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19/01/2017

La Chine partante pour un accord climatique dynamique

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La Chine partante pour un accord climatique dynamique

Hollande en Chine, le 2/11 © Présidence de la République

La Chine a annoncé soutenir le fait que l’accord de Paris soit révisable tous les cinq ans, une condition sine qua non de son effectivité.

Un mécanisme obligeant les pays à revoir rapidement et régulièrement leurs engagements en faveur du climat, considéré comme un élément clé du futur accord de Paris, a reçu lundi un début de soutien de la Chine, jusqu’ici réticente à accepter cette contrainte.

Dans une déclaration commune publiée lors de la visite du président français François Hollande en Chine, à quatre semaines de la conférence mondiale sur le climat, Pékin et Paris se disent «favorables à une revue complète tous les cinq ans sur les progrès accomplis» pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Alors que le futur accord n’entrera en vigueur qu’en 2020, ils se prononcent aussi en faveur d’un «dialogue en 2017/2018» pour «explorer la possibilité de renforcer encore l’action et le soutien avant 2020».

>>Lire : les pays les plus pauvres s’activent face à la COP21

En résumé: un bilan des actions des pays serait fait d’ici deux/trois ans et en fonction de l’évolution rapide des technologies (énergies renouvelables, efficacité énergétique) et de leur coût, certains pourraient décider de renforcer leurs politiques +bas carbone+.

Après 2020, il pourrait y avoir une obligation pour les pays de prendre de nouveaux engagements tous les cinq ans.

Si le principe d’une révision tous les cinq ans a fait son chemin ces derniers mois parmi les 195 pays négociant le premier accord mondial pour lutter contre le réchauffement, le calendrier et le contenu de ce rendez-vous restent un point dur des négociations.

«L’idée d’un cycle de révision tous les cinq ans est de plus en plus acceptée», analyse Jennifer Morgan du World ressources institute.

«Mais il y a de nombreuses questions en suspens: que fait-on exactement tous les cinq ans? Y-a-t-il une obligation de réviser à la hausse les engagements? Comment conduire au préalable une évaluation globale des progrès réalisés? Et quand?», interroge la spécialiste.

L’Union européenne, la France en tête en tant que future présidente de la COP21, ont beaucoup milité pour une révision tous les cinq ans et un premier bilan avant 2020, exigés par les ONG et les experts, et également soutenus par les Etats-Unis et les pays les plus vulnérables (Etats insulaires, pays les plus pauvres).

– Convaincre New-Delhi –

Mais ni Pékin, 1er émetteur mondial de gaz à effet de serre (25%), ni New-Delhi, le 4e, ne voulaient jusqu’ici entendre parler d’une évaluation aussi précoce.

Les Etats pétroliers encore moins. En plus d’être de gros émetteurs, la Chine et l’Inde ont un poids énorme dans les négociations en tant que membres du groupe dit «G77», qui regroupe 134 pays en voie de développement et émergents.

«La Chine était très réticente sur une clause de rendez-vous avant 2020 (…) et le risque était d’attendre 2025», explique à l’AFP Pascal Canfin du World ressources institute.

«Là, il y a une accélération du calendrier, ce qui est absolument indispensable», poursuit-il, «car pour rester crédible par rapport au 2°C, il faut absolument revoir l’ambition à la hausse avant 2020».

«Une haie vient d’être franchie avec la Chine, mais la course n’est pas finie: il faut maintenant convaincre l’Inde», glisse-t-il.

Un accord de principe sur «la nécessité de faire un premier bilan des progrès réalisés en 2017/2018 pour renforcer les actions pré-2020» est «de bonne augure pour la COP21», a réagi lundi la Fondation Nicolas Hulot lundi.

«Ils auraient cependant pu aller plus loin sur la nécessité de réviser les premières contributions nationales avant 2020 à la lumière des progrès réalisés d’ici là», a estimé Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation.

«Les pays du G20, principaux émetteurs, pourraient s’engager unilatéralement à une révision à la hausse de leurs engagements dès 2017», propose-t-il.

Contexte

Les négociations sur le changement climatique ont démarré en 1992, et sont marquées par une conférence internationale annuelle appelée Conférence des Parties, ou COP.

Après la COP 19 à Varsovie fin novembre 2013, le Pérou s'est chargé de la 20ième conférence, à Lima, en décembre 2014.

Paris organise la 21ième conférence, au Bourget, début décembre 2015, une conférence qui revêt une importance particulière. Comme à Copenhague en 2009, les Etats doivent trouver un accord pour donner suite au protocole de Kyoto, dont l'objet était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012. L'enjeu est donc de trouver un cadre juridique contraignant ou non.