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30/09/2016

Interdiction quasi-totale du commerce d’ivoire aux États-Unis

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Interdiction quasi-totale du commerce d’ivoire aux États-Unis

Rassemblement de l'ivoir avant sa destruction.

[USFWS Mountain-Prairie/Flickr]

Les États-Unis vont fortement restreindre le commerce d’ivoire issu d’éléphants d’Afrique, aussi bien à l’international que sur son territoire, a annoncé jeudi 2 juin l’US Fish and Wildlife Service. À quelques exceptions près, dont les instruments de musique et les objets anciens. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Après la Chine, les États-Unis constituent la deuxième destination de l’ivoire illégal au monde. Ces derniers mois, le New Jersey, New York, la Californie et Hawaii, États où ce commerce est particulièrement florissant, ont déjà pris des mesures afin de restreindre les ventes d’ivoire légal, qui crée un appel d’air pour l’illégal.

Musiciens et amateurs d’armes

Entrant en vigueur le 6 juillet, l’interdiction annoncée jeudi par l’US Fish and Wildlife Service, administration en charge de la protection des espèces, s’annonce quasi-totale. Seuls quelques produits sont épargnés, à savoir les instruments de musique et certains objets, dont les armes, ne contenant pas plus de 200 grammes d’ivoire. Egalement épargnés, les objets datant de plus d’un siècle.

Prises dans le cadre d’un décret de 2013 visant à combattre contre le trafic d’espèces sauvages, ces nouvelles mesures prévoient aussi de limiter à deux par an et par personne les importations de trophées de chasse, quelle que soit l’espèce –aucune limite n’était fixée jusqu’alors.

«Cette mesure ferme un canal important pour les trafiquants en éliminant la couverture du commerce légal d’ivoire», a déclaré Dan Ashe, le directeur de l’US Fish and Wildlife Service. «Nous avons encore beaucoup à faire pour sauver cette espèce mais aujourd’hui est une bonne journée pour l’éléphant africain», a-t-il ajouté.

Les collectionneurs inquiets

Si les associations de défense de l’environnement saluent ce progrès, d’autres se montrent moins enthousiastes, notamment certains collectionneurs d’art et marchands d’ivoire. Auteur de travaux sur le sujet, l’un d’entre eux, Anton Bruehl, estime qu’il sera très difficile de prouver qu’un objet a plus de 100 ans, et qu’il peut donc être vendu.

Selon lui, ce sont 30 000 propriétaires de tels objets qui seraient menacés, pour une valeur totale de 11,9 milliards de dollars, indique-t-il au Washington Post. Bien moins, estime l’US Fish and Wildlife Service, selon qui le total n’excéderait pas 100 millions de dollars.

Fin mars, la Chine a elle aussi pris des mesures de restriction, en étendant ses interdictions d’importation d’ivoire aux produits mis en circulation avant 1975, date d’entrée en vigueur de la Convention sur le commerce international d’espèces de faune et de flore menacées d’extinction (Cites).

La France s’apprête elle aussi à durcir le ton: selon un arrêté ministériel dont la publication est prévue début juillet, tout commerce d’objet contenant de l’ivoire d’éléphant ou de la corne de rhinocéros sera strictement interdit, sauf s’il est antérieur à juillet 1975.

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