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28/06/2016

Des pêcheurs espagnols en pèlerinage contre la règlementation sur la pêche

Agriculture & Alimentation

Des pêcheurs espagnols en pèlerinage contre la règlementation sur la pêche

La pêche représente une grande part de l'activité économie que Galice.

[Armando G Alonso/Flickr]

Le 3 mars, des milliers de personnes ont bravé la pluie galicienne pour manifester contre un projet de loi régional sur la pêche, à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Marins et pêcheurs, mais aussi défenseurs de l’environnement, syndicats et partis politiques de l’opposition, se sont acheminés par les terres vers la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle pour se rassembler dans le centre historique et manifester contre le projet de loi sur l’aquiculture, qui menace de « paralyser » le secteur, assure-t-il. L’industrie halieutique est extrêmement développée en Galice.

« La mer n’est pas à vendre », lit-on sur les banderoles. Les manifestants considèrent que les nouvelles règles espagnoles, qui découlent du droit européen, les emmènent vers « une mort certaine » et demandent un changement de cap. En Espagne, le secteur de la pêche représente environ 41 500 emplois et la moitié de la flotte est en Galice.

>> Lire : L’Espagne veut redistribuer les quotas de pêche non utilisés

La proposition de loi du gouvernement régional pourrait entrainer la disparition de l’évaluation de l’impact écologique, l’exploitation de zones protégées, et l’introduction d’espèces étrangères. Elle pourrait aussi avoir des conséquences néfastes sur la qualité de l’eau et cause davantage de pollution.

Les assurances de José Ramón Gómez Besteiro, secrétaire général du parti socialiste de Galice (PSdeG), qui promet qu’aucune décision qui serait négative pour le secteur n’a été prise, ne sont pas parvenues à calmer les esprits dans une région qui dépend en grande partie de la pêche.

Sur la place principale de Saint-Jacques-de-Compostelle, devant la cathédrale qui marque la fin du célèbre pèlerinage, les manifestants ont dénoncé l’inaction du gouvernement régional, de Madrid et de l’UE, les accusant de ne pas assez les défendre.

Ils souhaitent une modification du « système obsolète » du total admissible des captures [TAC] et de quotas qui « n’enrichissent qu’une minorité », ainsi qu’un soutien tangible aux pêcheurs de mollusques de la région et qu’une meilleure promotion des techniques de pêche traditionnelle et des produits galiciens.

Ils exigent également plus de financements pour faire avancer les recherches scientifiques sur les phénomènes qui ont des effets néfastes sur la faune et la flore marine, comme les marées rouges, la floraison sporadique d’une algue, encore peu comprise. Ces mesures créeraient « de l’emploi et de la richesse » en Galicie, assurent les manifestants.

« La mer est notre avenir. Saint-Jacques [où siège le gouvernement régional] n’est pas sur la côte, donc la mer a dû venir à Saint-Jacques », expliquent les organisateurs du rassemblement.

« Sans la mer, la Galice n’existe pas », renchérit Juan Manuel Fajardo, membre de l’alternative de gauche pour la Galice (AGE).

>> Lire : Petite avancée pour limiter la pêche en eau profonde