Bruxelles réfléchit à débloquer une aide humanitaire pour la Grèce

Neven Mimica : l'UE ne peut pas aider ses partenaires à lutter contre la pauvreté sans prendre en compte l'aspect sécuritaire. [Parlement européen]

Après Martin Schulz, le président du Parlement, le commissaire européen au développement, Neven Mimica, a évoqué la possibilité de mettre en place un programme d’aide humanitaire pour la Grèce.  

Il y a une semaine, la Grèce est devenue la première économie développée à ne pas pouvoir rembourser une dette envers le Fonds monétaire international (FMI). Depuis six mois, la Grèce et ses créanciers internationaux, le FMI, la Banque centrale européenne et l’UE, discutent des réformes à apporter au deuxième programme de renflouement du pays, à la demande d’Athènes. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, tente en effet de tenir ses promesses de campagne et de mettre un terme à une austérité qui étouffe le pays.

>> Lire : L’austérité a fragilisé de nombreux droits fondamentaux en UE

Jusqu’ici, les négociations n’ont pas abouti et le Premier ministre grec a convoqué un référendum d’urgence dimanche dernier. Une grande majorité de Grecs ont alors rejeté les propositions avancées par les créanciers.

Si l’heure est encore à la réflexion après l’issue de ce référendum, des discussions sur l’aide humanitaire, au développement, régionale et structurelle devront rapidement être mises en route, a estimé Neven Mimica, le commissaire à la coopération internationale et au développement.

« Je dirais que cela sera une partie importante de la discussion au niveau européen », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « L’UE a assez d’outils et de mécanismes internes pour répondre aux besoins des États membres. »

Martin Schulz demande une aide humanitaire

Martin Schulz, président du Parlement européen, s’est rendu à Athènes ce week-end et a ouvertement milité en faveur du « Oui » au référendum. Il a d’ores et déjà appelé l’UE à envoyer de l’aide humanitaire en Grèce.

Le président du Parlement a expliqué que les Grecs se trouveraient sans doute dans une situation bien plus difficile cette semaine, et que le sommet de l’Eurogroupe devrait aborder la question d’un programme d’aide humanitaire pour la Grèce.

« Les citoyens ordinaires, les retraités, les malades et les jeunes enfants ne devraient pas payer le prix de la situation dramatique dans laquelle le pays et le gouvernement se sont mis. Il est donc nécessaire de mettre en place un programme d’aide humanitaire immédiatement, et j’espère que, dans les prochaines heures, le gouvernement grec fera des propositions claires et constructives rendant possible une renégociation. Si ce n’est pas le cas, nous entrons dans une période très difficile, et même catastrophique », a déclaré Martin Schulz lors de sa première interview après la confirmation du résultat du référendum.

>> Lire : La victoire de Syriza brave l’austérité en Europe

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a également exprimé son souhait de voir la question de l’aide humanitaire abordée lors du sommet.

« Nous devons répondre à leurs besoins très rapidement. Le peuple [grec] a besoin d’aide et nous ne devrions pas lui refuser cette aide parce que nous sommes mécontents du résultat du référendum », a-t-il déclaré le 6 juillet aux journalistes de l’AFP.

>> Lire : En Grèce, le taux de mortalité des nouveau-nés grimpe en flèche

Contexte

Dimanche 5 juillet, la majorité des Grecs ont voté pour le « Non » au référendum sur les propositions de réformes des créanciers du pays. Le 7 juillet, un sommet de la zone euro se penchera sur les conséquences du vote.

À Athènes, des milliers de Grecs euphoriques ont envahi la place Syntagma, sous les drapeaux et feux d'artifice, à l'annonce des résultats : 61 % des électeurs avaient rejeté l'accord proposé le 26 juin.

>> Lire : Le « non » grec au référendum ébranle l'Europe

Prochaines étapes

  • 7 juillet : Sommets de l'Eurogroupe et de la zone euro à Bruxelles.