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02/12/2016

62 personnes détiennent plus de richesses que 3,5 milliards d’humains

Aide au développement

62 personnes détiennent plus de richesses que 3,5 milliards d’humains

Les 1 % les plus riches du monde possèdent davantage que les 99 % restants, selon un nouveau rapport d’Oxfam, qui déplore des inégalités toujours plus fortes.

Le fossé entre les plus riches et les plus pauvres s’est encore creusé en 2015, selon le rapport d’Oxfam sur les inégalités.

Chaque année, l’ONG Oxfam publie un rapport donnant les grandes tendances de l’inégalité dans le monde. Et pour l’année 2015, le constat fait depuis plusieurs années est encore le même : la richesse se concentre toujours davantage dans les mains des 1% les plus riches, qui possèdent désormais plus de richesses que le reste de la population mondiale.

Par ailleurs, selon les données compilées par le rapport, les 62 personnes les plus riches du monde détenaient à elles seules plus que la moitié la plus pauvre. Et cette concentration des richesses s’accentue depuis plusieurs années.

Concentration des richesses

En 2010, 388 personnes possédaient une richesse égale à la moitié la plus pauvre de la population. En 2011 les richesses étaient concentrées dans les mains d’un nombre encore plus réduit d’individus ( 177) puis en 2014 le chiffre est tombé à 80.

>>Lire : Les inégalités deviennent alarmantes au niveau mondial, estime Oxfam

« Les dirigeants du monde s’inquiètent de l’aggravation de la crise des inégalités sans pour autant prendre des mesures concrètes. Le monde est devenu beaucoup plus inégalitaire et la tendance s’accélère. Nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider sont amassées par quelques personnes en haut de l’échelle » explique Manon Aubry, responsable plaidoyer Justice fiscale et inégalités d’Oxfam France.

Réduction de la pauvreté

Pourtant, l’année 2015 a été celle de la réduction du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Selon les prévisions d’octobre de la Banque mondiale, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté est passé sous la barre des 10 % en 2015, soit de 902 à 702 millions de personnes entre 2012 et 2015.

Une performance très largement saluée par la communauté internationale, et qui semble mettre le monde sur le rail pour une disparition de l’extrême pauvreté d’ici à 2030 comme le prévoient les objectifs de développement durable (ODD.

>>Lire : Les ODD, c’est quoi ?

Mais si les inégalités ne s’étaient pas aggravées au sein des pays entre 1990 et 2010, Oxafm estime dans son rapport que «  200 millions de personnes supplémentaires auraient pu sortir de la pauvreté. »

Et ce chiffre aurait même pu atteindre 700 millions si les pauvres avaient davantage bénéficié de la croissance économique que les riches.

Partage inégal de la croissance

En effet, la concentration toujours plus importante des richesses provient entre autres du fait que la croissance mondiale ne profite qu’à une certaine partie de la population.

Le revenu annuel moyen des 10 % les plus pauvres a augmenté de moins de 3 dollars par an au cours de ce dernier quart de siècle, ce qui équivaut à une augmentation du revenu bien inférieur à l’inflation.

>>Lire : Un changement de statistique fait étrangement chuter le nombre de pauvres dans le monde

A l’inverse, les personnes déjà fortunées ont bénéficié d’un taux de rendement du capital (intérêts, dividendes, etc.) constamment plus élevé que le taux de croissance économique, souligne le rapport.

Une méthode contestée

La méthode employée par l’ONG pour établir ces statistiques a souvent été critiquée, car elle s’appuie sur un indicateur contestable, celui du patrimoine net.

Cet indicateur, sur lequel s’appuie le Crédit Suisse, source du rapport d’Oxfam, prend en compte les actifs détenus par chaque individu en retirant les dettes. Un calcul qui va placer une personne dont le niveau d’endettement dépasse son patrimoine dans la catégorie des « patrimoines nets négatifs ». Cette dernière sera donc considérée comme plus pauvre qu’une autre personne qui ne possède rien du tout.

Selon Oxfam, cette catégorie de personnes qui viennent gonfler les statistiques des plus pauvres est cependant très minoritaire, et ne représenterait environ 0,25%, 

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