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07/12/2016

Le Parlement revient à la charge sur l’indication d’origine des aliments

Agriculture & Alimentation

Le Parlement revient à la charge sur l’indication d’origine des aliments

Les eurodéputé veulent restaurer la confiance des consommateurs.

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Les eurodéputés ont réitéré leur demande d’imposer l’indication d’origine sur les étiquettes de tous les produits laitiers et la viande, et espèrent un proposition législative de la part de Bruxelles.

Il y a trois ans, le scandale de la viande de cheval révélait le manque de transparence de la chaine alimentaire. Depuis, le Parlement et la Commission débattent des moyens d’améliorer l’étiquetage alimentaire.

Le Parlement a déjà approuvé plusieurs résolutions non contraignantes demandant à l’exécutif de rédiger une proposition législative. Le 12 mai, à Strasbourg, une majorité d’eurodéputés (422 pour, 159 contre et 68 absentions) ont répété leur volonté de rendre obligatoire l’indication du pays d’origine pour tous les produits laitiers et la viande, afin de rétablir la confiance des consommateurs.

Les élus européens estiment également que la Commission devrait envisager un élargissement de la législation sur les aliments mono-ingrédient, afin qu’elle couvre également les produits ayant un ingrédient principal. Les législateurs soulignent que cette mesure ne coûterait pas grand-chose aux producteurs.

>> Lire : L’étiquetage de la viande divise le Parlement européen

FoodDrinkEurope, qui représente l’industrie alimentaire et des boissons auprès de l’UE, estime cependant que la mesure aurait des conséquences négatives sur la compétitivité de toutes sortes d’entreprises européennes.

« Forcer les entreprises à dévoiler le pays d’origine des ingrédients des aliments transformés nécessite la mise en place d’une différenciation des lots et lignes de production en fonction des pays. Cela limiterait la possibilité d’acheter des ingrédients de sources diverses, rendrait la chaine d’approvisionnement moins efficace et la production plus chère et créerait plus de gaspillage alimentaire », assure l’association.

Une résolution « irréaliste » et « populiste »

Les objections de l’industrie ont été soutenues par le Parti populaire européen (PPE), la plus grande formation du Parlement européen, qui a qualifié la résolution d’« irréaliste » et de « populiste ».

« La pression exercée sur les prix pratiqués par les agriculteurs et les PME augmenterait, alors même que les consommateurs ne sont pas disposés à accepter une alimentation plus chère et ne s’intéressent pas à l’étiquetage du pays d’origine », estime Renate Sommer, responsable de la résolution pour le PPE.

« La Commission européenne a fait une évaluation d’impact sur l’indication obligatoire du pays d’origine pour le lait, les produits dérivés du lait et la viande ayant de faibles parts de marché. Le résultat indique que cette mesure augmenterait le prix des aliments, et l’intérêt des consommateurs est faible comparé à d’autres facteurs », poursuit-elle.

L’argument du prix évoqué par le PPE et les représentants des entreprises et pourtant jugé faible,… par certains membres du PPE eux-même.

« Certains arguent de l’augmentation des coûts et des charges administratives pour rejeter cette résolution.  Mais les agriculteurs, comme les transformateurs, ont déjà l’obligation de traçabilité.J’ai donc du mal à croire que demander plus de transparence entraînerait une si grande complication » a rappelé lors du débat l’eurodéputée française Angélique Delahaye (PPE).

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), s’est quant à lui félicité de la résolution, qui montre que le Parlement a entendu les 80 % de consommateurs qui disent vouloir savoir d’où provient leur nourriture.

« Nous comptons à présent sur la Commission pour tenir compte du vote d’aujourd’hui et appliquer une indication d’origine obligatoire à ces types de produits », a déclaré Ilaria Passarani, responsable du département santé et alimentation au BEUC.

>> Lire : La Commission veut rétablir la confiance envers l’industrie agro-alimentaire

Contexte

Depuis quelques années, les consommateurs européens exigent de plus en plus de connaître l'origine de ce qu'ils mangent.

Certains opérateurs industriels y voient une opportunité marketing et communiquent déjà sur l'origine de leurs produits.

Des indications telles que « made in », « product of », etc. se multiplient sur les étiquettes alimentaires, ainsi que des drapeaux, des symboles ou des images qui peuvent indiquer directement l'origine du produit.

Toutefois, à l'exception d'un nombre limité de produits, comme les fruits et légumes, le bœuf, le poisson ou les œufs, couverts par des règles spécifiques, la plupart des aliments vendus dans l'UE n'ont aucune indication d'origine.

Prochaines étapes

  • 13 décembre : Entrée en vigueur de l'obligation d'indication des valeurs nutritives sur les aliments transformés dans l'UE.

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