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27/09/2016

La crise maintient l’aide européenne en deçà de ses objectifs

Aide au développement

La crise maintient l’aide européenne en deçà de ses objectifs

L'aide européenne sert de plus en plus à accueillir les réfugiés. [CAFOD/Flickr]

Les pays européens sont encore loin de l’objectif de consacrer 0,7 % de leur RNB à l’aide internationale, a relevé le Conseil développement de l’UE le 12 mai. Plus inquiétant, 12,5 % de cette aide demeure en fait en Europe.

L’aide au développement européenne a augmenté pour la troisième année consécutive. Lors d’une réunion des ministres européens du Développement à Bruxelles, le Conseil a tiré un bilan mitigé de l’aide de l’UE en 2015.

« L’aide au développement globale a augmenté pour atteindre 68, 2 milliards d’euros, son niveau le plus élevé » soulignent les ministres dans leurs conclusions.

Par rapport à 2014, l’aide européenne a augmenté de 15 %. Mais dans le détail, la performance de l’aide européenne est assez variable. L’Union européenne et les États membres « ont maintenu leur position comme principal donateur d’aide au monde, pesant pour plus de la moitié de l’aide internationale «  affriment les ministres.

Aide internationale en hausse

Pourtant, ce sont 9 États membres qui ont baissé leur budget d’aide au développement en 2015. 15 l’ont augmenté et 4 l’ont maintenu.

>>Lire : L’UE maintient les budgets de l’aide au développement

« Les dirigeants européens ont promis encore et encore d’atteindre l’objectif de 0,7 %. Il s’agissait d’une de leur promesse centrale pour financer la politique de développement dans le futur. Une poignée de pays l’a fait, mais la grande majorité n’a pas atteint cet objectif » a souligné Luca de Fraia, directeur adjoint d’ActionAid Italie, porte-parole de CONCORD sur le sujet.

En effet, seule une poignée de pays européens ont atteint l’objectif de 0,7 % à la date prévue en 2015. Le Royaume-Uni (0,71 %), le Danemark (0,85 %), le Luxembourg (0,93 %), les Pays-Bas (0,76 %) et la Suède (1,4 %.)

>>Lire : L’ONU s’alarme de la baisse de l’aide au développement de l’Europe du Nord

À l’inverse, certains pays européens affichent un écart toujours très important entre leurs engagements et le niveau réel de leur aide internationale en 2015. L’Autriche ne consacre que 0,32 % de sa richesse à la solidarité internationale. La Grèce 0,14 %, l’Italie 0,21 %, le Portugal 0,16 % et l’Espagne 0,13 %.

>>Lire : Erik Solheim: « Si les britanniques peuvent consacrer 0,7% de leur RNB au développement, la France aussi »

À l’exception de l’Autriche, les pays de l’Union européenne les plus éloignés de l ’objectif de solidarité internationale sont ceux qui ont été le plus touchés par la crise de 2008.

L’UE manque son objectif

Le bilan 2015 de l’aide européenne a été l’occasion de prendre acte de l’échec des États membres sur le front de l’objectif de 0,7 %.

Cet objectif international fixe aux pays développés l’échéance de 2015 pour atteindre un niveau de dépense équivalent à 0,7 % du revenu national brut en matière d’aide au développement. En 2005, l’Europe a officiellement adopté cette cible.

>>Lire : Bruxelles déplore la baisse de l’aide au développement dans certains pays

Dix  ans plus tard, le constat est mitigé.  Seuls certains pays européens sont parvenus à consacrer 0,7 % de leur richesse au développement. Mais  « le Conseil relève avec regret qu’en dépit d’une croissance de plus d’un tiers de l’aide européenne depuis2002, la crise économique et les sévères restrictions budgétaires dans de nombreux États membres signifie que l’UE n’a pas atteint son objectif ambitieux de consacrer 0,7 % de son RNB à l’aide au développement », soulignent les conclusions.

Déviation de l’aide au développement

Autre constat, l’aide européenne a davantage été orientée vers … L’Europe elle-même. Sous l’effet de la crise des réfugiés, les budgets d’aide des États membres ont été réorientés en partie vers l’accueil des réfugiés. En 2015, 12,5 % de l’aide des États membres a ainsi été consacrée à l’assistance aux réfugiés ayant rejoint le continent, contre 5,6 % en 2014.

>>Retrouvez l’infographie : La crise des réfugiés chamboule l’aide au développement

Ce sont donc 8,6 milliards d’euros en 2015 qui ont été consacrés l’accueil des réfugiés, contre 3,3 milliards en 2014. Selon le Conseil « la hausse globale de l’aide au développement (8,9 milliards) a cependant été plus importante que la hausse des coûts d’accueil des réfugiés (5,53 milliards ».

Contexte

L'Union européenne est le principal donateur au monde en aide humanitaire et en aide au développement. Mais face aux contraintes budgétaires auxquelles sont confrontés les Etats membre, ces derniers tentent de réduire leur contribution annuelle au budget de l’UE.

Afin d'améliorer l'efficacité de l'aide publique au développement, l'Union européenne et les Etats membres ont développé des approches variables en termes de conditionnalité de l'aide, pas toujour homogènes.