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24/08/2016

La Commission lance un fonds de reconstruction pour la Centrafrique

Aide au développement

La Commission lance un fonds de reconstruction pour la Centrafrique

Camion à Bangui -RCA - © OCHA

La Commission européenne a annoncé le lancement d’un fonds pour contribuer à la stabilisation de la Centrafrique. Une initiative à laquelle participent la France, l’Allemagne et les Pays-Bas pour l’instant.

La Centrafrique va recevoir une nouvelle aide financière de la Commission européenne et de plusieurs États membres, dont la France.

À l’occasion d’une réunion informelle des ministres européens en charge du Développement le 14 juillet à Florence, la Commission européenne, l’Agence Française de Développement (AFD), la coopération néerlandaise et la banque de développement allemande KFW ont annoncé la mise en commun de financements en faveur de la gestion de la crise en République Centrafricaine au sein d’un nouveau fonds, baptisé le fonds Bêkou.

Espoir en langue Sango

«  Le Fonds Bêkou (espoir en langue sango) a été créé pour permettre l’accès des populations aux services essentiels (eau et assainissement, alimentation, soins, etc.) et la relance de l’activité économique dès que la situation sécuritaire le permet. […] Le fonds permettra également de financer des actions dans les pays limitrophes affectés par la crise » a détaillé la secrétaire d’État française en charge du Développement, Annick Girardin.

À l’occasion de cette réunion, les ministres européens en charge du développement se sont également penchés sur l’agenda du développement durable après 2015, le rôle du secteur privé dans le développement ainsi que les enjeux de la nutrition et de la sécurité alimentaire.

64 millions d’euros

Le fonds européen peut d’ores et déjà compter sur des engagements à hauteur de 64 millions d’euros pour 2014 et 2015. La plus grande partie sera apportée par la Commission européenne (41 millions d’euros). La France, à l’initiative du projet, doit apporter 10 millions d’euros, de même que l’Allemagne.

Autre État membre partie prenante de l’initiative, les Pays-Bas ont affirmé leur intention de se joindre à l’opération, avec une participation pour l’heure cantonnée à 3 millions d’euros.

Pour abonder le fonds, les participants comptent sur le ralliement d’autres États membres de l’UE, mais aussi de fondations, du  secteur privé, etc, qui pourront se joindre à l’initiative lors d’une conférence des donateurs qui se tiendra avant la fin de l’année 2014.  

« Il est ouvert aux États membres et à tout autre bailleur souhaitant s’appuyer sur l’expertise du système européen d’aide au développement. Ce fonds, qui a vocation à financer des projets de développement économique et social […] est ouvert aux contributions de ceux qui souhaiteraient participer à l’effort de stabilisation et de reconstruction de la République centrafricaine » a souligné Anne Paugam, directrice générale de l’Agence française de développement.

>>Lire aussi : L’aide internationale n’arrive pas en Centrafrique

« En agissant de concert, en mutualisant nos ressources financières, nos compétences et nos forces respectives, nous obtiendrons bien plus qu’en œuvrant séparément. J’invite les autres donateurs de l’UE et de la communauté internationale à nous rejoindre » a  insisté Andris Piebalgs, commissaire européen chargé du développement.

Ce fonds fiduciaire européen – le premier du genre –  vise à adapter l’aide internationale aux situations de crise et post-crise, « où l’expérience a montré que la faiblesse des administrations nationales ou locales et la multiplication soudaine des bailleurs entrainent une désorganisation et une fragmentation de l’action de la communauté internationale » a souligné la Commission.

La France en première ligne

La France, à l’initiative du projet de fonds européen de reconstruction, est fortement engagée en Centrafrique depuis le début de la crise. Dès novembre 2013, face aux risques de voir dégénérer le conflit, les troupes de l’armée française sont intervenues via l’opération Sangaris.

Lors du Conseil européen consacré à la défense des 19 et 20 décembre, François Hollande avait ensuite convaincu ses homologues européens de soutenir l’intervention française en apportant des moyens financiers, logistiques et humains. 

Contexte

La République centrafricaine, l'un des pays les moins avancés au monde, a obtenu son indépendance de la France en 1960. Depuis, le pays est régulièrement le théâtre de coups d'État, d'interventions étrangères et est souvent déstabilisé politiquement.

En 2012, la coalition musulmane Seleka, s'est emparée du pouvoir. Elle a par la même occasion évincer le président François Bozize, et plonger le pays dans les violences interethniques. Le conflit a provoqué la mort de milliers de musulmans. Des milliers d’entre eux ont pris le chemin de l’exil, au même moment où la Seleka était renversée par des milices anti-Balak, constituées de chrétiens et d'animistes.

L'ONU, ainsi que d'autres institutions internationales, a mis en garde contre un risque élevé de génocide en Centrafrique. La France a lancé l'opération Sangaris en novembre 2013 en vue de stabiliser le pays. Les Etats membres de l'UE se sont ensuite accordés fin 2013 pour organiser une opération militaire en soutien à l’intervention française.

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