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29/09/2016

Les jeunes agriculteurs reprochent à la PAC de favoriser les plus vieux

Agriculture & Alimentation

Les jeunes agriculteurs reprochent à la PAC de favoriser les plus vieux

Dans une interview avec notre partenaire EFEAgro, le président du Conseil européen des jeunes agriculteurs demande des aides supplémentaires pour les jeunes agriculteurs, et dénonce les gouvernements qui privilégient les vétérans.

Malgré des « progrès » et l’introduction de mesures pour encourager les jeunes agriculteurs grâce à la politique agricole commune (PAC), ce n’est « toujours pas assez » et la répartition des aides doit être revue, selon Alan Jagoe, président du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA).

Lire : La PAC, une œuvre toujours inachevée

Actuellement, les agriculteurs de moins de 40 ans qui se lancent dans le secteur sont éligibles pour une aide supplémentaire. Les subventions sont ainsi augmentées de 25 % pendant les cinq premières années d’activités.

Le président du CEJA a admis qu’il s’agissait d’un « bon début » et salué ces résultats, mais il a sommé l’UE de se concentrer davantage sur les producteurs « actifs ».

Selon lui, le système de subventions actuel, fondé sur le nombre d’hectares, a souvent pour conséquence que ceux « qui en font très peu, le minimum » récoltent les aides.

Les gouvernements privilégient les vétérans

Il a également fait remarquer que la jeune génération d’agriculteurs a l’impression que leur gouvernement ne les aide pas suffisamment et privilégie les agriculteurs plus expérimentés.

« Il faut qu’ils écoutent les nouvelles générations, ce sont eux les futurs producteurs qui nourriront la planète ; ce sont des innovateurs et ils ont d’excellentes idées », a-t-il ajouté.

Selon les données du CEJA, en 2010 seulement 7 % des agriculteurs européens avaient moins de 35 ans, alors que 33 % d’entre eux avaient moins de 65 ans et 50 % avaient plus de 55 ans. La Pologne a la part la plus importante de jeunes agriculteurs avec 14 % d’agriculteurs polonais de moins de 35 ans.

La Finlande serait l’exemple à suivre pour la collaboration entre le gouvernement et les jeunes, et le Royaume-Uni le mauvais élève dans ce domaine.

Si les jeunes générations ont conscience que l’actuelle crise agricole au sein de l’UE est sans précédent et affecte tous les producteurs, la confiance et l’optimisme commencent à s’étioler.

Des problèmes persistants

Le prix de la terre est l’un des problèmes majeurs que rencontrent les jeunes agriculteurs, particulièrement marqué dans les pays au climat aride comme l’Espagne, où l’irrigation représente un défi. Pour contrer ce phénomène, le CEJA encourage des solutions alternatives comme la location de terrains et la « coopération avec des agriculteurs vétérans ».

L’accès garanti à un crédit et des liquidités pour se mettre en selle est une difficulté supplémentaire.

L’association a d’ailleurs mentionné des options supplémentaires comme la production biologique, en particulier dans les pays qui ont une forte demande comme l’Allemagne et l’Autriche.

En ce qui concerne les femmes, le représentant du CEJA a déclaré qu’il était grand temps que le « préjugé traditionnel », réservant les champs aux seuls hommes, disparaisse. « Les agricultrices que je connais réussissent mieux que mes collègues masculins », a conclu Alan Jagoe.

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