EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

24/01/2017

L’UE débloque 1,5 milliards pour les migrants d’Afrique

Aide au développement

L’UE débloque 1,5 milliards pour les migrants d’Afrique

Neven Mimica [Georgi Gotev]

La Commission doit annoncer la mise en place d’un fonds spécial pour l’Afrique, destiné à s’attaquer aux causes de la crise des réfugiés. 

C’est une première en Europe, instituée par la Traité de Lisbonne. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, prononcera mercredi 8 septembre son discours sur l’Etat de l’Union, une pratique destinée à politiser l’UE.

A cette occasion, il devrait « définir très clairement » un paquet de mesures concernant la crise des migrants, selon Neven Mimica, son commissaire européen en charge du développement. Les sujets traités iront des affaires intérieures à la sécurité en passant par la relocalisation et la réinstallation.

Les principales régions d’origine des migrants africains, soit le Sahel, la région du lac Tchad, la Corne de l’Afrique et le nord du continent devraient bénéficier d’un nouveau fonds de plus de 1,5 milliard d’euros.

Une étape qui ne doit pas être perçue comme le seul aspect développement de la crise de l’immigration, a néanmoins souligné Neven Mimica. L’objectif est de mieux regrouper les ressources disponibles, y compris les fonds de la DG Affaires intérieures, et ceux de la direction de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO), afin de faciliter le retour et la réintégration des migrants, et d’éviter de nouveaux départs.

« Le premier objectif de notre stratégie pour le développement dans le cadre de la crise de l’immigration est la réintégration ou l’intégration des gens dans leur pays d’origine », a déclaré Neven Mimica, expliquant que cela améliorerait le climat économique, la formation et l’éducation dans les pays d’origine et de transit, mais aussi leur capacité de gestion de la migration.

« C’est un paquet complet d’actions externes et internes, de politiques de retour et d’intégration que nous aimerions mettre en place », a insisté le commissaire au développement, décrivant le fonds fiduciaire.

>> Lire : Hollande tance l’attitude de l’Europe centrale vis-à-vis des migrants

Interrogé sur le fait que la crise des migrants prive les pays en voie de développement de leurs classes moyennes, Neven Mimica a corroboré les faits et déclaré que la réponse de l’UE prendrait sérieusement en compte cet aspect. Malheureusement, a-t-il ajouté, les dégâts causés prendront un long moment à être réparés.

4 milliards d’euros supplémentaires

Dans le contexte de la crise des réfugiés, reste à savoir si les pays européens et les fonds européens seront capables de mobiliser au moins 4 milliards d’euros d’aide publique au développement (APD) supplémentaires par an, a déclaré Neven Mimica.

Dans ce cas, l’UE pourrait respecter ses engagements et attribuer 0,7 % de son RNB à l’aide publique au développement d’ici à 2030, a-t-il expliqué.

« Jusqu’à présent, nous sommes sur la bonne voie. L’année dernière, en 2014, la hausse globale de l’UE pour l’APD était de 2 milliards d’euros, ce qui a permis d’atteindre un total de 58 milliards d’euros, soit la moitié de l’APD mondiale. Cette année, malgré l’annonce d’une réduction dans certains États membres, la hausse totale sera beaucoup plus importante qu’en 2014, et se situera entre 4 et 5 milliards d’euros.

« Je ne peux pas prédire qui aura raison : les moins optimistes dans la capacité des États membres et de l’UE de réellement atteindre l’objectif des 0,7 %, ou les plus optimistes, comme moi et mes équipes à la Commission », a-t-il expliqué.

>> Lire : Les États membres renvoient l’objectif d’aide au développement aux calendes grecques

Avec la Norvège, l’UE est la seule entité qui, lors de la Conférence internationale sur le financement du développement à Addis-Abeba en juillet dernier, a pris l’engagement d’atteindre les 0,7 % d’ici à 2030, a précisé Neven Mimica. Dans les Affaires étrangères, l’UE est perçue comme une « puissance douce », mais dans le domaine du développement, l’UE est un acteur clé, a-t-il ajouté.

Le commissaire s’est dit très optimiste quant à l’issue du sommet de l’ONU pour les ODD, qu’il a qualifié « d’affaire conclue ». En effet, l’accord s’appuiera sur un projet d’accord adopté en août et intitulé « transformer notre monde d’ici 2030 : programme pour le développement durable ».