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21/01/2017

La Cour des comptes encense le mécanisme de prêt de l’UE pour les pays du Sud

Aide au développement

La Cour des comptes encense le mécanisme de prêt de l’UE pour les pays du Sud

Le projet de parc éolien du lac Turkana au Kenya est l’un des bénéficiaires de la Facilité d’investissement ACP

[GeorgeGarang/Flickr]

Les mécanismes de prêts de l’UE destinés aux projets de développement en Afrique, dans les Caraïbes et dans les pays du Pacifique sont jugés efficaces par la Cour des comptes, habituellement très critique sur l’aide au développement européenne.

Les mécanismes de prêts de l’UE à destination des projets de développement ont permis des avancées économiques, sociales et environnementales significatives dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), selon un rapport de la Cour des comptes. 

La Cour des comptes, souvent critique des dépenses européennes, indique que le mécanisme qui a distribué 4,5 milliards d’euros en 2014, principalement au Kenya, Tanzanie, Ouganda, Nigéria, Cameroun, Malawi, à l’île Maurice et à Haïti, « donne en effet de la valeur ajoutée à la coopération au développement de l’UE avec les pays ACP ».

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L’auditeur européen mentionne particulièrement le projet de 600 millions d’euros de la centrale éolienne du lac Turkana. Ce parc éolien, le plus grand d’Afrique subsaharienne, a bénéficié d’un prêt de 150 millions d’euros, sans lequel, selon les auditeurs, il n’aurait « sans doute pas vu le jour ».

Projets d’infrastructure

Ce mécanisme, connu sous le nom de Facilité d’investissement ACP, soutient à l’aide de prêts des projets d’infrastructure tels que la production et la distribution d’électricité, les télécommunications, l’eau et les systèmes d’égouts, et plus généralement dans les domaines des transports, de la santé et de l’éducation.

Mis sur pied en 2003, il tire est soutenu par le Fonds européen de développement et est géré par la Banque européenne d’investissement.

Le mécanisme offre des prêts aux taux du marché pour ne pas empiéter sur les préteurs locaux, et dans la monnaie locale. En augmentant la solvabilité des bénéficiaires, le mécanisme vise à mobiliser d’autres préteurs et à créer un effet « catalytique ». Selon les auditeurs, l’objectif a été atteint.

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L’équipe, constituée de cinq auditeurs, a toutefois souligné deux faiblesses. D’abord, les bénéficiaires finaux des prêts ne savent pas toujours d’où proviennent les fonds. Ensuite, l’assistance technique des petites et moyennes entreprises (PME) n’a pas correctement été ciblée.

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Les auditeurs ont examiné quelque 20 projets de financement entre 2011 et 2014. La Cour a découvert que la BEI sélectionnait ses intermédiaires « après une vérification préalable et méticuleuse des performances passées, de la stratégie à long terme et de leur volonté de financer un large éventail de PME ».

« Notre avis, pour les 20 opérations analysées, est qu’elles étaient toutes cohérentes avec la politique de développement de l’UE  », continuent les auditeurs.

Au total, entre 2011 et 2014, c’est-à-dire durant la période de recherche, le principal bénéficiaire était le Nigéria, qui a reçu 270 millions d’euros de prêts. Le montant le plus faible, 5 millions d’euros, a été attribué aux Seychelles et au Mozambique.

Le fonds a également permis d’aider la microfinance après le tremblement de terre d’Haïti, qui a bénéficié de 8 millions d’euros en 2011. Cet argent a été alloué à des autoentrepreneurs et des petites entreprises dans des zones urbaines.

Contexte

L’accord de Cotonou, portant le nom de la capitale du Bénin où il a été signé en 2000, a pour objectif de soutenir le développement durable et de réduire puis éradiquer la pauvreté dans 78 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) en intégrant ces pays dans l’économie mondiale. Il remplace la Convention de Lomé.