Bill Gates lance un appel à l’aide pour les agriculteurs les plus pauvres

Agriculteurs au Burundi, 2011. [PWRDF/Flickr]

Le 1er septembre, Bill Gates a demandé plus de fonds pour aider les agriculteurs les plus pauvres à faire face au changement climatique. 

Pour le milliardaire américain, la question de l’alimentation demeure un enjeu crucial face au changement climatique. Son appel vise à pousser les pays industrialisés à débloquer des fonds pour les petits agriculteurs lors des négociations climat qui auront lieu à Paris à la fin de l’année.

Cette volonté d’aider les pauvres s’inscrit dans la continuité de l’encyclique du pape, publiée en juin, dans laquelle le souverain pontife fait un lien entre pauvreté, inégalité et dégradation environnementale.

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Dans un article publié sur son GatesNote blog, Bill Gates écrit qu’il est essentiel de protéger les petits exploitants dans les pays les plus pauvres du monde, car ils produisent une part de plus en plus importante des denrées alimentaires mondiales, et qu’ils sont menacés par le changement climatique.

« Pour les agriculteurs les plus pauvres, la vie est un exercice de haute voltige, sans filet de sécurité. Ils n’ont pas accès à des semences améliorées, à des engrais, à des systèmes d’irrigation et à d’autres technologies avantageuses comme les agriculteurs des pays riches », écrit Bill Gates. « Désormais, le changement climatique va encore compliquer leur vie… De toutes les personnes qui souffriront du changement climatique, ce sont ceux qui en pâtiront le plus.  »

Les conseillers de Bill Gates ont déclaré que cette intervention avait pour but d’orienter plus de fonds pour le climat vers les plus pauvres et vers des mesures qui pourraient protéger les petites exploitations de conditions météorologiques extrêmes et autres risques attendus dans les années à venir.

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« Il veut s’assurer que l’argent est dépensé dans ce qui, selon lui, est la priorité absolue : la vulnérabilité alimentaire des plus pauvres », a déclaré Geoffrey Lamb, conseiller économique et politique de la fondation. 

Selon Bill Gates, les priorités sont une meilleure gestion de l’eau, pour que les sécheresses fassent moins de dégâts, et la recherche, pour développer des semences résistantes à la sécheresse et aux insectes et qui ne nécessitent pas trop d’engrais couteux. Tout ne tourne pas autour des technologies, a rappelé Geoffrey Lamb.

« Nous cherchons à dire : ‘écoutez, nous avons un rôle important dans le développement mondial pour soutenir les petites exploitations agricoles, la recherche et le développement dans ce domaine. Bill Gates pense qu’il est absolument indispensable que lorsque nous pensions à un avenir plus chaud, plus sec et menacé par le climat, nous pensions aux personnes qui ont très peu de marge entre eux et une véritable crise », a déclaré le conseiller.

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La collecte de fonds pour le financement de la lutte contre le réchauffement climatique est perçue comme un prérequis à un accord climatique fort. Des diplomates se sont réunis à Bonn cette semaine pour l’un des derniers cycles de négociations officiels avant Paris.

Jusqu’à présent, les gouvernements n’ont promis de contribuer au Fonds vert pour le climat qu’à hauteur de 10 milliards de dollars [9 Md d’euros], loin de la précédente promesse de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour aider les économies en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à protéger les populations du changement climatique.

Par ailleurs, le Fonds vert pour le climat a fait l’objet de critiques pour ses priorités, notamment pour ses transactions avec des grands financeurs du secteur du charbon.

Avec une dotation de 43 milliards de dollars [38 Md d’euros], la fondation Bill et Melinda Gates est la plus grande organisation caritative au monde. Elle exerce une influence énorme sur la politique de développement mondiale. La Fondation Gates a déclaré dépenser environ 390 millions de dollars dans des programmes d’aide aux petits exploitants, soit plus de 10 % du total de ses dons. L’organisation travaille aussi avec le Fonds vert pour le climat pour décider de l’orientation des fonds.

Le Guardian a exhorté la fondation à désinvestir dans le charbon, le pétrole et le gaz, car la majorité des combustibles fossiles ne peuvent pas être brulés sans conséquences dangereuses pour le climat. Bill Gates a rejeté l’idée du désinvestissement, mais a déclaré qu’il investirait 2 milliards de dollars dans des technologies pour énergies renouvelables.