EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

19/01/2017

L’électricité hors-réseau semble prioritaire pour l’Afrique rurale

Aide au développement

L’électricité hors-réseau semble prioritaire pour l’Afrique rurale

Des panneaux solaires sont installés à Rema, Éthiopie.

[Solar Energy Foundation]

Les énergies renouvelables décentralisées représentent un potentiel de croissance majeur pour les régions rurales africaines. Les représentants de 28 pays se sont engagés en ce sens lors d’une conférence au Cap, en Afrique du Sud.

L’énergie propre, hors réseau et décentralisée est enfin reconnue comme une alternative financièrement viable pour alimenter les régions isolées en électricité, selon la déclaration de la conférence internationale sur les énergies renouvelables (SAIREC). Le rassemblement avait lieu du 4 au 7 octobre en Afrique du Sud.

Des chefs d’entreprises et des membres de la société civile ont également assisté à cette conférence, qui, pour la première fois, se déroulait sur le continent africain. Cette rencontre avait pour objectif de donner plus d’importance aux énergies renouvelables afin de réussir la transition mondiale vers une énergie durable.

>> Lire : L’AIE demande à l’UE de la stabilité sur les renouvelables

Selon les participants à la conférence, pour parler d’accès universel d’ici à 2030, il faudrait fournir un accès à l’électricité à 1,3 milliard de personnes, dont 621 millions se trouvent dans la région subsaharienne. L’échelle du défi nécessite que toutes les approches, y compris les solutions réseau et hors réseau, soient prises en compte et adoptés en fonction de la pertinence nationale et des principes d’efficacité.

La déclaration souligne qu’étant donné la baisse rapide des coûts de l’énergie solaire et éolienne, les technologies renouvelables sont devenues, sur certains marchés, des technologies de choix. Elles permettent de donner accès aux plus pauvres à l’énergie renouvelable, de créer des emplois, d’améliorer la qualité de l’air et de limiter le réchauffement climatique.

Pour que la transition mondiale vers les énergies renouvelables se fasse rapidement, les participants à la conférence considèrent qu’il est indispensable de promouvoir des services efficaces et transparents. Pour ce faire, il est nécessaire de donner aux pays africains les capacités financières, techniques et institutionnelles pour agir.

Le nouveau Fonds vert pour le climat devrait aussi proposer une nouvelle branche pour le développement des énergies renouvelables, indique la déclaration de la SAIREC. Le Fonds vert pour le climat a vu le jour lors de la COP 16 en 2010. Il a été créé pour apporter une contribution ambitieuse aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique.

>> Lire : Le Fonds vert rêve de démarrer avant la COP21

Les participants appellent aussi les services publics à s’adapter au nouveau modèle de décentralisation de l’énergie et à développer de nouveaux modèles commerciaux.

Marcus Wiemann, directeur exécutif de l’ARE, l’Alliance pour l’électrification rurale, a affirmé que le nombre croissant d’adhérents à la fédération prouvait bien que grâce à l’utilisation des technologies adaptées, il était plus facile de mettre en place des projets d’énergie propre dans des pays en développement.

L’ARE a récemment publié un rapport soulignant l’importance clé de l’électrification rurale pour le développement socio-économique des régions non urbaines dans les pays émergents et en développement.

Contexte

L’électricité est une ressource clé pour le développement économique et social. Des services de base comme l’éducation, l’assainissement et la communication dépendent de cette ressource pour éclairer les écoles, garder les aliments au frais et alimenter les technologies modernes.

Pourtant, le Programme des Nations Unies pour le développement estimait en 2005 que 1,6 milliard de personnes n’avaient toujours pas accès à l’électricité.

La plupart d’entre elles vivent dans les pays les moins avancés économiquement. Plus de 75 % de la population de 20 pays africains n’ont pas accès à l’électricité. La Birmanie, l’Afghanistan, la Corée du Nord, la Papouasie - Nouvelle-Guinée et le Cambodge se trouvent dans la même situation.