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22/01/2017

L’aide au développement portugaise dans le viseur de l’OCDE

Aide au développement

L’aide au développement portugaise dans le viseur de l’OCDE

Les pays aidés par le Portugal bénéficient de moins en moins de son aide publique au développement.

[Olga Stavrakis/Flickr]

Un rapport de l’OCDE publié le 15 décembre dénonce la réduction drastique de l’aide publique au développement du Portugal et souligne des mécanismes de suivi controversés.

Suite à la récession de 2010-2014, le Portugal a bénéficié d’un programme de renflouement. Dans le cadre de ce programme, Lisbonne s’est engagée à maintenir ses programmes d’aide à l’étranger.

Le dernier examen par les pairs du Comité d’Aide au Développement (CAD), de l’OCDE, souligne pourtant que l’aide portugaise chute depuis trois années consécutives. En 2014, l’aide totale était de 383 millions d’euros. Cela équivaut à 0,19 % de son revenu national brut, un chiffre en deçà de la moyenne de 0,3 % de l’aide des pays membres du Comité d’aide au développement et bien loin de l’objectif de 0,7 % de l’ONU et de l’UE.

Les prêts trop privilégiés par le Portugal

Le volume des aides portugaises continuera sans doute à fondre comme neige au soleil, avertit le CAD, sauf si le pays ouvre de nouvelles lignes de crédit ou étend le nombre de subventions qu’il fournit. Le nombre de prêts comptabilisés dans l’aide au développement a explosé, passant de 5 % du total en 2006 à 41 % en 2013. Si les prêts sont consentis à un taux d’intérêt bien moindre que ceux du marché, cette forme d’aide est toutefois controversée, parce qu’elle entraine toujours un retour.

Le Portugal a mis 1,6 milliard d’euros à disposition des prêts à taux réduit depuis 2006, mais les pays partenaires n’ont à ce jour sollicité que 958 millions d’euros. Une très grande partie des fonds disponibles sont donc inutilisés. Cinq des dix lignes de crédit ont déjà expiré et celles qui restent expireront d’ici 2017.

« L’aide au développement portugaise a de nombreux aspects très positifs : une vision prospective, un intérêt géographique ciblé et un engagement auprès de leurs pays partenaires. Le Portugal ferait toutefois un meilleur usage de ces atouts s’il augmentait le volume de ses aides, les rendait plus souples et améliorait la coopération et le suivi des programmes », estime Erik Solheim, président du CAD. 

Des aides pas tout à fait gratuites

Une grande partie de l’aide portugaise est également soumise à des contreparties comme l’achat de biens et services portugais. Ce type d’aide pas tout à fait gratuite a également augmenté, puisqu’elle a atteint 70 % en 2013, soit bien plus que la moyenne de 14 % des membres du CAD, qui encourage donc le pays à ne pas continuer à promouvoir ce type d’outils.

L’examen du CAD se penche également sur la coordination et les programmes de suivi et de rapport associés à l’aide au développement. Ici encore, il y a des progrès à faire. L’aide au développement portugaise implique en effet 57 entités publiques, chacune avec un budget et des stratégies de mise en œuvre propres. Cette structure rend l’organisation cohérente de l’aide difficile. L’agence portugaise pour le développement a été renforcée, mais plus de la moitié du budget d’aide publique au développement échappe toujours à son contrôle.

Relations postcoloniales

Les principaux bénéficiaires de l’aide portugaise sont le Cap-Vert, le Mozambique, le Maroc, l’Angola, Sao Tomé et Principe, le Timor oriental, la Chine, la Guinée-Bissau, le Brésil et l’Afghanistan.

>> Lire : Les anciennes colonies, premières bénéficiaires de l’APD des pays européens

Chaque membre du CAD fait l’objet d’un examen par les pairs du CAD tous les cinq ans, afin d’évaluer les progrès réalisés et de faire des recommandations. L’examen est basé sur les informations fournies par le pays et par un pays partenaire, Sao Tomé et Principe, dans ce cas, ainsi que sur les données récoltées par la société civile.

>> Lire notre infographie : Les anciennes colonies, premières bénéficiaires de l’APD des pays européens

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