EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

27/08/2016

Bruxelles cherche des volontaires pour lutter contre Ebola en Afrique

Aide au développement

Bruxelles cherche des volontaires pour lutter contre Ebola en Afrique

Personnel médical à la Sierra Lone. Le 2 aout 2014. [DG ECHO/Flickr]

L’UE veut mobiliser davantage de personnel médical, notamment des volontaires, pour les envoyer au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, les pays les plus touchés par l’épidémie. 

Alors qu’Ebola continue de semer la mort en Afrique occidentale, des spécialistes de la Commission européenne ont donné une conférence de presse au cours de laquelle ils ont dressé un tableau des besoins financiers, humains et matériels pour lutter contre le virus. 

Renforcer les aides

Il existe a un écart important entre les ressources disponibles et les besoins, notamment pour ce qui est du nombre de lits. Au Libéria, environ 1 100 lits sont disponibles. Il en faudrait environ trois fois plus.

« Tout d’abord, il faut apporter plus de personnel médical. Nous devons mobiliser des équipes étrangères, faire appel aux États membres, recruter des volontaires, les envoyer sur le terrain », insiste un spécialiste.

Selon certaines sources, des groupes de travail regroupant des services de la Commission et des représentants des États membres se réunissent quotidiennement à Bruxelles. En outre, les Nations unies et des ONG sont associées à ce projet de manière hebdomadaire.

À ce jour, l’aide internationale s’élève à plus de 450 millions d’euros, dont 180 millions en provenance de l’UE et 300 millions de certains États membres, parmi lesquels la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne. Cette assistance financière semble toutefois insuffisante face à l’ampleur du problème.

>> Lire : L’UE double son aide pour lutter contre l’Ebola en Afrique occidentale

Sur le terrain, les principaux acteurs sont Médecins Sans Frontières, mais également l’Organisation mondiale de la santé et la Croix-Rouge internationale.

>> Lire l’interview de MSF: “La lutte contre Ebola est comme une guerre 

La Grande-Bretagne et les États-Unis font figure d’exemples

Un représentant de la Commission a cité l’exemple de la Grande-Bretagne et des États-Unis qui ont mobilisé des troupes de manière efficace en réponse à la crise ouest-africaine. En effet, 3 000 Américains ont été envoyés au Libéria, alors que plusieurs centaines de Britanniques devraient arriver en Sierra Leone.

Quelque 600 soldats américains seraient déjà arrivés au Libéria avec du matériel, afin de construire des centres médicaux et de former le personnel médical sur place.

Le problème du rapatriement

Les spécialistes indiquent cependant que les possibilités limitées de rapatriement en cas de contagion du personnel occidental pourraient entraver davantage le déploiement de troupes.

« Nous n’avons pas d’avion prêt à décoller. Ce que nous avons, c’est l’assurance de trouver un avion. Si nous avons trop de cas en même temps, il y aura un problème. Il sera difficile de réagir si plus de deux cas se déclarent simultanément », conclut le spécialiste.

Les spécialistes comptent donc demander aux pays membres de l’UE de leur fournir des avions militaires équipés de la technologie adaptée, des avions conçus pour de telles situations, ou munis d’une « bulle » propre au transport de personnes potentiellement souffrantes du virus.

« Ce n’est pas une pandémie »

Un représentant de l’UE a affirmé que l’épidémie d’Ebola n’est pas une pandémie. « Si terrible que soit l’épidémie, elle est toujours localisée. Elle sévit dans trois pays d’Afrique occidentale », rappelle-t-il.

Il a cependant ajouté que si l’épidémie persiste en Afrique de l’Ouest, les risques de voir des « cas importés » dans le reste du monde augmentent.

« L’épidémie se propagerait-elle en Europe de la même manière qu’en Afrique ? Certainement pas, les conditions sont trop différentes », rassure cependant l’expert.

Un vaccin sur les bancs d’essai

La société GlaxoSmithKline a avancé dans l’élaboration d’un vaccin et des essais cliniques sur des humains ont déjà été réalisés. Selon les experts, l’UE n’a pas eu besoin d’intervenir dans le financement de ces recherches, qui a été assuré par d’autres bailleurs de fonds. 

Dépistage au départ et fausses alertes

Les spécialistes indiquent également que le dépistage au départ est l’un des instruments les plus efficaces dans la lutte contre la propagation d’Ebola. Il s’agit de s’assurer que toutes les personnes quittant le sol des pays à risques ne soient pas contaminées. Ce système fonctionne déjà au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée.

Le dépistage de départ ne peut cependant être considéré comme une garantie absolue. La période d’incubation d’Ebola est de 21 jours, il est donc possible d’être porteurs sans que les symptômes ne s’expriment. La maladie n’est contagieuse que lorsque les symptômes apparaissent, c’est pourquoi il est important d’informer les voyageurs sur les mesures à prendre quand les symptômes apparaissent, expliquent les spécialistes.

La Commission a publié des informations à l’attention des voyageurs qui entrent ou sortent des zones à risque dans toutes les langues de l’UE.

Selon ces instructions, une personne revenant d’Afrique occidentale chez qui des symptômes se manifestent ne devrait pas se précipiter à l’hôpital, mais contacter les autorités médicales avant de se présenter, afin que celles-ci soient préparées à les accueillir.

Avec l’arrivée de la saison de la grippe, les fausses alarmes risquent néanmoins de se multiplier. 

Contexte

Quelque 4 000 personnes en Guinée, à la Sierra Leone, au Libéria et au Nigéria. Elle s'est aussi propagée au Sénégal.

Ebola est un type de fièvre hémorragique qui se transmet par le sang, la transpiration ou le vomi des malades. Les personnes travaillant en contact avec les malades sont donc extrêmement vulnérables.

L'OMS estime qu'il faudra entre six et neuf mois pour contenir l'épidémie et que celle-ci affectera jusqu'à 20 000 personnes.

Quatorze des quinze départements du Libéria ont fait état de cas confirmés. Dès qu'un nouveau centre de traitement d'Ebola est ouvert, il est immédiatement envahi de patients.

Le gouvernement du pays a annoncé le prolongement du couvre-feu nocturne national imposé le mois dernier pour ralentir la propagation du virus.

Il n'existe à ce jour aucune analyse macroéconomique de l'impact de l'épidémie sur l'Afrique occidentale, les chiffres du FMI n'indiquent pour l'instant qu'une modeste baisse de la croissance pour le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée. Les ONG présentes décrivent cependant une situation « catastrophique ».

Le premier cas d'Ebola en Europe a été signalé en Espagne.

Prochaines étapes

 

  • 16 octobre : Réunion des ministres de la Santé ; Ebola est à l'agenda
  • 20 octobre : Réunion des ministres des Affaires étrangères ; Ebola est à l'agenda
  • 23-24 octobre : Réunion des dirigeants de l'UE ; Ebola est à l'agenda