Hollande donne un coup de pouce financier à la COP 21

François Hollande, Ban Ki-moon et Ollanta Humala au Nations unies à New York [ONU]

Le président français a annoncé une hausse de 2 milliards d’euros par an des financements de la France pour lutter contre le changement climatique, lors de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. 

Le coup de pouce de la France en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique a bien eu lieu, à deux mois de la conférence sur le changement climatique des Nations unies, qui se déroulera à Paris sous présidence française.

Lors de la 70ème assemblée générale des Nations unies, le président français a promis une augmentation significative des financements climatiques de la France. D’ici à 2020, c’est une hausse de 2 milliards d’euros qui devrait être concédée par Paris. Ce qui portera de 3 à 5 milliards d’euros par an la contribution du pays à la lutte contre le réchauffement climatique.

Changer la dynamique des négociations

« En mettant l’accent sur l’importance des dons pour financer l’adaptation aux impacts déjà catastrophiques du changement climatique, François Hollande répond clairement aux attentes des populations les plus vulnérables. À moins de deux mois de la COP21, cette annonce peut contribuer à changer la dynamique de négociation », s’est félicité Romain Benicchio d’Oxfam France.

L’annonce française est intervenue alors que les négociations, notamment sur le front du financement de la lutte contre le changement climatique, patinent.

>>Lire : Le flou sur les financements handicape les négociations climatiques

En effet, la promesse des pays développés de contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 à la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement peine à se concrétiser.

Les faibles engagements consentis jusqu’à présent ont ralenti les dernières négociations en amont de la COP 21. Selon l’ONG Oxfam, avant l’annonce française, seule 17 à 20 milliards de dollars par an de financements publics avaient déjà été mobilisés à destination des pays en développement.

« Rien n’est gagné »

« Rien n’est gagné pour la COP, tout reste possible », a estimé François Hollande. « On peut dire ‘ça peut être plus tard, à une autre conférence’. Si ce n’est pas à Paris, ce ne sera pas plus tard, ce sera trop tard pour le monde », a lancé M. Hollande.

>>Lire : Les financements pour le climat se font attendre

Pour l’heure,  90 pays ont annoncé leurs engagements nationaux de réduction sur les 193 pays participants aux négociations internationales sur le climat. Mais l’ensemble des contributions est pour l’instant loin de permettre le maintien du réchauffement sous la barre des 2°C d’ici 2100.

Selon une simulation effectuée par l’ONG Climate Interactive, tous ces engagements permettront de limiter à 3,5 °C le réchauffement d’ici la fin du siècle, contre un réchauffement prévu de 4,5 °C sans action de la part de la communauté internationale.

Pour dégager ces financements supplémentaires, la France pourrait compter en partie sur la taxe sur les transactions financières européennes, dont le lancement, maintes fois repoussé, devrait voir le jour en 2017.

>>Lire : Un rapport table sur la TTF européenne pour financer le climat

« D’ici le sommet sur le climat, François Hollande devra annoncer la tenue d’un sommet européen consacré à l’affectation de la TTF européenne, ceci afin de convaincre ses partenaires européens d’en faire un véritable outil de financement innovant pour lutter contre les impacts du changement climatique.», ajoute Romain Benicchio.

Participation européenne

La France n’est pas la seule à avoir annoncé un effort supplémentaire sur le front des financements climat. L’Allemagne avait déjà annoncé en mai qu’elle allait doubler ses financements pour atteindre 4 milliards d’euros. 

Le Royaume-Uni va quant à lui augmenter de 50 % ses financements, ce qui devrait porter à près de 5,8 milliards de livres au cours des 5 prochaines années sa contribution à la lutte contre le changement climatique dans les pays du Sud. 

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Paris organise la 21ème conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les Etats doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.

Les pays développés se sont engagés à apporter 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 à la lutte contre le changement climatique, dont une partie doit transiter par le Fonds vert pour le climat. Cette somme promise par la communauté internationale doit soutenir les pays en développement dans la limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre et leur adaptation aux effets du changement climatique, et apparait comme une des conditions d'un accord.

Cet engagement ne couvre par l'intégralité des besoins pour financer la réduction des gaz à effet de serre au niveau mondial, qui sont estimés entre 500 milliards et 1500 milliards d’euros par an.

Prochaines étapes

  • décembre 2015: 21e édition de la Conférence des parties (COP 21) - Paris Climat 2015