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22/01/2017

Rome ne veut pas de lait en poudre dans son parmesan

Agriculture & Alimentation

Rome ne veut pas de lait en poudre dans son parmesan

En Italie, l'idée d'un fromage fait à base de lait en poudre suscite une vive opposition.

[Corrado Riccòmini/Flickr]

Le gouvernement italien n’a aucune intention de modifier la loi nationale qui interdit l’utilisation de lait en poudre pour la fabrication de produits laitiers, contrairement aux vœux de Bruxelles. Un article d’EurActiv Italie.

Pas question d’accepter des modes de fabrication industriels. Face aux demandes répétées de l’UE, la péninsule italienne tient bon pour défendre la qualité de ses produits laitiers, comme il s’y était engagé devant les électeurs selon Maurizio Martina, ministre de la Politique agricole.

La Commission européenne estime que la loi italienne interdisant la production de lait et de produits laitiers à partir de lait condensé ou de lait en poudre pourrait fausser la concurrence. Elle devrait donc être modifiée, selon Bruxelles. Une opinion contestée par de nombreux éleveurs et fromagers, qui ont manifesté contre ce qu’ils appellent le « fromage sans lait » en juillet dernier à Rome.

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À l’occasion de cette manifestation, Maurizio Martina et Gian Luca Galletti, ministre de l’Environnement, avaient assuré les producteurs du soutien du gouvernement, qui entend bien défendre la loi italienne, considérée comme nécessaire au maintien de la qualité des fromages locaux.

Le gouvernement italien a donc répondu à la demande de Bruxelles de modifier la loi nationale en invoquant la liberté des États membres de prévoir des normes plus restrictives que les lois européennes, s’il n’existe pas d’approche européenne harmonisée du sujet. Le gouvernement assure en outre que la loi italienne en question n’est pas une menace pour la concurrence, puisqu’elle n’interdit pas la vente de fromages à base de lait en poudre fabriqués ailleurs en Europe.

« Il s’agit d’un choix juste pour la défense de la qualité des produits laitiers italiens, surtout dans la période de fragilité des marchés que nous connaissons », a déclaré Maurizio Martina, qui entend demander à la Commission de se pencher à nouveau sur les règles d’étiquetage des produits dérivés du lait, « afin de donner des informations toujours plus transparentes aux consommateurs ».

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Roberto Moncalvo, directeur de Coldiretti, une organisation qui représente les producteurs agricoles aux niveaux national et européen, s’est déclaré satisfait de la réponse du gouvernement, et rappelle que cette action est soutenue par « une pétition signée par des dizaines de milliers d’Italiens après la mobilisation des agriculteurs à Bruxelles ».

Selon Coldiretti, la modification de la loi italienne entrainerait « la disparition de 487 fromages traditionnels des régions italiennes » et menacerait « un patrimoine gastronomique hérité de générations d’Italiens, avec des conséquences économiques, écologiques et sur le plan de l’emploi ».

Reste à savoir comme l’UE réagira au refus de l’Italie de modifier sa loi. Ces dernières semaines, certains eurodéputés ont en effet demandé à l’exécutif européen de retirer sa demande, étant donné le poids économique de l’industrie fromagère italienne. Phil Hogan, le commissaire à l’agriculture, s’est jusqu’ici limité à proposer le recours à un étiquetage plus adéquat des fromages à base de lait en poudre.

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