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23/01/2017

Des eurodéputés se rendent dans des centres d’accueil pour migrants en Sicile

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Des eurodéputés se rendent dans des centres d’accueil pour migrants en Sicile

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EurActiv Italie

Des représentants des commissions Budget et Libe du Parlement européen se sont rendus en Sicile pour évaluer la crise migratoire. Les discussions des États membres sur la stratégie européenne restent tendues. 

« Le projet de l’UE pour l’accueil des migrants ne fonctionnera que s’il est mis en place correctement et dans son entièreté, et pas si l’idée de départ d’une application partielle est retenue », a jugé le sous-secrétaire italien à l’immigration, Domenico Manzione. L’Italien a ajouté que l’Europe devait pousser plus loin sa réflexion sur « la nécessité de partager le phénomène migratoire ».

Ce membre du ministère de l’Intérieur chargé de l’immigration s’est adressé aux journalistes à l’occasion de la visite en Sicile d’une délégation d’eurodéputés. 18 représentants des commissions Budget et Libe (libertés civiles, justice et affaires intérieures) se sont rendus dans des centres d’accueil siciliens. Leur but était de se rendre compte de l’impact et de l’utilisation des fonds européens alloués à l’Italie pour l’aider à gérer l’afflux d’immigrants.

>> Lire : Ambassadeur italien : « L’immigration illégale est désormais au programme de l’UE »

Les eurodéputés ont rencontré les ONG actives sur le terrain et les représentants des autorités locales, avant de s’entretenir avec les fonctionnaires de Frontex, du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO), d’Europol, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et des représentants de la marine militaire italienne. Ils se sont ensuite rendus à Mineo, où se trouve le plus grand centre d’accueil pour demandeurs d’asile en Europe.

Pour Domenico Manzione, cette visite est importante, puisque « le Parlement aura son mot à dire » sur le programme proposé par la Commission, dont discutent à présent les États membres, dans une ambiance pas toujours détendue. Il est donc fondamental, insiste-t-il, que « les membres de ces deux commissions se rendent compte par eux-mêmes de la gravité de la situation, du sauvetage, de l’accueil initial, des premiers secours ».

D’autres eurodéputés se sont déjà rendus en Italie pour évaluer la situation. C’est par exemple le cas de l’Irlandaise Martina Anderson, qui a dénoncé la politique de retour forcé lors d’un déplacement sur l’île de Lampedusa. « Personne ne peut visiter les centres d’accueil [de première ligne] sans être profondément touché par les expériences pénibles traversées par les migrants […] Certains sont renvoyés vers les conditions horrifiantes auxquelles ils tentaient d’échapper. Enfermer les migrants en Sicile ou les renvoyer vers des zones de guerre n’est pas une solution à cette crise. Nous devons fonder notre action sur l’aide humanitaire », assure-t-elle.

>> Lire : L’immigration crispe les dirigeants européens réunis à Bruxelles

Ces discussions entre les États ont une importance particulière en Italie, l’un des pays en première ligne de la vague d’immigration actuelle, avec la Grèce, notamment.

En avril, suite à une série de naufrages particulièrement meurtriers dans la Méditerranée, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker avait tenté de convaincre les États membres de la nécessité de mettre en place un cadre commun nouveau sur l’immigration légale et d’accueillir plus de réfugiés. L’objectif de la Commission était, notamment, de soulager la pression migratoire subie par les pays méditerranéens, afin que tous les États membres partagent le fardeau de l’immigration. Ces propositions avaient été rejetées par les États.

>> Lire : Le Conseil européen rejette les conseils de Juncker sur l’immigration

Le mois suivant, la Commission a lancé une nouvelle offensive en dévoilant ses propositions pour l’amélioration de la gestion de l’immigration. Celles-ci comprennent entre autres la relocalisation d’un certain nombre de migrants au sein de l’UE, mais aussi des mesures de lutte contre les réseaux florissants de passeurs qui mènent des opérations de plus en plus ambitieuses et dangereuses en Méditerranée. La Commission entend également renforcer l’opération Triton, qui a remplacé Mare Nostrum en novembre 2014, mais qui s’avère inadapté et incapable de contenir une immigration de plus en plus désespérée.

>> Lire : La Commission force les États membres à agir face à la crise de l’immigration

Certains États continuent cependant de s’opposer à ces mesures, particulièrement à l’idée de quotas de migrants proposés par Jean-Claude Juncker en solidarité avec les pays méditerranéens. La Hongrie, qui fait face à une autre vague migratoire en provenance des Balkans, qui par exemple eu gain de cause en étant exemptée de l’exercice de répartition solidaire proposée par Bruxelles. 

En Europe, l’Allemagne reste la destination la plus prisée parmi les demandeurs d’asile, et Berlin a récemment lancé des campagnes de dissuasion afin de contrer les rumeurs selon lesquelles il est facile d’obtenir un visa dans l’UE.

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