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23/02/2017

La crise pèse sur l’enthousiasme des Français pour l’aide au développement

Aide au développement

La crise pèse sur l’enthousiasme des Français pour l’aide au développement

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L’appui des Français à la politique d’aide au développement demeure élevé en 2016, selon le baromètre de l’IFOP pour l’Agence française de développement. Mais est moins appuyé depuis le début de la crise économique en 2008.

L’action de la France en faveur des pays vulnérables est toujours largement soutenue par les Français, selon le baromètre « Les Français et la politique d’aide au développement de la France » réalisé par l’IFOP pour l’agence française de développement (AFP).

Mené chaque année,  ce baromètre analyse les liens entre les Français avec la politique d’aide au développement de leur pays.  En 2016, 70 % des personnes interrogées soutiennent l’aide aux pays en développement, soit une hausse de 3 points par rapport à 2015 et de 8 points par rapport à 2014.

>>Lire : Une écrasante majorité de Français mal informée au sujet du développement

Par ailleurs, 48 % des Français interrogés estiment que l’Afrique subsaharienne constitue la zone géographique prioritaire à soutenir. Le Maghreb et les pays du Proche et Moyen-Orient viennent en seconde et troisième position dans l’ordre de priorité cité par les Français.

Décorrélation

Si le soutien des Français à la politique de développement demeure majoritaire, certains indicateurs mettent en évidence l’impact de la situation économique française sur la solidarité exprimée par les Français.

En 2016, ils ont été 77 % à estimer que la France consacrait suffisamment d’argent à l’aide au développement, soit une hausse presque ininterrompue depuis 2008, où seulement 58 % des Français faisaient le même constat. À l’inverse, le nombre de personnes interrogées estimant que les financements français étaient insuffisants a reculé de 37 % en 2008 à 23 % cette année.

>>Lire aussi ; L’APD en période d’austérité : le développent au détriment des pays les moins avancés ?

Ce sentiment est pourtant plutôt décorrélé de la réalité, puisque sur cette période, la France a globalement réduit ses dépenses en matière d’aide au développement.  Cette perception des Français sur le financement  de l’aide au développement débute d’ailleurs en 2008, au commencement de la crise économique qui a poussé la France a mettre en place politique de réduction des dépenses.

Communauté de destins

Autre surprise du baromètre, la perception des Français de l’interdépendance des pays en développement et de la France.

Par exemple, les Français sont moins nombreux à estimer que la situation dans les pays en développement a un impact sur leur vie en France.  S’ils étaient 82 % à s’inquiéter de cet effet ricochet en 2015, ils ne sont plus que 77 % en 2016. Cependant, sur le long terme, cette conscience d’une communauté de destin est partagée par de plus en plus de Français.

Lutte contre le dérèglement climatique

Enfin, les Français interrogés sont 76 % à juger que le dérèglement climatique représente une menace sérieuse, soit une hausse de 13 points par rapport à 2011.

Ils sont également une écrasante majorité à vouloir que la politique de développement française intègre des objectifs de lutte contre le changement climatique (89 %).

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