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25/09/2016

Après les abattoirs en France, le sort des poussins mâles préoccupe l’Allemagne

Agriculture & Alimentation

Après les abattoirs en France, le sort des poussins mâles préoccupe l’Allemagne

Comme les espèces élevées pour leurs oeufs ne sont pas celles qui se mangent, des millions de poussins mâles sont abattus tous les ans.

[Rick Kimpel/Flickr]

Chaque année, en Allemagne, des millions de poussins à peine sortis de l’œuf sont broyés, faute de valeur pour l’industrie. Berlin refuse d’interdire cette pratique. Un article d’EurActiv Allemagne.

Dans les couvoirs industriels, les poussins mâles et femelles sont séparés dès la naissance. Les femelles sont emmenées vers les poulaillers pour être élevées et produire des œufs, alors que les mâles sont tués dans des broyeuses ou à l’aide de dioxyde de carbone. L’industrie ne voit pas l’intérêt de garder les poussins mâles.

Rien qu’en Allemagne, entre 45 et 500 millions de poussins sont tués tous les ans, une violation directe des lois sur le bien-être animal, selon la plupart des experts, parce que les poussins souffrent en général lors de leur mort. La coalition gouvernementale, composée de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), de l’Union chrétienne-sociale (CSU) et du Parti social-démocrate (SPD), a décidé de ne pas interdire cette pratique, pour des raisons économiques.

>> Lire : Les eurodéputés veulent exclure santé et bien-être animal du TTIP

« L’amélioration du bien-être animal ne se fait pas en interdisant des pratiques, mais en coopérant avec les éleveurs », indique Dieter Stier (CDU), qui explique qu’il faut éviter la délocalisation des élevages.

« Le flou entretenu par le ministre de l’Agriculture, Christian Schmidt, autour de ce sujet le pousse vers une faillite politique », estime pourtant Friedrich Ostendorff, porte-parole des Verts sur la politique agricole.

Les Verts veulent en effet abolir l’abattage des mâles et ont demandé au parlement d’interdire l’abattage des poussins d’à peine un jour. Les régions allemandes soutiennent cette idée. Les autorités régionales avaient déjà dénoncé le massacre des jeunes poussins, qu’elles jugent incompatible avec la législation. Le bien-être animal est une problématique très sensible en Allemagne, où il fait l’objet d’une des réglementations les plus strictes du monde le plus souvent.

Il n’y a pas qu’en Allemagne que cette pratique est encore légale. La législation européenne prévoit pourtant une réduction maximale de la souffrance lors de l’abattage des animaux. En ce qui concerne les poussins mâles, les règlements de la Commission précisent que les animaux ne peuvent être abattus après 72 heures de vie, et qu’il faut s’assurer que les machines de broyage ne soient pas surchargées. Les données récoltées avant 2009 montrent que plus de 330 millions de poussins d’un jour ont été tués dans l’UE.

En France, des scandales ont récemment éclatés après la publication de vidéos tournées dans des abattoirs, qui montrent la négligence et parfois la cruauté des employés et l’inefficacité des processus de mise à mort. Une commission d’enquête parlementaire a été lancée, et le gouvernement s’est engagé à surveiller plus sérieusement les abattoirs, où la violence de certains comportements est dénoncé par l’association militante L214, notamment dans cette vidéo.

>> Lire : Le Parlement renforce la lutte contre les épidémies animales

 

Contexte

Animal welfare is an extremely sensitive issue in Germany and the German Animal Welfare Act is some of the strictest legislation in the world, affording animals far-reaching protection. According to the law they are fellow creatures. At the same time, animal research is explicitly allowed, but it must always be shown that the goal of the experiments cannot be reached using other methods or techniques.