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08/12/2016

Katainen défend le plan d’investissement pour l’Afrique

Aide au développement

Katainen défend le plan d’investissement pour l’Afrique

Addis Abeba, Éthiopie

@erichon/shutterstock

La Commission européenne veut déployer un plan d’investissement dans les pays en développement. Mais les difficultés rencontrées par le plan Juncker en Europe pourraient être décuplées dans les pays en développement.

Alors que le plan Juncker en Europe vient de recevoir une première évaluation en demi-teinte de la part des élus européens, le lancement d’un plan similaire dans les pays en développement interroge.

Annoncé le 7 juin dernier, le lancement d’un plan d’investissement dans les pays en développement – notamment en Afrique – devrait permettre de mobiliser 60 milliards d’euros d’investissement privé. « La Commission apporterait 3 milliards d’euros, les États membres pourraient s’ils le souhaitent compléter avec 3 autres milliards », a rappelé le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, lors d’un débat à l’occasion des journées européennes pour le développement.

Un plan embryonnaire

Les contours du nouveau plan d’investissement pour l’Afrique ne sont pas encore entièrement définis.  Pas plus que le financement, car pour l’heure la participation des États membres n’est pas assurée. « Nous devrions avoir davantage avancé d’ici la fin de l’année » a précisé le commissaire.

>>Lire : L’Europe mise sur un « plan Juncker » en Afrique face à la crise migratoire

Mais les difficultés auxquelles fait face le plan Juncker en Europe risquent de se multiplier dans les pays en développement. En Europe, le plan Juncker a très bien fonctionné dans les « grands » pays européens, tels que la France ou le Royaume-Uni, mais beaucoup moins dans d’autres comme la Grèce, ou les pays de l’Est, où le secteur privé peine à remplir les conditions imposées.

Soutien technique

Pour accompagner le secteur privé local, la Commission prévoit de faire des investissements techniques pour soutenir les porteurs de projets. « Il y a bien sûr des similitudes avec le plan Juncker, mais il faut s’adapter à des réalités qui sont différentes en Afrique », explique Jyrki Katainen.

En Europe, le plan Juncker a recours à des intermédiaires financiers, qui redistribuent les financements aux projets de plus petite taille. « Mais dans certains pays, nous devons nous demander si nous pouvons apporter des financements par ce type d’intermédiaires, s’ils sont fiables », reconnait le commissaire.

>>Lire : Le plan Juncker peine à s’imposer à l’Est

Les difficultés d’accès au plan Juncker pour les petites entreprises pourraient également compliquer l’équation. « Les petites entreprises locales en Afrique n’ont pas les moyens ou les capacités de monter des projets pour accéder à ce type de financement, elles dépendront donc de grands groupes internationaux »,  explique Hilary Jeune d’Oxfam.

«L’Afrique a effectivement besoin d’investissements privés, mais dans ses entreprises locales, qu’un fonds d’investissement de cette ampleur aura du mal à atteindre » poursuit la représentante d’Oxfam.

Impact sur les migrations

Autre difficulté du plan d’investissement, le lien avec la lutte contre les migrations, un des objectifs avancés par la Commission.  Le plan pourrait être réservé au pays d’origine des migrants, mais « il semble difficile d’imposer des conditionnalités sur l’impact sur la migration d’un projet au secteur privé » avance Hilary Jeune. « Il est seulement possible de mettre des recommandations dans les appels à projets. »

« Avec ce plan d’investissement, il ne s’agit pas seulement de s’attaquer aux causes des migrations, mais bien de développer l’investissement privé dans les pays en développement », a nuancé  le commissaire.