L’Espagne maintient son aide envers Haïti

La reine Sofia d'Espagne serre la main à la police espagnole des Nations unies à Haiti, octobre 2011. [Flickr Victoria Hazou UN/MINUSTAH]

José Manuel Garcia-Margallo, le ministre espagnol des Affaires étrangères a réaffirmé l’engagement de son pays dans la reconstruction d’Haïti, cinq ans après le violent séisme qui a frappé le pays. 

Lors de sa visite en Haïti, le ministre espagnol des Affaires étrangères a signé un pacte dans lequel l’Espagne s’engage à fournir 127 millions d’euros d’aide d’ici fin 2017 au pays le plus pauvre du continent américain.

Ce chiffre vient s’ajouter aux 500 millions d’euros investis ces 10 dernières années et aux 364 millions d’euros que l’Espagne a promis lors d’une conférence de donateurs en mars 2010, deux mois seulement après le tremblement de terre.

Plus de cinq ans après la catastrophe du 12 janvier 2010, Haïti lutte encore pour se relever du séisme, qui a tué plus de 200 000 personnes et déplacé 1,5 million de personnes.

José Manuel Garcia-Margallo a assuré qu’Haïti était une priorité pour l’Espagne en matière d’aides, notamment dans les domaines de l’eau et de l’éducation, et a souligné qu’après la catastrophe, la solidarité de Madrid envers Port-au-Prince était devenue encore plus forte.

Le programme du chef de la diplomatie espagnol a débuté par une visite à l’école Don Bosco Riobe, dans la ville de Gressier, qui a été reconstruite après le séisme grâce à l’aide de Madrid et qui a été inaugurée en octobre 2011 par la reine Sofia d’Espagne.

Située à 6 kilomètres seulement de l’épicentre du séisme, l’école, gérée par l’ordre salésien, apporte de l’attention, de la compagnie, de l’éducation et une formation complète aux enfants et jeunes les plus défavorisés du pays.

Le ministre espagnol s’est dit fier de voir que l’Espagne avait contribué à remettre l’école – et ses 700 étudiants – sur pied. « C’est une preuve de solidarité du peuple espagnol envers le peuple haïtien en ces temps d’infortune et de besoin. »

« Haïti est un pays qui mérite que nous nous engagions et l’Espagne l’a toujours démontré », a poursuivi le ministre.

Ces dernières années, l’Espagne a fait « des efforts considérables » pour aider Haïti, a ajouté le ministre. Après le tremblement de terre, le pays a envoyé 16 avions militaires chargés de matériaux de reconstruction et versé 19 millions d’euros pour combattre l’épidémie de choléra.

Mardi, le ministre s’est aussi rendu à la mission de stabilisation des Nations unies à Haïti, connue sous le nom de MINUSTAH, où il a rencontré six responsables espagnols y travaillant et la chef de mission, Sandra Honore.

MINUSTAH, qui existe depuis 10 ans, et dont le renouvellement sera décidé en octobre, quand l’Espagne se trouvera à la tête de la présidence tournante du Conseil de sécurité ONU, comprend 2 500 policiers et 2 300 militaires venus du monde entier.

Haïti est plongée dans une crise politique profonde due à l’incapacité du pays à organiser des élections municipale et législative. Depuis des années, ces dernières sont sans cesse repoussées à cause des divergences entre les branches législative et exécutive. Une date a maintenant été fixée.

La dernière visite d’un ministre espagnol des Affaires étrangères en Haïti était celle de Miguel Angel Moratinos en 2008. La reine Sofia s’est quant à elle rendue dans le pays frappé par la pauvreté en 2009 et 2011.