à des difficultés persistantes. Cela démontre l’engagement très clair de la Commission en faveur du secteur agricole européen et de son futur ».

Pessimisme

« Le marché ne s’améliore pas pour le lait, il y a un léger mouvement à la hausse pour la viande de porc, mais c’est très faible. Les marchés mondiaux sont plutôt pessimistes », a déclaré le commissaire à des journalistes.

Les secteurs du lait, de la viande porcine et des fruits et des légumes font face à des difficultés d’offre excessive, notamment à cause du recul de la demande sur le marché interne, en Chine et en Russie, qui a débouché sur une crise des prix.

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La production de lait dans l’UE a encore augmenté en janvier, de 5,6 % sur un an, soit 700 000 tonnes de lait en plus en un mois sur un marché où la demande n’absorbe plus l’offre, a souligné le commissaire Hogan devant les ministres réunis à Luxembourg.

Les principales hausses ont été enregistrées aux Pays-Bas, en Allemagne et en Irlande.

Le marché du porc restait sous pression, même si « au cours des quelques dernières semaines il y a eu quelques indications de reprise et des indications claires que la demande s’ajuste », selon M. Hogan. La crise du secteur laitier est plus prononcée que celle du porc, car la production de viande est plus industrialisée et s’adapte plus facilement. Par ailleurs, la demande augmente généralement au printemps, ont expliqué certaines sources.

« La situation soulève toujours une grande inquiétude », a observé de son côté le ministre néerlandais de l’Agriculture Martijn Van Dam à l’issue de la réunion avec ses 27 homologues, dont il assurait la présidence.

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Flexibilité des règles sur les aides d’État

Par ailleurs, le commissaire a assuré que les règles sur les aides d’État allaient être rendues temporairement plus flexibles pour permettre des prêts, mais aussi des subventions directement des États membres aux agriculteurs.

« L’aide d’État doit toujours être sujette à une forme de retour de la part du bénéficiaire », a toutefois notifié M. Hogan aux États membres, comme par exemple l’engagement d’arrêter d’augmenter la production de lait.

Nouvelles opportunités

Le commissaire Phil Hogan doit par ailleurs se rendre à partir du 16 avril en Chine et au Japon, en compagnie de plus de 60 compagnies du secteur agroalimentaire, afin de « promouvoir la grande qualité des produits alimentaires européens et d’ouvrir de nouvelles opportunités », a-t-il souligné.

« Au niveau politique, nous parlerons du besoin d’un accord d’investissement et d’un accord sur les indications géographiques entre l’UE et la Chine », a-t-il assuré, qualifiant le voyage d’« offensive diplomatique ».

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La recherche de nouveaux débouchés commerciaux est une autre promesse de l’UE, faite début septembre 2015 lors de l’annonce d’un paquet de mesures d’urgence exceptionnelles, dont une enveloppe de 500 millions d’euros destinés à les soutenir.

Sur ce demi-milliard, 420 millions d’euros sont destinés à des aides directes, répartis par pays. À la fin février, 160 millions d’euros avaient été dépensés et seulement 8 États membres avaient utilisé la quasi-totalité de leur part, selon une source à la Commission. Les 28 ont jusqu’au 30 juin pour utiliser ces fonds.

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